Leurs vies de château : Serrant, conte de femmes, pas de fées… (3/6)


Rédigé par Sébastien Rochard - Angers, le 07/08/2013 - 07:30 / modifié le 07/08/2013 - 11:47


Des forteresses de Foulques Nerra (970-1041) aux constructions néogothiques de l’architecte René Hodé (XIXe), les châteaux de l'Anjou restent un marqueur identitaire fort du territoire. Et continuent de faire rêver. Régisseurs et chefs d’entreprise autant que conservateurs, nous sommes allés à la rencontre de ceux qui les habitent et les font vivre pour sonder leurs passions.

A Saint-Georges-sur-Loire, le Château de Serrant appartient depuis 2005 au prince et à la princesse de Mérode, issus de deux familles de la plus haute aristocratie belge. Mais que sont-ils donc venus faire en Anjou ?



Depuis bientôt 20 ans, la princesse de Mérode et son époux, gèrent la destinée de ce superbe château Renaissance.
Depuis bientôt 20 ans, la princesse de Mérode et son époux, gèrent la destinée de ce superbe château Renaissance.
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Une salle peut-elle contenir le monde ? C’est peu probable, mais avec ses 12 000 ouvrages, la bibliothèque du Château de Serrant est une véritable invitation au voyage : les récits de La Pérouse y croisent la description de l’Egypte, l’édition originale de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert fraye avec les grands classiques reliés de la littérature française… « C’est un peu voyage autour de ma chambre », sourit la princesse de Mérode, propriétaire des lieux.

Ces livres, elle les connaît sur le bout des doigts, depuis bientôt 20 ans qu’elle et son époux, le prince de Mérode, gèrent la destinée de ce superbe château Renaissance. « C’est un château familial, mais je n’ai pas de souvenir d’enfance ici, explique la princesse. Je n’ai réellement découvert le château qu’après mon mariage, à la fin des années 1960 ».

Walsh, La Trémouïlle, De Ligne, Mérode : depuis 1745, il n’y a plus eu d’acte de vente de Serrant. « C’est un château qui est toujours passé par les femmes. Ça, c’est quelque chose qui dépasse les Anglais... », glisse la princesse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces femmes ont marqué le château. De Louise de Vaudreuil – « l’oeil de Fouché et de Joséphine de Beauharnais en Anjou » à Valentine Walsh, dont l’union avec le duc de la Trémouïlle a fait entrer Serrant dans la famille de la princesse.

« Mon arrière grand-mère était aussi un personnage. Traumatisée par la mort de son fils unique, mon grand-oncle, elle a fermé à clé les portes du château et habité longtemps dans les communs, dans des conditions que pas un locataire n’accepterait aujourd’hui. Elle ne voulait pas voir ses arrières petits-enfants, nous ne venions donc qu’une fois par an. Et c’était un peu la corvée... Mais bon, elle vivait dans un autre siècle, ne comprenant pas, par exemple, qu’une femme travaille ! »

"Serrant est un château qui est toujours passé par les femmes. Ça, c’est quelque chose qui dépasse les Anglais... " La princesse de Mérode.

Tout le contraire en somme de la jeune Hedwige Marie Gabrielle Charlotte de Ligne La Trémouïlle, qui deviendra... la princesse de Mérode. « Lors de mes études d’interprétariat à Paris, j’avais une camarade de classe qui habitait l’Anjou. Je suis venue en vacances chez elle et nous sommes passés à Serrant : un lieu qui suscitait beaucoup de curiosité chez moi ».

La suite, c’est une vie active bien remplie, par monts et par vaux, aux côtés du prince Charles-Guillaume de Mérode, marquis de Westerloo, prince de Rubempré et de Grimberghe, chef de famille. « Ça ne veut plus dire grand chose, à part que nous avons une bonne place à table aux mariages », commente, un brin détachée, la princesse de Mérode. Le couple travaille pendant plus de 20 ans au Kenya, pour le compte de l’ONU, puis deux ans à Genève, « un sas de décompression avant la retraite ».

Une retraite toute relative, puisque « nous sommes revenus en 1995 à Serrant pour nous occuper du château, mes parents étant âgés, avant d’en devenir propriétaires en 2005 ». Depuis près de 20 ans, le couple princier exerce donc « le métier de châtelain : un job comme un autre dans une région angevine dont nous aimons tout ».

Avec eux, Serrant a pris son véritable envol touristique et joue pleinement son rôle dans la vie locale. Qu’en sera-t-il demain ? « Je pars du principe que chaque jour passé est un jour gagné, assure la princesse. Je n’ai pas la moindre exigence vis-à-vis de mes garçons pour la suite ».

A moins qu’une femme ne vienne encore une fois s’en mêler...

Demain : La nouvelle vie du château de la Morinière (Andrezé)












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