Luc Belot : "je n'ai aucun tabou sur les retraites"


Rédigé par - Angers, le 21/06/2013 - 09:50 / modifié le 24/06/2013 - 11:59


Transparence de la vie publique, politique gouvernementale, réformes, poussée de l'extrême-droite... Un an après son élection comme député de la 1ere circonscription de Maine-et-Loire (Angers-Nord), Luc Belot (PS) revient sur sa première année de mandat et sur celle du nouveau gouvernement.



Luc Belot : "je n'ai aucun tabou sur les retraites"
Une nouvelle législative partielle perdue par le PS à Villeneuve-sur-Lot : la faute à Cahuzac ou (et) une sanction du gouvernement ?

"On sait que les élections qui interviennent dans les deux premières années de mandat sont plus que difficiles pour le pouvoir en place. Le temps de mettre en oeuvre les réformes et qu'elles portent leurs fruits, on a des attentes déçues. Sur Jérôme Cahuzac, oui. J'étais dans l'hémicycle quand, nous regardant droit dans les yeux, il nous affirme : "je n'ai jamais eu de compte en Suisse". Objectivement, sincèrement, je n'ai pas de raison de ne pas le croire. C'était l'un des ministres les plus brillants du gouvernement. Maintenant, il a menti aux français, au 1er Ministre, au Président de la République, il est normal, à un moment, que ça s'arrête. Ça m'a mis en colère."

Votre point de vue sur la moralisation de la vie publique :

"Il y a encore du chemin à faire. Personnellement, je m'étais engagé avant mon élection à une transparence totale sur le fonctionnement de l'Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM, "5400 euros environ") et sur celui de la réserve parlementaire (ndlr : 130 000€ par an). J'ai rendu publiques ces sommes. Cet été, je rendrai publique l'intégralité de mes comptes de fonctionnement, ce que j'ai dépensé, ce que je n'ai pas dépensé et qui est retourné au pot commun. J'ai publié aussi mon patrimoine sur Internet. On me dit que c'est facile pour moi, que je suis jeune, que je n'ai pas de patrimoine etc... C'est vrai, mais je crois que c'est surtout une question de principe. Les français ont le droit de savoir si on s'est enrichi normalement au cours de notre mandat."

Normalement ?

"Je veux dire dans une évolution patrimoniale classique liée soit au fait que je deviens un peu plus propriétaire de ma maison, que j'hérite etc... Tout ça, c'est normal et il faut pouvoir le justifier. Le dispositif qui est proposé est mieux, même si j'aurai aimé qu'on aille un peu plus loin. Là, les gens pourront consulter le patrimoine des parlementaires à la préfecture. Mais le rendre public, c'est plus fort. Je suis persuadé que certains qui avaient quelques mandats dans les pattes avaient quelques scrupules à faire cet effort."

Est-ce que la transparence à toutes les vertus ?

"Je pense qu'il faut faire le distinguo entre l'exhibition et la transparence. A un moment donné, on a le droit de faire attention à nos conjoints qui n'ont pas choisit cette vie publique. Ils l'a vivent avec nous mais ils l'a subissent. Là encore, c'est plus facile pour moi parce que je ne suis ni marié, ni pacsé et que nos patrimoines sont personnels. Pour un couple marié, je peux comprendre que la femme de tel député n'ait pas envie qu'on sache qu'elle a hérité de la maison de la part de ses parents. Ramener la publication au député, je pense que c'est une bonne chose et légitime si on veut redonner confiance en la politique."

"On reconstruit un socle durable"

Je reviens à la législative partielle perdue. C'est quand même la huitième successive pour le PS ?

"Quand on regarde les voix et les pourcentages, on s'aperçoit que c'est bien l'électorat de gauche qui ne s'est pas déplacé. Et je le comprends. A un moment donné, les français donnent un signal. Tant qu'on n'aura pas des faits et des chiffres du chômage qui baissent, les français seront sur la réserve et la méfiance."

Mais qu'est ce que vous dites à vos électeurs qui manifestent cette impatience ?

"Je leurs dit exactement ça. Je leurs parle aussi de la méthode de Jean-Marc Ayrault, cette capacité d'écouter, d'entendre, de mettre tout le monde autour de la table pour faire des réformes qui soient pérennes. Pas des réformes pour ralentir accessoirement le taux de chômage et le voir repartir ensuite. Avec l'Accord national interprofessionel (ANI), qui n'est peut-être pas simple à vendre, je suis convaincu qu'on a ce type de réforme."

Tout de même, taux de chômage, croissance en berne... Qu'est ce qui vous rend optimiste ?

"Justement le fait, qu'on construise sur le long terme. Qu'on reconstruit un socle durable. Je préfère que François Hollande soit à 20 ou 25% d'opinions favorables maintenant mais que sa politique paye dans six mois. Si ce n'est pas le cas, là, j'aurai des comptes à rendre."

"Aucun tabou sur les retraites"

Sur la question des retraites, quelle est votre position ?

"J'organiserai trois réunions publiques dès le début l'année prochaine avec les associations, les syndicats etc... et j'assumerai publiquement mes positions. Il faut mettre tout sur la table, je n'ai aucun tabou sur le sujet à commencer par dire que ce ne sera pas la dernière réforme des retraites. Il y a des pistes dans le rapport Moreau que je trouve très intéressantes. Les fonctionnaires, selon moi, ne sont pas opposés à ce qu'on repense le calcul de leurs droits, en intégrant, par exemple, les primes. Quand elles seront intégrées, je pense qu'ils s'y retrouveront. Je suis pour le rapprochement des systèmes de retraites."

La poussée de l'extrême-droite vous inquiète t-elle ?

"Je crois surtout qu'elle redevient visible. Il y a vingt ans à la fac (Luc Belot a été responsable du syndicat étudiant Unef-Id à Angers), les fachos étaient déjà là, le FNJ (Front national Jeunes) aussi, et l'extrême gauche aussi. Les uns vivaient sur le dos des autres. On est dans une période de crise, avec des phénomènes classiques, des tentations protectionnistes, extrémistes... Les opposants au mariage pour tous, ça va vite s'arrêter. Et dans un an, on se dira mais ça n'a rien changé. IVG, contraception, Pacs... A chaque fois, les mêmes débats ont émergé, est-ce que, pour autant, la société s'est déstructurée ?"

Êtes-vous pour la gestation par autrui ?

"Je suis pour ouvrir le débat. Le lancer aujourd'hui, ce serait de la provocation et inutile. Mais il y a un vrai débat qui va au delà de la seule question de la marchandisation du corps de la femme. Je n'ai pas de position prédéterminée, mais la société mérite qu'on en parle. Je suis, par ailleurs, favorable à l'adoption par les couples homoparentaux."

Un an après votre élection, dans quel état d'esprit êtes-vous ?

"Clairement, je n'ai pas vu l'année passer. J'ai beaucoup travaillé sur la refondation de l'école, un vrai projet global qui va bien au delà de la question des rythmes scolaires et auquel je crois très fort. Je regrette qu'on ait perdu six mois sur la question de savoir si on y allait en 2013 ou 2014. Cette année me renforce dans l'idée que les parlementaires ont une vraie capacité d'action. Et que quand on veut, on peut."



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