Lo'Jo, escapade au Levant

Carnet de bord # 2


Rédigé par Denis PEAN, Lo'Jo - Angers, le Mercredi 19 Octobre 2016 à 17:00


Le groupe Lo'Jo vient tout de juste de poser ses valises, après une tournée de près d'un mois en Chine et en Corée du Sud, marquée par une création avec un groupe coréen, quinze concerts dans des festivals, théâtres et clubs... Aucun voyage ne ressemble à un autre, pour ces explorateurs patentés. Aussi, Denis Péan a décidé de garder une trace de ce séjour au Levant, sous la forme d'un long texte dont nous publions aujourd'hui la fin.



Lo'Jo, En répétition avec le groupe coréen Dulsori à Séoul.
Lo'Jo, En répétition avec le groupe coréen Dulsori à Séoul.
la rédaction vous conseille
"Les répétitions commencent à Séoul dès le premier jour, pour faire connaissance avec les quatre musiciennes de Dulsori et de leur instrumentarium inédit : pi-li, jing, yang-gum, cheol-hyun-gum, dae-buk, kayagum. Nous retrouvons le fantasque Monsieur Moon, directeur de la troupe que nous avions rencontré en Australie, il y a onze années.
En trois jours, nous montons un répertoire d’une heure qui sera joué cinq fois à travers le pays : Séoul, Ulsan, Jeong-ju. Séoul est une image du futur, avec ses 25 millions d’habitants ; le chic occidental est de mise, des filles se font refaire le visage pour leur entrée à l’université. La compétitivité exacerbée pousse nombre de jeunes au suicide.

Nous allons voir nos amis de la Compagnie Carabosse, postés au cœur de la ville pour une installation de feu et le groupe français Kokomo, dans un club de rock. Nous visitons un graveur sur bois à Jeong-ju, il reconstitue certaines des 8 000 planches gravées par les moines bouddhistes afin de lutter contre l’invasion chinoise. Le premier livre coréen fut édité en 1661.
A l’occasion de la fête nationale se promènent des jeunes couples, c’est une volée de plis : crêpe, soie, chapeaux roses, bouffants de robes satin, couronnes de fleurs blanches, rubans d’argent, volants rosés, lotus de tulle, tampons dorés sur tuniques bleues pastel, transparent sur broderie, éventails à crosse de poisson sculpté.
 
Nous voilà dans l’underground, au Dusk Dawn Club de Beijing (Pékin) : assemblée de visages inspirés, des lookés du secteur, un groupe de musiciens ouïghours, excentriques et noceurs expatriés, lettrées chinoises. Le patron est d’une gentillesse sans égal. L’endroit est un ancien habitat traditionnel, des petites pièces vitrées donnant sur une cour.
"Beijing ! Passent dans la rue l’éternité et ses fanfreluches. C’est le pays des trois roues-voiture (San Lun Che), des tricycles carénés en inox, des vélos-boutique. Tintement des sonnettes au matin, la pluie a effacé les pas des guincheurs qui dansent le soir à Pékin en couple des trois temps, des gavottes désuètes" 

Beijing ! Passent dans la rue l’éternité et ses fanfreluches. C’est le pays des trois roues-voiture (San Lun Che), des tricycles carénés en inox, des vélos-boutique. Tintement des sonnettes au matin, la pluie a effacé les pas des guincheurs qui dansent le soir à Pékin en couple des trois temps, des gavottes désuètes.
Ville de néons, de caractères promenant leurs dessins, jaune sur vert, blanc sur violet, rouge sur vert. Caractères chinois : volcan, chapeau, potence, calice, morceau d’éventail, crosse, croche - en tout un vieil oracle de pattes d’oiseau et carapace de tortue. ECRITURE comme une braise gardée par sa multitude de veilleurs, en esquifs d’encre figés sur du papier de riz. Traces, TRACES, enseignes des holdings, poésie initiale qu’incurve des exodes, écuelle des révolutions.

En route pour la grande muraille…

Retour à Pékin, concert au club DDC à Beijing. Crédit photo : Julien Creff.
Retour à Pékin, concert au club DDC à Beijing. Crédit photo : Julien Creff.
On monte sur scène presque à la descente de l’avion, c’est un hangar de Guangzhou et les banderoles du fond de scène indiquent EN CONSTRUCTION. Nous sommes dans un complexe à l’américaine, boîtes de nuit, club de jazz, restaurants, boutiques, high-tech, R&B, jeunesse fashion.
 
La vie
improvisation collective
en Chine
 
Quant à la ville monstrueuse, on y trouve les recoins où poussent les contes. Vestiges, des bicoques à deux étages, bringuebalantes, noircies. Douceur moisie, grilles patraques, usure fantastique des choses à disparaître ; par les trous du mur on voit le futur. La rue Baishadun jouxte toutes les générations de constructions à 5 étages, à 10 étages puis des toits dans les nuages au dessus des autostrates. Une seule rue suffit à l’éblouissement et à l’oubli. Dans la pénombre du taudis étincelle la théière de porcelaine. Générations, histoire pas encore balayée, repaire de cartonniers, chineurs, trieuse de métaux où de polystyrène, carriole de chiffonniers, ramasseuse de ficelles…

Les balcons sont accrochés au façade comme des cages à oiseaux où de ménageries forgées pour alignement de pots, flore suspendue, linge qui sèche d’une très longue histoire. Treille de bambou, sac d’hippocampes, coiffeur de rue et d’autres ailleurs dans la ville de Canton, que nommaient ainsi les français « cantonnés » au temps des concessions, de l’opium, des anciens comptoirs européens de Shamian Island. Demain, ce sera Shunde puis Shenzen, à l’aventure de l’Extreme-Orient."

Le périple de Lo'Jo... Chine : Dunhuang, Xi'an, Pékin, Canton, Shenzhen, Shunde / Corée du Sud : Séoul, Jeonju, Ulsan)

www.lojo.org









1.Posté par Patrick MILIQUE le 20/10/2016 10:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
]b Denis PÉAN et les mots: l'évidence de l'inouï!b[

Nouveau commentaire :

Vous pouvez réagir et commenter cet article. Toutefois, si l’éditeur vous donne la possibilité de faire part de votre opinion, votre commentaire ne doit pas contenir des propos haineux, diffamatoires ou des injures caractérisées, inciter aux crimes et aux délits punis par la législation française, contester les crimes contre l’humanité, être offensant envers les chefs d’État, de gouvernement et diplomates étrangers , faire état de fausses nouvelles ou faire l’objet de discrimination raciale ou sexiste.

Au sens de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) la société Ouest eMedia presse éditeur de ce site web est responsable des contenus qu’elle publie, mais aussi des commentaires des internautes s’exprimant sur le sujet. Si la publication est laissée libre, un commentaire dont le contenu est en opposition avec les textes de loi, ou faisant l'objet d'une poursuite, peut à tout moment être modéré par le Directeur de publication.

Dans tous les cas, restez polis et courtois, les lecteurs vous en sauront gré.

Le Comité de Rédaction d'Angers Mag Info










Angers Mag












Angers Mag : #JPEL "Contre le complotisme, on ne peut pas enrayer tout (...) Mais on peut entraîner les cerveaux." 👏👏JB Schmidt… https://t.co/6pn23fJUHD
Vendredi 9 Décembre - 15:01
Angers Mag : L'indépendance, un état d'esprit ? #Angers Mag bien chez soi à la journée de la presse en ligne à Paris. #JPEL https://t.co/EpAgR2dt6N
Vendredi 9 Décembre - 12:17
Angers Mag : #Angers Le dessin du mois de décembre signé Fañch Juteau #prevention #VIH https://t.co/J3CxFCf8FC https://t.co/oAZR7nNURX
Vendredi 9 Décembre - 12:01
Angers Mag : #Angers Le dessin du mois de septembre signé Fañch Juteau #accrochecoeurs https://t.co/J3CxFCf8FC https://t.co/Jkrkty2UMe
Vendredi 9 Décembre - 10:51







cookieassistant.com