Les paniers militants des Jardins de la Roussière

La conquête du bio (2/5)


Rédigé par - Angers, le 28/06/2016 - 07:35 / modifié le 28/06/2016 - 01:35


La bio était une évidence pour Séverine Clory, cette maraîchère installée depuis 2009 à La Membrolle-sur-Longuenée. Si elle parvient à vivre de son activité, elle regrette ne toucher « qu’une infime partie de la population ».



Les paniers militants des Jardins de la Roussière
la rédaction vous conseille
«  Si tout le monde arrêtait déjà de consommer des tomates au mois de décembre… ». Chez Séverine Clory à La Membrolle-sur-Longuenée, les tomates n’ont pas encore rougi. A l’entrée, « Agriculture biologique » et « Nature et Progrès » s’affichent fièrement sous le panneau « Les Jardins de la Roussière ».  « Travailler en Bio était évident. En formation agricole, j’ai appris toute la chimie. J’ai adoré celle liée aux plantes, moins celle liée à l’engrais… Au moins, j’ai su ce que je n’aimais pas ».

La maraîchère est installée ici depuis 2009, après un parcours qui mêle études générales, période d’hôtesse de l’air – pendant laquelle elle a « utilisé tous [s]es Miles », plaisante-t-elle –, BTS en apprentissage à l’Ecole supérieure d’agriculture suivi d’expériences en Dordogne et en Ariège. « Si je n’étais pas maraîchère, je ne sais pas ce que je ferais ».
Séverine Clory regerette ne touche[r] qu’une infime partie de la population ». Pourquoi ? « Les gens n’en entendent pas parler, ils ne font pas la démarche, ce n’est pas leur priorité »

Sur son exploitation, Séverine Clory propose plus de 40 variétés de légumes qu’elle vend ensuite en Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). « Vendre en Amap c’est proposer une base de soupe en hiver, et une base de ratatouille en été », résume-t-elle. Pendant le creux de production, entre mi-avril et mi-juin, ses « Amapiens » comprennent de voir leurs paniers moins fournis. « Ils soutiennent un producteur, ils sont au courant des aléas de production : une relation de confiance se créée ». Ajoutez à cela un temps de livraison très court, aucun invendu et une trésorerie d’avance et le calcul est vite fait.

Aujourd’hui, Séverine Clory parvient à vendre le nombre de paniers suffisant pour vivre de son activité mais elle regrette « ne touche[r] qu’une infime partie de la population ». Pourquoi ? « Les gens n’en entendent pas parler, ils ne font pas la démarche, ce n’est pas leur priorité ». Malgré l’augmentation du nombre de maraîchers à s’être installé en bio ces dernières années, Séverine Clory pense qu’il y a de la place pour tout le monde : « Il pourrait y en avoir un par village ».

Dans les semaines qui arrivent, Séverine Clory entamera ses journées de travail les plus longues de l’année. « D’avril à septembre, c’est notre saison : on est à la fois en été et en hiver ». Elle enchaîne parfois de 6 heures à 22 heures avec une simple pause déjeuner. « Ce n’est pas un métier évident », concède-t-elle. « Mais on l’aime et il a un sens ».
 www.lesjardinsdelaroussiere.fr

La question qui fâche : Le logo bio européen va-t-il assez loin ?
 
« C’est bien de s’installer en bio mais il n’y a pas de cohérence par rapport aux questions sociales ou à l’empreinte carbone », regrette Séverine Clory. C’est effectivement la question qui fâche. Au Groupement des agriculteurs biologistes et biodynamistes de l’Anjou, la présidente Sylvie Fradin-Rabouin avance que « le label « bio » est beaucoup plus cohérent que ce que l’on appelle l’agriculture locale.
Un produit local avec des pesticides, du fioul, des tourteaux de soja plein d’OGM sera toujours beaucoup moins intéressant que des produits bio importés ».

Julien Taunay, de la Coordination agrobiologique des Pays de la Loire souligne que «  le cahier des charges Bio est le plus exigeant et le plus contrôlé. C’est la garantie ultime pour les consommateurs ». Et d’ajouter que ce cahier des charges n’est qu’un plancher : « Beaucoup de producteurs vont au-delà sur le volet social, consommateurs en circuits-courts, autonomie alimentaire à 100% ». Du côté d’Inter bio, on préfère rappeler que « la bio avance petit à petit. Ces questions font partie des choses sur lesquelles il faudrait avancer mais nous n’en sommes pas là. Cela va prendre du temps ».




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag















Angers Mag : Report'Cité : portez la plume, s'il vous plaît !*: Un an et demi après son lancement, le... https://t.co/Qf1FyGW1iJ https://t.co/P8YYlZPYdm
Vendredi 2 Décembre - 19:06
Angers Mag : #musique De Macao à Pergolèse,la riche actualité de l'ensemble Amarillis @Angers https://t.co/hAW8WkdOUw
Vendredi 2 Décembre - 10:46
Angers Mag : #Angers Le jour d'après #PSGSCO, le billet @LardeuxT. Comme quoi on peut supporter @SCO et admirer @ECavaniOfficial https://t.co/nA3Ivf5HEE
Jeudi 1 Décembre - 18:18
Angers Mag : Au musée des Beaux-Arts, l'énigme Peter Briggs: Jusqu'au 26 mars, le musée des... https://t.co/Ys4SmHHl6M https://t.co/4mARuYnceC
Jeudi 1 Décembre - 07:30


cookieassistant.com