Loi Travail : les opposants angevins maintiennent la pression


Rédigé par Yves BOITEAU et Tiphaine CREZE - Angers, le 31/03/2016 - 19:37 / modifié le 28/05/2016 - 09:53


Entre 4 500 et 5 000 personnes ont de nouveau manifesté jeudi à Angers contre le projet de réforme du code du travail. Une affluence quasi identique au premier rassemblement contre le texte gouvernemental début mars, mais soutenue cette fois-ci par la présence plus forte de salariés du privé et du public. Les organisateurs annoncent de nouvelles actions pour les 5 et 9 avril.



Les manifestants se sont élancés de la place Leclerc pour un grand tour du centre-ville d'Angers, via les voies sur berges.
Les manifestants se sont élancés de la place Leclerc pour un grand tour du centre-ville d'Angers, via les voies sur berges.
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Bis repetita ? Trois semaines après le premier grand rassemblement organisé à Angers contre le projet de loi dit El Khomri, de réforme du code du travail, entre 4 500 et 5 000 personnes ont de nouveau manifesté dans les rues de la ville jeudi pour réclamer le retrait du projet. 4 500, c'est le chiffre officiel retenu par la police. 5 000, celui des préposés au comptage de la CGT, l'une des organisations syndicales à l'origine de la manifestation. Même chiffres et même différentiel donc que lors du 9 mars dernier

Qu'en conclure pour autant ? Que la mobilisation angevine n'a pas progressé ? Ou qu'elle n'a pas faibli ? Côté syndical, pas d'hésitation sur la nuance. "Je pense que là, on a fait plus que le 9 mars. C’était l’objectif. Beaucoup de gens se sont mobilisés notamment les syndicats professionnels qui sont au rendez-vous", indique Stéphane Vidal, le président de l'Unef Angers. Un point de vue que rejoint Pascal Bouvier, le patron de la CGT de Maine-et-Loire : "Il ne faut pas oublier l'impact de la météo qui était dissuasive aujourd'hui. Et puis la réalité sur ces dernières semaines, c'est qu'on a vu les représentants syndicaux des entreprises privées venir en nombre chercher les tracts à la Bourse du travail. Pour nous, c'est un signe d'une mobilisation qui s'amplifie dans les secteurs professionnels."

L'impression laissée par le rassemblement de ce jeudi tendrait plutôt à donner raison à Pascal Bouvier. Bien que toujours en tête du cortège, les étudiants et lycéens sont apparus nettement moins nombreux (1200 selon l'Unef, mais moins à notre avis), au contraire des salariés et retraités. Et le secrétaire départemental de la CGT de lister les bataillons du jour les plus fournis parmi ses troupes - "Mendes, Artus, Paulstra, Eolane, La Poste, EDF, le Cesame..."- comme autant de preuves d'une amplification du mouvement. Une conviction plus qu'une certitude. Car il reste aux syndicats engagés contre la loi El Khomri en Anjou à montrer leur capacité réelle à drainer au delà de leur propre périmètre. 
"La peur de perdre son emploi est omniprésente aujourd'hui parmi les salariés" - Marc Taillefer (CGT)

"Si j'en juge par ce qui se passe dans mon entreprise, je pense qu'il y a une vraie adhésion sur le fond à la mobilisation contre la réforme El Khomri. Des salariés nous disent leurs craintes de voir leurs emplois du temps et leurs conditions de travail se dégrader à cause de cette loi. Mais ils ont peur d'aller manifester et ne viennent pas. Par crainte de perdre une partie de leur salaire ou par crainte de la répression patronale qui peut s'exercer de manière très insidieuse sur les congés, les aménagements horaires etc...", indique Ivan Josserand, délégué Sud du centre d'appels Stream (550 salariés). 

"La peur de perdre son emploi est omniprésente aujourd'hui parmi les salariés", prolonge Marc Taillefer, militant CGT et figure du dernier grand conflit social angevin (la liquidation judiciaire d'ACT Manufacturing en décembre 2002). Le monde du travail est devenu très dur et c'est bien pourquoi, à mon sens, il ne faut pas détricoter le code du travail mais le renforcer. C'est un siècle de luttes syndicales qui est en jeu dans cette histoire."  De là, à imaginer possible la grève générale appelée par certains slogans, il y a une marge... 

Passant à l'angle de la rue Saint-Aubin devant le chantier du centre Foch, les manifestants en ont profité pour appeler les ouvriers du bâtiment à rejoindre leur mouvement. Sympathique image. Mais après les gestes amicaux et les photos, les gilets jaunes sont retournés à leur travail sur le bâtiment en construction. Et le cortège a poursuivi sa route. L'intersyndicale angevine annonce de nouveaux rassemblements pour le mardi 5 et le samedi 9 avril.

"On nous donne des miettes et ce n’est pas suffisant"
Philippine Godivier (Unef), étudiante en L2 Histoire à l’Université d'Angers
"On veut une vraie reconnaissance de nos diplômes et qu’ils deviennent une vraie protection sur le marché du travail. Aujourd’hui, cette loi remet ça en question. On voit déjà la précarité dans laquelle sont les jeunes aujourd’hui, même après cinq ans d’études, et qui enchaînent les petits boulots et des CDD. Les étudiants se mobilisent pour faire reconnaître leurs diplômes après sur le marché du travail.
On réclame aussi l'accès au RSA pour les jeunes car les moins de 25 ans n’y ont généralement pas accès. Les jeunes ont beaucoup de propositions à faire. Pour l’instant on nous donne des miettes et ce n’est pas suffisant.
Aujourd’hui, on n’est plus en état de dialoguer avec le gouvernement. On réclame le retrait de cette loi. Des personnes sont en train de faire des contre-réformes notamment les économistes atterrés, des groupes universitaires qui préparent des propositions à proposer après le retrait de ce projet de loi.
Loi Travail : les opposants angevins maintiennent la pression









1.Posté par Webduweb le 05/04/2016 11:12 | Alerter
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Il faut faire la révolution dans cette pseudo-république monarchique qui obéit aux diktats de Bruxelles (commission européenne ne élue démocratiquement)... Plus rien ne va... le problème du chômage est la résultante du néo-libéralisme mondialisé, et imposé par l'Union européenne depuis Maastricht (1992). On nous casse le code du travail, et les patrons se sentent tous puissants depuis qu'il y a l'OMC (1995)

2.Posté par Webduweb le 05/04/2016 11:17 | Alerter
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Le droit des travailleurs salariés doit être rétabli. Le gouvernement n'a pas à faire la loi, mais doit la faire exécuter. C'est au Parlement à légiférer dans une démocratie. Alors c'est à nous de rétablir la démocratie, non ?








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