Les radios associatives libèrent leurs bonnes ondes


Rédigé par Aurore MAUBIAN, stagiaire 3eme - Angers, le 08/02/2016 - 08:30 / modifié le 07/02/2016 - 23:42


La 3e édition de la semaine des radios associatives s'ouvre ce lundi. Sur Angers, trois radios associatives demeurent : Radio G! ; Radio Campus Angers ; RCF Anjou, mais seules les deux premières participent à l'événement. Valentin Beauvallet, directeur de la Fédération des radios associatives en Pays-de-la-Loire, répond à nos questions.



Comme nombre de radios associatives, Radio G ! fonctionne grâce à l'implication de dizaines de bénévoles (archives Angers Mag).
Comme nombre de radios associatives, Radio G ! fonctionne grâce à l'implication de dizaines de bénévoles (archives Angers Mag).
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Quelle est la différence entre une radio associative et une radio commerciale ?

"Toutes les radios sont nées de la libération des ondes dans les années 1980 avec François Mitterrand. Cela c'est organisé de façon anarchique et un peu hiérarchisé par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel). Il y a plusieurs catégories de radio qui existent et les radios associatives sont des radios de catégorie A, qui ont donc un financement particulier, géré par le ministère de la culture, le CDVA (Conseil de Développement de la Vie Associative). Ils sont limités à 20% de chiffre d'affaire concernant la publicité. La différence de ces radios là, c'est de fonctionner au plus près de la population avec un système associatif et démocratique (on peut rentrer dans une association en étant adhérent, participer au bureau, donner une décision...). Ces radios donnent la parole à toutes les tendances et à toutes les formes radiophoniques qui n'ont pas forcément besoin de faire beaucoup d'audience et de rassembler beaucoup d'annonceurs."

Ces radios associatives sont gérées en partie par des bénévoles ?

"Elles sont complètement gérées par des bénévoles dans la décision (la personne qui s'occupe d'une radio associative, le président, est forcément bénévole). Mais elles ont des salariés, un directeur ou un chargé d'administration. Selon les radios, il y a aussi un journaliste qui peut faire office de rédacteur en chef. Le responsable de la structure est le président de l'association."

Comment a évolué le nombre de bénévoles ces dernières années ?

"Depuis la création de la FRAP, il a augmenté mais ces dernières années, il diminue : il y avait 72 bénévoles en moyenne par radio en 2012, et maintenant il n'y en a plus que 64. C'est l'inverse du nombre de salariés qui lui a augmenté depuis 10 ans."

Qui sont ces bénévoles ?

"Cela varie vraiment selon les radios. Par exemple, Radio Campus Angers qui s'adresse aux étudiants, draine des bénévoles plus jeunes mais RCF Anjou, dédié à un public plus ancien, attire des bénévoles plus âgés. Cela dépend du projet de l'association et des personnes qui ont envie de s'impliquer. Il y a une radio reliée à un centre de loisirs à Saint-Nazaire, dont les bénévoles sont mineurs et puis dans d'autres radios , on a "Monsieur Toutlemonde" qui lui a la quarantaine, la soixantaine, des retraités ; eux s'occupent beaucoup du bureau."
Le but ici, est de faire parler de la radio en tant qu'un événement central dans la vie des gens, la communication, le droit à la parole et la vie en société. 

Est-ce que les auditeurs varient selon le genre de radios ?

"Oui, forcément, puisque les radios sont très thématisées. Il y a des radios très musicales, très rock et musiques alternatives, des radios confessionnelles qui ont un prisme religieux. Toutes les radios sont différentes."

Comment se finance une radio associative ?

"Dans les règles des radios associatives, il y a donc le fait de ne pas avoir plus de 20% de son chiffre d'affaires lié à la publicité. Elles bénéficient de subventions par le Ministère de la culture et une part qui vient de la région. Selon l'organisation des radios, les Départements ou les communes peuvent être impliquées financièrement. En Vendée par exemple, Radio Nov est financée grâce à la volonté des communes où elle est implantée. Il y a aussi les cotisations des adhérents de l'association. Elles représentent une très petite part mais elles ne sont pas négligeables. Les radios peuvent aussi proposer des prestations : intervenir dans des écoles, organiser des festivals, faire des écoutes... Le bar aide aussi à financer. Elles cherchent à se diversifier."

La semaine des radios associatives se déroule du 8 au 14 février, quel est le but de cet événement ? Quel message voulez-vous faire passer ?

"Cette semaine s'inscrit dans un événement beaucoup plus important, qui est la Journée Mondiale de la radio, portée par l'UNESCO.  Le but ici, est de faire parler de la radio en tant qu'un événement central dans la vie des gens, la communication, le droit à la parole et la vie en société. Cet événement est étendu sur une semaine pour faciliter l'organisation d'animations et favoriser les rencontres avec les auditeurs."

Comment s'organise la semaine ? Quelles activités proposent les radios ?

"Cela dépend des radios, elles sont libres de leurs activités. Mais il y aura beaucoup de portes-ouvertes car ça reste ce qui marche le mieux. Sur l'année précédente, certaines radios ont rencontré beaucoup de succès. Sur un département, on peut faire une émission spécialisée qui va vraiment parler de la radio ou du thème choisi par l'UNESCO - "les radios en situation de crise et les catastrophes humanitaires"- proposer de  l'événementiel. Au total, 12 radios participent à la semaine dans les Pays-de-la-Loire, avec des implications plus ou moins grandes, des événements partagés comme à Nantes, où plusieurs radios se trouvent au même endroit et vont parler ensemble de la radio en général avant de parler de leurs différences."

Il y a-t-il un public particulièrement visé par cette semaine ?

"C'est le public des radios. Le public qui est fan, écoute, se montre curieux de voir comment cela se passe, ce que ça implique. C'est le public le plus proche des radios."

Mais pourra-t-il réellement approcher la réalité des radios, le quotidien au sein des studios ?

"Ils ne verront par forcément le quotidien, dans le sens où les portes-ouvertes seront le samedi, en même temps que la journée mondiale et ce sont souvent des programmes un peu spéciaux. Donc ils ne verront pas forcément les grosses matinales, les interviews politiques... Mais les studios ne seront pas mis en scène, ils seront comme tout les jours, et on peut justement venir assister à une émission dans les conditions réelles."

Radio G! ouvre les portes de son histoire
 
La création de Radio G ! remonte à la nuit des temps. « Elle est née en 1981. C'est la libéralisation des ondes par François Mitterrand, qui a fait sortir de terre un maximum de radios associatives à l'époque », confie Annely Boucher, en service civique, chargée de communication à Radio G ! depuis deux mois. « A l’époque, il y avait une quinzaine de radios associatives sur Angers dont Radio G ! (Radio Gribouille à sa naissance, NDLR) » ajoute-t-elle.
A ce jour, seulement trois radios associatives demeurent sur Angers (Radio G !, Radio Campus Angers et RCF Anjou), chacune avec un public différent. Radio G ! le veut le plus large possible : « Aucun public ne doit être exclu » déclare Annely Boucher, grâce à la diversité des émissions. Le but premier fut de « donner la parole aux Angevins et à tous ceux qui n'avaient pas accès aux médias, par les ondes », complète Manon Bodet, chargée de communication et d’animation à Radio G.
Dans le cadre de la semaine des radios associatives, Radio G ouvrira ses portes à l'occasion de plusieurs émissions (voir liste ci-dessous), accessibles à tout le monde mais avec des places limitées.

Portes ouvertes : Mercredi 10 février à 10h : "Kesako" (actualités culturelles) ouverte à 8 personnes pour des raisons de place. Dimanche 14 février à partir de 10h : "Ma chansonnette" (musicale). Dimanche 14 février à 12h : "Ambians Soley" (musiques des îles )
Programmations spéciales : Samedi 13 février à 9h10 : "Les Impromptus Littéraires" ( lecture d'un livre abordant les tremblements de Terre à Haïti en 2010). Dimanche 14 février à 16h : " Les papas racontent les animaux" (histoires lues par des papas incarcérés à la maison d'arrêt d'Angers lors d'un atelier proposé par radio G ).

Radio Campus Angers, de l'autre côté du micro
Radio Campus Angers, comme le laisse entendre son nom, est plutôt destinée à « des auditeurs de 18 à une trentaine d'années » indique Lucie Cotineau, coordinatrice de l'antenne. « Le but est de ne pas toucher que les étudiants même si la plupart des bénévoles le sont ». En écoutant cette radio associative, on peut constater que la diversité des programmes est présente : « L'idée est vraiment d'être un média de proximité, qui parle de sujets de société et aussi de beaucoup d'événements culturels car c'est aussi une grande part de sujets sur notre antenne », poursuit Lucie. Radio Campus Angers implique donc elle aussi de nombreux bénévoles - « Ils sont acteurs de la radio » - et des salariés qui « tout au long de l’année, accompagnement les bénévoles pour les former avant qu’ils ne commencent à l’antenne. ».
Radio Campus Angers participe également du 8 au 14 février à la semaine des radios associatives. « Les deux moments forts que nous proposerons seront le lundi 8 février de 19h à 20h dans une émission spéciale sur le thème de la radio, et le jeudi 11 février se dérouleront les portes ouvertes de 18h à 22h, précise Lucie Cotineau. C’est toujours un plaisir de faire découvrir ce que l’on fait. »

Portes ouvertes : Jeudi 11 février de 18h à 22h à la radio
Programmations spéciales : Lundi 8 février de 19h à 20h : « Le sous-marin » ( émission en rapport avec le thème de l’UNESCO). Durant la semaine de 19h à 20h : reportages du festival Longueur d’Ondes à Brest.












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