Loi Travail, ceux qui la contestent encore


Rédigé par - Angers, le 22/03/2017 - 07:45 / modifié le 22/03/2017 - 08:12


Huit mois après sa promulgation, la loi El Khomri mobilise encore l'attention et l'énergie de certains de ses opposants de la première heure en Maine-et-Loire. CGT et FO en tête, ils organisent un meeting intersyndical ce mercredi pour réclamer son abrogation. Et essayer de se faire entendre en ces veilles d'élections.



De gauche à droite : Jean-Jacques Nikolaï (FO), Pascal Bouvier (CGT), Patrice Bouyer (FO) et Xavier Dupeyroux (CGT).
De gauche à droite : Jean-Jacques Nikolaï (FO), Pascal Bouvier (CGT), Patrice Bouyer (FO) et Xavier Dupeyroux (CGT).
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"On ne s'invite pas dans la campagne présidentielle mais nous avons encore la volonté de porter la parole des salariés." Pascal Bouvier, le responsable de la CGT de Maine-et-Loire a beau prendre quelques précautions oratoires pour essayer de s'en affranchir, le meeting organisé ce mercredi soir à la Bourse du travail d'Angers par les opposants angevins à la loi El Khomri, s'inscrit bien dans un temps politique électoral. Qu'il le veuille ou non.

Un an après le dépôt du projet à l'Assemblée nationale, huit mois après son adoption définitive au terme d'un bras de fer fratricide au sein même de la majorité gouvernementale, la loi n° 2016-1088 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, n'a donc pas fini de faire causer. Du moins, chez ses opposants. "On considère qu'on n'en a pas terminé. Et qu'il est important de continuer à travailler pour porter l'idée d'une autre loi" appuie le patron de la CGT départementale.

Au sein du syndicat, comme des autres organisations qui l'entourent (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef et UNL), c'est encore la fameuse inversion de la hiérarchie des normes, considérée comme le pivot de cette loi, qui cristallise les discours. En clair, la remise en question de la logique pyramidale du droit du travail avec en haut le Code du travail, les accords collectifs de branche à l'étage en dessous et tout en bas, les accords d'entreprise qui ne pouvaient logiquement être "moins disant". Une inversion qui, pour les syndicats, ouvre la porte à toutes les dérives. 
"Les syndicats, on nous tombe volontiers dessus pour nous critiquer. Mais les salariés en difficulté, c'est bien nous qui les récoltons à la pelle dans les permanences juridiques"

"Il suffit de voir ce qui s'est passé chez Valéo avec la tentative de la direction de l'usine angevine d'anticiper les décrets pour modifier par le bas le temps de travail des salariés pour comprendre que certains patrons n'attendent que ça" argumente Pascal Bouvier. Et ses camarades de Force Ouvrière, Jean-Jacques Nikolaï et Patrice Bouyer de citer eux le cas "de deux boîtes de commerce où du jour au lendemain, les dirigeants se réveillent en remettant en cause l'organisation du travail". "La loi sur l'égalité salariale a été adoptée en 1983, on n'a pas senti le même enthousiasme pour l'appliquer rapidement" ironise Pascal Bouvier.

Et les représentants des deux organisations de souligner l'augmentation du nombres d'appels téléphoniques reçus par leurs syndicats pour des "demandes d'éclairages sur des modifications de contrat de travail". "Les syndicats, on nous tombe volontiers dessus pour nous critiquer. Mais les salariés en difficulté, c'est bien nous qui les récoltons à la pelle dans les permanences juridiques" peste Patrice Bouyer pour FO, estimant que la fonction publique territoriale, à laquelle il appartient, n'est pas épargnée par le malaise. Encore moins dans un contexte électoral où certains lui promettent de nouvelles réductions d'effectifs.

Meeting à partir de 18h30, salle Pelloutier à la Bourse du travail d'Angers.




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1.Posté par Arnaud le 24/03/2017 15:07 | Alerter
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Je ne suis pas sûr que ce soit très utile. Mais je dois avouer que le fait qu'il y ait encore des gens qui aient encore la volonté de manifester contre cette loi, c'est impressionnant.

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