Logement des jeunes en Pays de la Loire : des élus inquiets


Rédigé par - Angers, le 15/12/2011 - 15:35 / modifié le 15/12/2011 - 16:15


Après avoir amputé de plus du tiers le financement du logement social et divisé par quatre les aides à la pierre, le gouvernement Fillon s’attaque désormais aux budgets d’Action Logement entrainant à terme le blocage de la construction de 45 000 logements destinés aux jeunes demandeurs d’emplois et étudiants boursiers. Une situation dénoncée par les élus régionaux de gauche impliqués dans l’aide aux jeunes.



Logement des jeunes en Pays de la Loire : des élus inquiets
la rédaction vous conseille
L’Action Logement, c'est la dénomination usuelle de la participation des employeurs à l'effort de construction, instituée en 1953 pour les entreprises du secteur privé non agricole, celles-ci devant consacrer 1% de leur masse salariale au financement de la résidence principale des salariés. Une partie de cette somme est versée au Fonds National d'Aide au Logement (FNAL) lequel finance diverses allocations logement sans contrepartie pour les entreprises.

Destiné en priorité aux salariés des entreprises de 10 salariés et plus, Action Logement a étendu son action en faveur d'une plus grande diversité de bénéficiaires et notamment aux salariés des petites entreprises, aux demandeurs d’emploi, aux bailleurs sociaux, aux personnes handicapées ainsi qu’aux jeunes de moins de trente ans en recherche d’emploi et aux étudiants boursiers de l’État.

« L'État fait main basse sur les ressources d'Action Logement avec ses prélèvements directs à la source sur le fond du 1 % logement (1, 25 milliard en 2012). Il met de fait en péril le modèle économique et social d'Action Logement », déclarait au cours de l’été Philippe LOUIS, secrétaire général de la CFTC. « Action Logement n'est ni une source intarissable ni un collecteur « indirect » d'impôt ! ».

Plus près de nous, 650 000 jeunes de 15 à 30 ans résident en Pays de la Loire. 109 000 d’entre eux sont en formation, 30 000 sont étudiants boursiers, 29 000 sont en apprentissage et près de 25% des jeunes actifs occupent un emploi précaire. Les jeunes composent une grande majorité des 32 000 emplois saisonniers de la région.

« Les jeunes sont parmi ceux qui ont le plus de difficultés à disposer d’un hébergement ou d’un logement en locatif et l’implication des collectivités territoriales paraît plus que jamais indispensable pour répondre à leurs besoins », déclare Vincent DULONG, conseiller régional Europe Écologie les Verts, en charge du logement.

« La Région de Pays de la Loire, a mis en œuvre le « Pack 15-30 » et le « PASS logement » un dispositif qui permet à un jeune de faire valoir une caution de la Région auprès de son propriétaire », souligne Frédéric BEATSE, Adjoint au Maire d’Angers et Vice Président de la Région. « Avec plus de 2500 conseils et près de 500 cautions signées, ce dispositif rencontre un vrai succès ». Le PASS logement sera complété en 2012 par une aide à la première installation sur l’assurance logement et à l’ouverture des compteurs.

Mais l’intervention des collectivités et notamment de la Région ne s’arrête pas là puisqu’elle participe aussi à l’effort de construction ou de réhabilitation des résidences pour les jeunes. « Plus de 9 millions d’Euros ont déjà été votés lors de la dernière commission permanente, pour soutenir des opérations exemplaires en matière de logements pour les jeunes », explique Vincent DULONG en rappelant que ces deux élus sont présents ce jeudi aux États Généraux du Logement organisés à la Région des Pays de la Loire.

« Face au désengagement de l’État, la politique régionale en faveur du logement des jeunes répond non seulement à une urgence sociale majeure, mais constitue aussi une priorité écologique pour réduire l’impact sur le climat», ajoute Vincent DULONG.

Mais si les collectivités s’investissent de plus en plus dans l’aide au logement elles pourraient à terme avoir de réelles difficultés à compenser la part d’Action Logement utilisée par l'État. Ce sont donc les plus démunis et notamment les jeunes qui pourraient en pâtir. D’où l’inquiétude légitime des élus régionaux à ce sujet.




Jacques FINOT
Web journaliste aux grandes oreilles, dont l'essentiel du travail consiste à écouter et relever les... En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag