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On en cause ...
Les réformes du Président : ça passe ou ça casseRédigé par Yannick SOURISSEAU - Le Dimanche 8 Janvier 2012 à 11:05
Alors qu’il n’a pas encore annoncé sa candidature aux prochaines présidentielles de mars 2012, le Président Sarkozy, est désormais en campagne, même s’il ne veut pas l’avouer. Dans la dernière ligne droite de son quinquennat, après la TVA sociale voici qu’il se lance dans la taxation des transactions financières, espérant sans doute que les électeurs lui sauront gré de cette soudaine volonté de tirer sur le capitalisme.
Même si on les considère souvent, à tort, comme des moutons de Panurge, les électeurs français ne sont pas dupes. La dernière manœuvre tentée par le président en exercice pour taxer les revenus du capital est purement électoraliste. Alors qu’en début de mandat il copinait avec les ténors du CAC 40, prônant l’enrichissement de tous, voici maintenant qu’il veut moraliser le capitalisme. Un retournement de situation qui laisse pantois plus d’un observateur. Si l’on voulait obtenir du crédit électoral, on ne s’y prendrait pas mieux.
Mais le président est un obstiné, persuadé comme à chaque fois d’être dans le droit chemin, même si ses plus proches ne sont pas tous d’accord avec lui. Il a donc décidé d’accélérer le rythme et de tenter de faire passer, avant la fin de sa mandature, des réformes susceptibles de redorer son blason même si le temps imparti pour que ces réformes fassent leurs preuves est relativement court. À moins que, convaincu que les carottes sont cuites, il décide de saborder le navire… Des mesures contre-productives, voire dangereuses
La première de ces réformes est celle de la TVA dite « sociale », laquelle pourrait permettre par l'affectation d'une partie du produit de la taxe sur la valeur ajoutée au financement de la protection sociale, de renforcer la compétitivité-prix des produits français au détriment des produits étrangers. L’idée est intéressante, puisqu’en valeur hors taxe, les produits français baissent et les autres grimpent.
Mais pour le coup, l’État perd une partie de la précieuse TVA ce qui le conduit à en augmenter le pourcentage, au détriment cette fois des consommateurs toutes catégories sociales confondues, ces derniers réglant leurs produits en valeur toutes taxes. D’où le tollé général de l’opposition et même dans certains rang de la majorité, la TVA sociale revenant alors à faire payer la protection sociale par l’ensemble des consommateurs, qu’ils soient pauvres ou riches. Un excellent moyen de faire baisser la consommation déjà pas au mieux de sa forme en ce début d’année. La seconde réforme, celle dont s’étranglent tous les économistes en ce moment, est celle de la taxe sur les transactions financières, autrement appelée « taxe Tobin » du nom de celui qui l’a proposé en 1972 : l’américain James TOBIN, prix Nobel d’économie. Il s’agissait pour celui qui en avait eu l’idée de taxer légèrement (0.05 à 0.1%) les transactions monétaires internationales afin de ne plus inciter à la spéculation à court terme. Cette idée était d’ailleurs soutenue par les mouvements altermondialistes, dont ATTAC. Cette taxe qui refait surface lorsqu’un pays est en crise financière a été critiquée par une large majorité des économistes financiers, dont l’ancien directeur général du FMI (Fonds Monétaire International) Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier avait déclaré : « les transactions financières étant très difficiles à mesurer, une telle taxe serait très facile à contourner », surtout si au sein de l’Union Européenne, la France est la seule à mettre en place ce système de taxation. Angela MERKEL, la chancelière allemande, avait déjà donné un accord de principe sur cette taxe. Mais la proposition fut repoussée par le président SARKOZY qui la jugeait inappropriée. Ce dernier qui fait marche arrière, pour les raisons électoralistes que l’on connaît, agace désormais les partenaires européens, lesquels maintiennent que la décision doit être européenne et pas seulement française. Des gesticulations politiques
Avec cette réforme les grosses entreprises risquent de délocaliser, n’ayant aucun intérêt sur le plan financier à maintenir leur activité dans l’hexagone. La Suède avait déjà tenté seule une telle expérience dans les années 90 avant de se raviver face à l’ampleur des délocalisations qui avaient suivi.
« Si la France met seule ce système de taxation en place, ce pourrait être dangereux et contre-productif », affirment certains experts, lesquels concluent qu’il s’agit là de simples gesticulations politiques au vu de l’échéance qui s’annonce. « Nous n’avons vu passer aucune note technique pour une application de cette taxe en France ou en Europe », déclarait récemment Thomas COUVROT, coprésident d’ATTAC France, mais également économiste. Si cette taxe était appliquée à l’Europe, elle pourrait rapporter 55 milliards d’Euros par an à l’U.E. à l’horizon 2014, avec un taux évalué à 0,1% sur les actions et obligations et 0.01% sur les autres produits financiers. Responsable de publication et rédacteur en chef, assure le suivi technique du journal et son... En savoir plus sur cet auteur
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