Liberté pour qui et avec qui ?

[La Tribune du Lundi]


Rédigé par Eric COCHET, adjoint au maire de Trélazé - Angers, le 19/01/2015 - 07:30 / modifié le 19/01/2015 - 09:28


Contribuer au débat public et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. Dix jours après les événements terroristes à Paris, une question se pose et s'impose à tous les acteurs de la société : et maintenant ? Comment faire pour que de tels événements ne se reproduisent plus ? La parole aujourd'hui à Eric Cochet, adjoint au maire de Trélazé où il est en charge du Pôle social et de la vie associative.



Liberté pour qui et avec qui ?
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Elu municipal et habitant dans un quartier populaire et diversifié, je suis bousculé depuis quelques jours dans mes convictions  de citoyen. La série de massacres perpétués par des jeunes Français auprès d'autres Français témoigne d'une réalité violente et insaisissable. Comment cela est-ce possible ? Qui est vraiment responsable de cela ?

Les échanges que j'ai pu avoir auprès d'acteurs de mon quartier (jeunes, professionnels, retraités) suscitent en moi plusieurs questions : Jusqu'où va la liberté de chacun ? La "Liberté" de la devise française est-elle bien comprise par tout le monde ?
La liberté vécue dans les quartiers ou un certain nombres de jeunes se retrouvent sans emploi et sans perspectives d'avenir a-t-elle un sens pour eux ? Sinon, lequel ?

Les images qui défilent en boucle dans nos télévisions, nos ordinateurs et smartphones, sont une chose. La réalité du terrain en est une autre. Ces évènements sont le révélateur de situations déjà bien connues. Il n'y a pas vraiment de surprise.
Les violences de 2005 dans les banlieues avaient déjà soulevé de nombreuses questions et un certain nombre de réponses a  été apporté (rénovation urbaine, politique de la ville, volonté de mixité sociale dans les quartiers...). Cependant, force est de constater que pour un certain nombre, cela n'est pas suffisant. Pourquoi ?
 
"Aujourd'hui, plus d'un jeune entre 16 et 25 ans est sans emploi. C'est cette réalité qui gangrène les esprits. La religion n'est que le besoin d'exister, de s'affirmer, d'être reconnu pour bon nombre d'entre eux."
Quand je participe à des réunions de quartier, à des échanges avec mes voisins (de toutes origines et de cultures), à des animations festives, sportives, culturelles, je prends systématiquement le temps de m'interroger sur qui est là et qui est absent. La plupart du temps ce sont les jeunes Français d'origine étrangère qui sont absents. Cette absence de relations, de dialogues, de reconnaissance réciproque est en partie pour moi le nœud de cette histoire. L'islam, que certains mettent en avant, n'est pas vraiment le "problème" en tant que tel.

Deux pistes à explorer

Aujourd'hui, plus d'un jeune entre 16 et 25 ans est sans emploi. C'est cette réalité qui gangrène les esprits. La religion n'est que le besoin d'exister, de s'affirmer, d'être reconnu pour bon nombre d'entre eux. A part les stars des émissions de téléréalité, de jeunes chanteurs et de quelques sportifs, les jeunes n'ont pas vraiment de "héros" sur lesquels s'identifier. Ils ont besoin de cela comme tout un chacun a besoin aussi de se raccrocher à des hommes et des femmes de convictions. Le Siècle des lumières, la loi de séparation entres les églises et l'Etat, les figures historiques de la Libération sont pour beaucoup des réalités lointaines, voire abstraites.

Nous avons besoin aujourd'hui de" nouvelles aventures" qui donnent du sens à nos existences. La réalité économique et sociale n'est pas transcendante et elle ne donne aucune perspective positive à cours et moyen terme. Alors quoi faire et quoi dire ? Deux pistes me semblent importantes à explorer :

1. Créer, provoquer de vrais lieux de rencontres et d'échanges sur nos quartiers, nos lotissements, nos HLM pour que chacun puisse s'exprimer. Nous devons faire République c'est-à-dire que le cadre de nos rencontres s'inscrive dans une réalité connue, respectée par tous et ouverte à nos différences. Il ne s'agit pas de se rassembler entre personnes semblables mais de participer à une fête de quartier, à un évènement culturel ou sportif, à des temps ou l'on va être ensemble car la parole et la reconnaissance de l'autre dans sa diversité sont essentielles pour que chacun avance dans la compréhension de son environnement  et pour avancer collectivement.

2. Permettre à tous les jeunes de participer à une aventure collective. Il ne s'agit pas de refaire le service national mais de rendre obligatoire la présence pendant 1 an à un projet au service de la nation (comme cela sa fait avec le service civique) . Cela permettrait aux jeunes de se rencontrer, de sortir de leur isolement, d'avoir un projet de vie inscrit et ouvert au monde d'aujourd'hui et surtout de demain pour que ces actes de terrorisme ne recommencent plus.
 









1.Posté par Marc Gicquel le 19/01/2015 10:02 | Alerter
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Bien dit, c'est l'absence de perspectives positives, et l'emploi en 1er, qui est le terreau à toute dérive; dans notre Anjou si "tranquille", la discrimination existe aussi…alors que je ne prends jamais de stagiaires, eu égard à la spécificité de mon activité, j'ai fait des exceptions depuis 15 ans à la demande d'amis, en particulier enseignantscar des jeunes beurs ou noirs ne trouvaient pas le stage indispensable à leur formation….où est la fraternité, l'égalité de la devise de notre Républiq...

2.Posté par Philippe Piau le 19/01/2015 23:48 | Alerter
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Bonjour,
En écho à cette contribution, je vous conseille d'aller voir du côté des politiques menées ces dernières années dans la ville de Medellin en Colombie. Face à une violence extrême, après avoir épuisé toutes les formes d'interventions policières et militaires, il a été mis en œuvre une politique culturelle et sociale très ambitieuse. Et contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, cette politique a parfaitement fonctionné! Aussi incroyable que cela puisse paraître, le nombre d'homicide a...








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