Les nouvelles ambitions de Giffard


Rédigé par - Angers, le 20/09/2016 - 07:15 / modifié le 21/09/2016 - 12:41


Porté par une solide croissance à l’export, le liquoriste angevin mettra en service en janvier prochain une nouvelle ligne de production à Saint-Léger-des-Bois. Un investissement de 11M€ qui témoigne de la confiance de l'entreprise en son avenir.



Les nouvelles ambitions de Giffard
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Angers ou l’Asie ? L’hésitation remonte à quelques années et elle fut de courte durée. A l’heure d’adapter les capacités de production à la progression d’activité de leur entreprise, Edith Giffard et son frère, Bruno, auraient pu se rapprocher de leurs clients asiatiques et du Moyen-Orient, deux marchés historiques où la société s’est ouverte de nouvelles perspectives ces dernières années. La décision aurait eu du sens aussi. Mais l’attachement au berceau de la marque et de l’aventure familiale est demeuré le plus fort.

« Notre histoire, elle est là. Ce n’est pas le même coût non plus, on a tranché très vite » rappelle Edith Giffard, sans regret. Basé à Avrillé, le liquoriste angevin ouvrira au début de l'année prochaine un nouveau site de production à Saint-Léger-des-Bois, à quelques kilomètres de là. Toute la fabrication de ses sirops y basculera dans un hall de 3 500 m2, adossé à un espace équivalent dédié au stockage et à la logistique, gérés aujourd’hui depuis Beaucouzé.

Ce n’est pas tout. Car c’est un terrain de 4,7 ha qu’ont acquis Edith et Bruno Giffard, en pensant au présent mais aussi à l’avenir. « Il y a la place pour une deuxième chaine de conditionnement mais nous voulons aussi y aménager un grand jardin qui fasse écho à notre histoire et notre production » précise la co-dirigeante de Giffard. Cassis, poire williams, baie de sureau, menthe… La variété des 74 parfums de sirops et 50 liqueurs ou crèmes de fruits proposées par l’entreprise offrent quelques opportunités de création aux jardiniers… Et un futur objet de visite supplémentaire pour la clientèle de Giffard.

"Avec Teisseire, Monin et nous, la France à une histoire avec le sirops. Et une image de qualité qui plaît et rassure les clients" - Edith Giffard
La conception de ce nouveau site de production a été confiée à l’architecte angevin Frédéric Rolland, avec l’objectif de « refléter la philosophie » de la maison. Coût de l’investissement : 11 millions d’euros. Ramené au chiffre d’affaires de la société – 19,9M€ en 2015 (elle emploie 62 salariés)-, il dit beaucoup de l’ambition et de la confiance de ses responsables. Les résultats sont là. Sur les cinq dernières années, l’activité de Giffard a progressé de 40% et de 7% rien qu’entre 2014 et 2015. L’export a tiré très largement cette croissance, tout particulièrement sur la gamme des sirops (70% des exportations).

« C’est une évolution du marché relativement récente qui correspond à une attente notamment en Asie et au Moyen-Orient où nos distributeurs de liqueurs s’y sont mis eux-aussi. Avec Teisseire, Monin et nous, la France à une histoire avec le sirops. Et une image de qualité qui plaît et rassure les clients » précise Edith Giffard. Après avoir participé au salon Golf Food de Dubaï, le liquoriste angevin a ouvert un bureau dans la première ville des Emirats Arabes Unis en février. Giffard a posé pied aussi à Singapour, Hong-Kong et Kuala-Lumpur (Malaisie), en Australie, en s’appuyant le plus souvent sur des VIE, ces fameux Volontaires Internationaux en Entreprise chargés de prospecter, prendre le pouls de la clientèle et de ses habitudes culturelles, et soutenir les distributeurs locaux.

« C'est un gage de réussite » souligne Edith Giffard. Pour comprendre par exemple que c’est dans les Coffee Shops, où les étudiants asiatiques aiment travailler ou échanger, que les sirops angevins avaient un avenir pour aromatiser smoothies, thés, cafés et cocktails. Et que c’est dans des contenants spécifiques (35 cl) que ces mêmes sirops se vendaient le mieux en Chine et en Corée. Et le marché français dans tout ça ? Giffard y a lancé cette année trois préparations pour cocktails à bulles sous la marque Royal’Soup (curaçao bleu, triple-sec et pamplemousse). Façon de décliner la célèbre soupe angevine. Et de se rappeler une nouvelle fois à ses origines. 




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur








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