Les nouvelles stars de la danse en couple


Rédigé par Cédric SOULIÉ - Angers, le 04/05/2013 - 18:30 / modifié le 04/05/2013 - 18:31


A Angers, comme ailleurs, savoir danser ne s’improvise pas. Aussi, les cours de danse en couple attirent bon nombre de novices, toutes générations confondues. Reportage, chiffres et conseils.



Les nouvelles stars de la danse en couple
Une, deux, trois… fois par semaine, ils décrochent du boulot ou de leur train-train quotidien pour quelques pas de danse sur le parquet ciré de la salle, rue de la Douma à Angers. « Ça vide la tête, ça défoule et en plus on apprend à danser en couple, ce qui pour moi n’était pas gagné d’avance ! », lâche Yves, 50 ans, danseur amateur.

Chez Joël Cruveilher, professeur de danse depuis 24 ans à Angers, on préfère parler de « danse en couple » ou encore de « social dance » (comprendre danse de société), balayant d’un revers de main l’appellation « danse de salon », jugée vieillotte, limite ringarde voire totalement dépassée. Beau pied de nez aux idées reçues sur ce bon vieux tango ou encore cette langoureuse valse des familles, bref ces danses à papa bien trop réductrices à leurs yeux.

Ici, sans prise de tête et dans la bonne humeur, à mille lieux des stars de la télé-réalité (quoique !), jeunes et moins jeunes apprennent toutes « les danses à deux, c’est la règle ». Du rock à la salsa en passant par la rumba, le foxtrot, la valse lente ou encore viennoise…, les élèves d’un soir enchaînent les figures sous l’œil attentif du prof. Ne laissant rien au hasard, d’une voix forte et tendue, Joël donne le tempo, scrute les écarts et le guidage, conseille sans moquerie.

« On vient ici pour prendre du bon temps et surtout se faire plaisir, explique Jacques, 58 ans. J’ai appris à danser dans ma jeunesse en prenant des cours. Après un divorce et les aléas de la vie, j’y suis revenu. Ça m’a redonné confiance en moi et aujourd’hui je revis. C’est un réel bonheur de partager ça avec ma partenaire ». Ce vendredi soir, c’est salsa et valse au programme. Joël passe ses consignes, rappelle les mesures…, les couples se forment. D’abord sans musique, chacun compte du bout des lèvres avec plus ou moins de justesse. Concentrés, Béatrice et Yves affichent une certaine aisance pour très vite s’emballer aux sons d’une salsa endiablée.

« Ça passe mieux… »

« Nous avons commencé les cours en septembre, annonce Bétarice, 45 ans. Car, nous étions incapable de danser ensemble, incapable d’aligner trois pas sans être ridicules. Désormais, nous sommes beaucoup plus à l’aise même s’il reste encore beaucoup de travail ». Et Yves d’ajouter tout sourire : « On en avait marre de passer pour des canards lors de soirées entre amis. Aujourd’hui, ça passe un peu mieux et surtout on se lève de nos chaises, on ose danser ensemble ».

Le cours s’achève par la valse. A l’endroit puis à l’envers, histoire de donner un peu plus de piment au rudiment. Essouflés, la tête qui tourne, ces danseurs en couple n’espèrent qu’une chose : remettre ça dès la prochaine séance. Sans faute… de rythme.

[EN CHIFFRES]

3
Actuellement, les danses de sociétés se pratiquent sous 3 formes :
• Danse sociale : danse en réunion avec échange de partenaire à chaque danse sur la playlist d’un DJ.
• Compétition : improvisée ou chorégraphiée, avec une partenaire attitrée ou tirée au sort.
• Show et spectacle : le spectacle est monté et peut être reproduit alors que le show à une connotation plus éphémère.

1950
Le terme générique danses de salon est utilisé avant 1950 pour désigner l’ensemble des danses pratiquées dans les bals et les salons qu'elles soient collectives ou à deux.

1 083
Selon un état des lieux du Conseil général de Maine-et-Loire produit en 2012, 1 083 personnes pratiqueraient la danse de salon dans 15 écoles situées dans le département.

“On n’est pas tous égaux face à la danse”

Joël Cruveilher
Joël Cruveilher
Joël Cruveilher, professeur, enseigne la danse en couple à Angers depuis 24 ans.

Angers Mag : Comment devient-on prof de danse ?
« Par le plus grand des hasards. Toutefois, j’ai toujours dansé et ce dès mon plus jeune âge. Mes parents dansaient donc j’ai suivi le pas. Naturellement. J’ai pris mon premier cours de danse à 20 ans et me suis lancé dans le professorat dans la foulée. Ensuite, je me suis lancé dans la compétition amateur et j’ai concouru en professionnel durant plusieurs années. Avec ma partenaire Marina Billoneau, nous sommes montés deux fois sur le podium des championnats de France et nous avons fini 20e au championnat d’Europe en 2008. Il était alors temps de prendre ma retraite. »

La danse en couple n’est-elle pas réservée à une élite ?
« Pas du tout. Ici, j’enseigne une danse-plaisir et j’essaie de transmettre ma passion en faisant découvrir des danses sur lesquelles des préjugés planent toujours aujourd’hui : la valse, le tango, le paso-doble… Mes cours sont bien évidemment ouverts à tous, mais tous les élèves ne sont pas égaux face à la danse. Il faut un peu de temps avant d’acquerir les bases. Avoir le rythme dans la peau et prendre conscience de son corps. C’est un peu comme le ski, ça ne s’invente pas, et la technique, ça s’apprend. »

Quels sont les profils de vos élèves ?
« Ils sont nombreux et variés. De différents niveaux, du 1er au 5e degrés avec à ce stade des compétitions à la clé. Et d’horizons divers, actifs, retraités. Enfin, des jeunes, dès l’âge de 7 ans jusqu’aux sexagénaires ».


















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