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Angers

« Les terrasses Saint-Laud », l'urbanisation en toute bonne foi


Rédigé par Florence Macquarez - le 12 Février 2009 à 22:43


L'église Saint-Laud, à proximité du château, aura bientôt pour voisin un nouvel immeuble de quatre étages. Retour sur un chantier très discret.



« Les terrasses Saint-Laud », l'urbanisation en toute bonne foi
Ces dernières années, l’environnement immédiat des églises a relativement été épargné par l’urbanisation galopante des villes. Hormis quelques extensions de parvis ou de parkings, une bulle semble protéger le périmètre de ces édifices, la plupart du temps par choix esthétique. Changement de cap à Angers, avec la construction d’une résidence située à moins de trois mètres de l’église Saint-Laud, rue de la Blancheraie.


Au départ, tout avait bien commencé : la démolition sur le côté nord de l’église d’un immeuble vieillot, propriété de la paroisse, est venue « aérer » le périmètre de l’édifice. Mais la nouvelle perspective créée par cet espace libre n’a pas fait long feu. Peu après, la construction d’un immeuble de quatre étages a débuté sur ce terrain devenu vierge. Entre l’église et l’immeuble, deux ou trois mètres peut-être. Le bâtiment, dont la réalisation a été confiée à la société d’HLM les « Castors angevins » comptera au final 36 appartements ainsi que des locaux associatifs. Le rez-de-chaussée est aujourd’hui bien avancé, et les premières fenêtres se profilent.

Valeur ajoutée à ces logements sociaux élégamment nommés « Les terrasses Saint-Laud », leur situation, à deux pas du château. Le panorama lui aussi, devrait être à la hauteur de ce site privilégié, tout du moins côté rue. Car côté cour, la proximité des murs de l’église risque d’assombrir les appartements. Mais surtout, le côté nord de l'église ne sera plus visible depuis la rue. Dommage, car il vient justement d’être rénové en partie. Tant pis pour le coup d’oeil, adieu la perspective « allégée » depuis le château.

Pour autant, le projet ne semble pas avoir suscité moult polémiques. Ici, pas d’association de quartier, seulement une association paroissiale, l’AEP (association d’éducation populaire) qui se veut discrète. Et pour cause ! C’est elle qui s’est chargée de la vente du vieux bâtiment paroissial, avec l’approbation de l’évêché. L’association était-elle au courant ce qu’il adviendrait de cet emplacement ? Difficile de le savoir, son président est injoignable. Quant à la société « Les Castors angevins », maître d’œuvre du projet, la direction n’a pas souhaité répondre à nos questions. Maigre butin pour un chantier en plein cœur de la ville !

Densité assumée

Façade du transept côté nord
Façade du transept côté nord
S’il y a bien une personne qui assume ses choix, c’est l’architecte des Bâtiments de France, Dominique Latron. Fin janvier, il déclarait dans une interview accordée au Courrier de l’Ouest à ce sujet : « On ne peut pas remplacer chaque démolition en un espace vert ou en square… Les déserts ne sont pas de nature à mettre en valeur les bâtiments anciens», ou encore « j’ai toujours plaidé pour des constructions denses dans un centre urbain ». Voilà qui a le mérite d’être clair. Sur place, une habitante commente sans illusion : « de toute façon, c’est fait, on n’y peut rien. Et puis, on nous a dit qu’Angers a besoin de logements, alors… ».

Tergiverser sur les conditions de création de logements sociaux n'est apparemment pas de de bon ton par les temps qui courent : il faut construire, et en urgence. Si les besoins sont effectivement bien réels, doit-on cependant bâtir aux dépens d’édifices patrimoniaux ? Quand bien même l’intérêt historique de ces derniers serait limité, le retour à la case Moyen-âge (où l’encastrement des églises était coutumier) est-il un choix judicieux ? L’avenir le dira. En attendant, les saints dont les reliques reposent encore au fond des églises pourraient bien venir chatouiller les pieds de leurs nouveaux voisins !

Florence Macquarez

Tags : : société

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