Ludovic Mercier, le but est son métier


Rédigé par - Angers le Samedi 22 Novembre 2014 à 10:03


Après 15 ans de très haut niveau, l’ouvreur Ludovic Mercier a définitivement raccroché les crampons. Son présent d’entraîneur se conjugue depuis l’été dernier avec le SCO Rugby club Angers, qui occupe actuellement la seconde place du championnat Honneur. Portrait d’un passionné.



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Mesure-t-on toujours la valeur d’une première place au pedigree de celui qui occupe la deuxième ? Rien n’est moins sûr, particulièrement dans un sport collectif comme le rugby.

Reste qu’à ce jour, Ludovic Mercier, désormais retraité du rectangle vert, est le meilleur réalisateur de l’histoire du Challenge européen –comprendre la « petite » Coupe d’Europe- devant un certain… Jonny Wilkinson.

Pour ceux qui n’y entendent rien au petit monde de l’Ovalie, Sir Jonny au rugby, c’est un peu l’Everest des montagnards, le Zidane des footeux, le Modiano des littéraires, le Mozart des mélomanes… bref, LA référence ultime.

Autant dire que lui faire la nique dans un tableau de buteurs, ça vous classe un bonhomme. Ludovic Mercier est celui-là, mais il n’en retire aucune gloriole personnelle. « Il est trop humble pour ça », glisse Dragos Niculae, international roumain, son ami depuis les années 90 et un passage commun à Aurillac. L’ancien pilier est désormais le bras droit de Ludovic Mercier, qui a posé ses valises cet été à Angers. « Poser ses valises »… avec le Charentais d’origine, l’expression n’est pas vaine.

Un rendez-vous manqué avec l'Equipe de France

Car en quinze ans de carrière professionnelle, Ludovic a roulé sa bosse, exportant sa vision du jeu et sa singulière patte gauche –deux atouts majeurs pour le poste d’ouvreur (en gros le chef d’orchestre du rugby : les mélomanes, vous suivez toujours ?)- en Angleterre, en Italie et un peu partout en France, d’Angoulême à Hyères, en passant par Béziers, Grenoble ou Pau.

S’il est resté dans l’antichambre de l’équipe de France, c’est plus une histoire de personnes que de niveau de jeu : « On m’avait promis des choses, et la parole n’a pas été tenue », relaie Ludovic, avec un brin d’amertume. L’homme est « droit, constant, parfois sanguin et perfectionniste », résume Dragos Niculae. Et très famille aussi. « C’est aujourd’hui ma priorité. Ma femme Mathilde a fait beaucoup de concessions durant ma carrière, comme mes enfants, Paloma et Bastien. Je veux leur rendre la pareille. »

Mais qu’est-il donc venu faire sur les bords de Maine, bien au-delà de la frontière historique du jeu de rugby ? Au nord de La Rochelle, exception faite de la capitale, on cause ballon rond, bien plus qu’ovalie ! « Le voir relever ce challenge ne me surprend pas. C’est un mec qui a toujours fonctionné avec des objectifs. Et qui les a presque tous atteints », affirme Julien Laharrague, ancien international français. »

D'abord une passion pour le jeu

Ludovic Mercier ne dit pas autre chose : « Ça me plaît d’enseigner. Je l’ai fait auprès des jeunes, je veux le faire aujourd’hui auprès de seniors ». Et peu importe si c’est en Honneur, la 6e division du rugby. « J’ai tout de suite vu dans l’ambition du club et chez les gars une motivation et une passion énormes. A nous, avec le staff, de les faire progresser techniquement et de les organiser sur le terrain ».

La passion pour le jeu, moteur d’une carrière et d’une vie. « Je n’ai jamais eu l’impression que Ludo faisait des efforts pour atteindre ses objectifs », complète Julien Laharrague. « Il aime tellement ce jeu qu’il a toujours considéré comme une grande chance le fait de pouvoir gagner sa vie grâce à ça. »

Joueur de rugby, il aurait sans doute été un aussi bon joueur de foot, de handball ou de golf. « Je vivais sport du matin au soir. Mon père était pilier dans le club d’Angoulême, et j’ai très tôt tapé dans un ballon. Je suis né avec ça »… mais pas forcément avec le rugby chevillé au corps. « J’ai toujours voulu faire du foot. Avec le hand, c’est d’ailleurs ce que je faisais en sports études. J’ai joué à tous les postes, et puis j’ai fini gardien, parce que j’avais tendance à faire pas mal de dégâts dans le champ… »

Amoureux du sport donc, du beau jeu... mais pas à tout prix : « Notre objectif est de monter en Fédérale 3. Mon équipe, je la veux rugueuse et victorieuse. On est tout de même dans un sport de contact : c’est bien une équipe gentille et joueuse, mais à domicile, on doit être une forteresse imprenable. »

Le ton est posé, mais ferme. Cheveu rare, barbe de trois jours, carrure de déménageur, l’homme n’a guère besoin d’élever la voix pour convaincre. Son message est clair, lui qui a connu les dernières heures de l’amateurisme, dans les années 90 : « Etre professionnel en restant amateur. Quand les gars arrivent à l’entraînement, ils ont bossé toute la journée. Il leur faut de la rigueur pour progresser, mais qu’ils conservent le plaisir. C’est à nous de nous adapter, parce qu’ils le méritent. »
Bienvenue dans la mêlée !
 

Bio express
Né le 1er novembre 1976, à Angoulême.
Marié, 2 enfants. Demi d’ouverture International France A

1983. Première licence de rugby à Angoulême
1997. Rejoint l’AS Béziers, premier contrat pro
2001. Signe à Gloucester (Angleterre), avec qui il remporte le championnat en 2002, la Coupe en 2003 et le Challenge européen en 2006.
2007. Départ en Italie, à Padoue.
2014. Devient manager du SCO RCA.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur

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