Loi El Khomri : un mardi de mobilisation désuni


Rédigé par - Angers, le 18/05/2016 - 07:00 / modifié le 18/05/2016 - 15:42


Une semaine après son adoption sans débat en première lecture, via l'article 49.3, la loi de réforme du travail a mobilisé encore entre 1200 et 1500 personnes mardi matin dans les rues d'Angers. Un rassemblement qui, en dépit des discours, a laissé poindre des signes de fatigue voire de désunion.



Après avoir emprunté les voies sur berges contrairement à ce qui avait été prévu, le cortège est remonté place du Ralliement, via la rue de la Roë, délesté de plus de la moitié des manifestants du départ.
Après avoir emprunté les voies sur berges contrairement à ce qui avait été prévu, le cortège est remonté place du Ralliement, via la rue de la Roë, délesté de plus de la moitié des manifestants du départ.
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"On baissera pas le pantalon devant les petits chefs." 11h00, place Leclerc. Alors que les manifestants prennent place dans le cortège qui s'élance, la sono du camion des Solidaires donne le ton. Forte. Et sans ambiguïté côté programmation musicale.

Une semaine après le recours gouvernemental à l'article 49.3 pour accélérer le débat autour de la loi El Khomri à l'Assemblée nationale, les slogans de ses opposants angevins fusent sous le soleil. Pour exiger encore et toujours son retrait. Pour appeler aussi à l'accentuation de la mobilisation. "Tous ensemble, tous ensemble, grève générale !" insistent les porte-voix... sans trouver, à vrai dire, d'échos franchement enthousiastes dans le défilé. C'est mardi et le week-end semble jouer les prolongations sur le bitume angevin.

Pour ce nouveau rassemblement comme pour les précédents, les plus jeunes ont pris place en tête, juste derrière la banderole intersyndicale. Ils sont près de 200, selon la police, sur un total de 1 200 manifestants (1 500 selon la CGT). Partiels oblige, ce sont en majorité des lycéens cette fois-ci. Mais la (re)mise en route se fait un peu poussive. "Pour mobiliser les jeunes en cette période, ce n'est pas évident" avoue Vincent, 26 ans, assistant d'éducation et autocollant des Jeunesses communistes sur le blouson.
"C'est bien la plus grosse attaque jamais perpétrée contre le code du travail. Mais les plus jeunes, je le vois à mon travail, sont moins sensibilisés." Pascal, un manifestant

Pour lui, pas question pour autant de parler de démobilisation. "Le 49.3 a fait réagir y compris parmi certains qui regardaient le mouvement d'assez loin. L'inter-organisation jeunes prépare une consultation citoyenne pour la fin de semaine ou le début de la semaine prochaine. Ca devrait permettre de relancer l'attention" poursuit Vincent.

Moins nombreux, les jeunes ont occupé les premiers rangs du rassemblement avant eux-aussi de se diviser en deux groupes.
Moins nombreux, les jeunes ont occupé les premiers rangs du rassemblement avant eux-aussi de se diviser en deux groupes.
Devant lui, Pascal 57 ans, employé dans le secteur de la défense, paraît un peu moins optimiste : "C'est bien la plus grosse attaque jamais perpétrée contre le code du travail. Mais les plus jeunes, je le vois à mon travail, sont moins sensibilisés. Il y a longtemps qu''ils ont été inculqués dans un système capitaliste et individualiste."  Secrétaire de l'union locale CGT, Didier Testu ne cache pas non plus sa déception devant la baisse de participation générale.

Ce qui frappe peut-être le plus en remontant le cortège boulevard du Roi René, c'est surtout ce sentiment d'absence d'unité déjà mis en évidence lors des derniers rassemblements. Un sentiment accentué par les longs chapelets qui séparent les groupes syndicaux et l'absence de slogans véritablement fédérateur. Devant le château, un flottement va révéler assez justement les choses. 

Regrettant le choix de l'intersyndicale d'emprunter la rue Toussaint pour revenir vers le centre-ville, plusieurs dizaines de manifestants vont en convaincre d'autres de descendre bloquer les voies sur berges, suivis par le seul camion de la fédération Solidaires. "Les jeunes en avaient envie. On ne peut pas les laisser en plan comme ça" indique une des responsables de l'organisation syndicale, tandis que CGT, FO, Unef et les autres organisations rejoignent le Ralliement, le rendez-vous initial de dissolution, un peu vexés. Un nouveau rassemblement est programmé jeudi. 




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