Les variations d’Elissa

Les portraits de l'année #12


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le Mardi 5 Janvier 2016 à 08:30


Installée à New York, la violoniste franco-américaine Elissa Cassini écume les scènes du monde entier, laissant de plus en plus libre cours à ses envies, comme récemment le duo avec Thylacine. Une carrière qui a pris corps –et cordes- sur les bords de Loire, à Bouchemaine, où elle revient fréquemment. Pour sa famille, et bientôt pour son art.



Elissa Cassini s'est installée à New-York à la fin des années 2000 (crédit photo : Haleigh Ciel)
Elissa Cassini s'est installée à New-York à la fin des années 2000 (crédit photo : Haleigh Ciel)
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C’est l’histoire d’une gamine de dix ans. Entre ses mains, des violons destinés à d’autres livrent leurs premiers sons : nous sommes dans l’atelier du luthier angevin Patrick Robin, et pour Elissa Cassini, talent musical à l’état brut, il est évident depuis un moment que la musique sera son métier, les scènes du monde son terrain de jeu. « Maman jouait du piano et elle invitait de temps en temps une violoniste à la maison, Geneviève Bois. J’ai le souvenir d’une grande dame blonde, très jolie. Faire comme elle, oui, c’était évident ».

Elissa Cassini a aujourd’hui 35 ans et, si l’image s’est quelque peu effacée avec le temps, elle n’a rien oublié de ses premières heures artistiques. Comment le pourrait-elle ? Depuis 2005, elle tient toujours un Patrick Robin entre ses mains. Mais ce violon est le sien, témoin fidèle et privilégié d’un parcours qui ressemble bien plus à une quête irrépressible de liberté qu’à un conte de fées.
« Je n’arrive pas trop à tenir en place », avoue-t-elle depuis son appartement à New York, son pied à terre depuis la fin des années 2000. « Je cherchais intérieurement mon endroit, quelque part où je me sentirai chez moi. J’ai trouvé à New York une sorte de plateforme où créer des projets et faire en sorte qu’ils marchent ».

Créer, avancer, échanger. C’est sans doute cela qu’il faut lire entre les lignes impeccables du CV de la Franco-Américaine. Car il faut bien l’avouer, depuis son premier vol transatlantique à 15 mois, de son Ohio natal aux bords de Loire où son prof de français de père venait d’être muté, on cherche la fausse note : des cours privés nantais à la prestigieuse Juilliard School de New York, du Premier Prix du concours des Jeunesses musicales à Bucarest à l’avant-scène de l’orchestre symphonique de Rio, au Brésil, la partition est brillante… Mais pas rectiligne.
 
« J’aime me dire que le plus beau moment de ma carrière va encore arriver »

La question de son retour aux USA pour les études, par exemple, interroge. Il ne doit rien à l’excentricité, mais à l’envie chevillée au corps d’avancer : « Ce qui me motivait, c’était l'occasion de rencontres privilégiées et de collaborations avec de grands musiciens et pédagogues tels Miriam Fried, Itzhak Perlman ou les membres du Juilliard Quartet », explique Elissa.

C’est aussi à la Juilliard School qu’elle rencontre Pierre Boulez, renforçant un goût déjà prononcé pour les compositeurs contemporains. « J’ai compris là la différence entre regarder une partition avec des notations et faire l’expérience vivante de la musique avec un compositeur ».

Le ton est sincère, convaincu. Apaisé finalement, car Elissa est dans une période faste. « J’ai l’impression d’être à la croisée des chemins. Il y a aujourd’hui dans ma vie un croisement de choses, de projets que j’avais lancés il y a 10 ou 15 ans et dont on me disait qu’ils étaient un peu barjots. Tout s’imbrique peu à peu et je vais de plus en plus vers mes envies », se félicite la jeune femme.
Ses envies, justement, c’est une conviction profonde. Celle que « la musique est un langage universel, un outil extrêmement puissant de communication entre les peuples et les idées »

Ses envies, c’est encore « sortir des codes, et le faire de manière personnelle ». Le projet Duplexity, série de duos lancée début 2015, répond à cette ambition de rencontres. Il lui a notamment permis de partager la scène à la Gaieté Lyrique, avec Thylacine. Une ouverture aux styles, au monde et à l’internationale qui, signe du destin, la conduira à retrouver à deux reprises son « chez soi », en Anjou, dans les prochains mois.

« J’aime me dire que le plus beau moment de ma carrière va encore arriver », conclut Elissa. Suffirait-il de laisser parler son âme ?

crédit photo : Haleigh Ciel
crédit photo : Haleigh Ciel
Bientôt sur scène en Maine-et-Loire
Du 22 janvier (Le Cargo à Segré) au 9 février (à Château-Gontier), Elissa sera dans le Haut-Anjou et en Mayenne, pour le projet Chambre Minuit, avec son amie et dramaturge israélienne Yael Rasooly. « Un pur hasard », sourit Elissa, ravie de travailler autour du théâtre : « Cela va m’ouvrir à quelque chose d’essentiel, dans la production d’émotion ».

Elle reviendra cet été pour la création, en tant que directrice artistique, du tout premier festival estival de musique de chambre, « Musiques et vignes », à Savennières, les 8, 9 et 10 juillet prochains, sous l’impulsion des Mardis Musicaux.

Bio express
1980. Naissance à Cincinnati, dans l’Ohio
1981. S’installe avec ses parents à Bouchemaine, après la mutation professionnelle de son père. S’ensuit une scolarité dans la région d’Angers, notamment au lycée Joachim du Bellay
1986. Elle débute le violon.
2001. Intègre l’Université d’Indiana
2006. Rejoint la Juilliard School
2009. Récital de lancement au Carnegie Hall, à New York
2015. Elle lance Duplexity, projet de collaborations protéiformes
 













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