Maine-et-Loire : trop beau, le futur visage de l’intercommunalité ?


Rédigé par Yves BOITEAU et Sébastien ROCHARD - Angers, le 25/06/2015 - 06:30 / modifié le 26/06/2015 - 08:47


Plusieurs centaines de maires ruraux ont manifesté mercredi à Paris pour protester contre le projet de loi de réorganisation territoriale (loi NOTRe), qui va faire disparaitre, selon eux, le pouvoir des petites communes et, avec lui, "un peu de démocratie". Un rassemblement qui fait écho aux débats que suscite cette réorganisation en Maine-et-Loire.



L'avant-projet de coopération intercommunale du Maine-et-Loire n'envisage plus que huit territoires intercommunaux contre trente aujourd'hui (source et carte : préfecture de Maine-et-Loire).
L'avant-projet de coopération intercommunale du Maine-et-Loire n'envisage plus que huit territoires intercommunaux contre trente aujourd'hui (source et carte : préfecture de Maine-et-Loire).
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Plusieurs centaines de manifestants à Paris, devant l'Assemblée nationale mercredi. Plusieurs dizaines à Angers, devant la préfecture vendredi dernier. En Maine-et-Loire comme partout en France, le projet de Nouvelle Organisation Territoriale de la République (loi NOTRe) suscite réserves, préoccupations voire franches oppositions chez certains maires et élus communaux.

C'est d'autant plus vrai dans les territoires ruraux où, fortement poussés par l'Etat à créer des communes nouvelles et à s'associer à des regroupements intercommunaux plus importants qu'aujourd'hui, certains sentent venir le vent du boulet pour le statut communal de leur village et, avec lui, ce qu'il leur reste de pouvoir effectif.

En rendant publique la carte ci-dessous, cinq jours seulement après sa dernière rencontre avec les élus de la Commission départementale de coopération intercommunale, le préfet de Maine-et-Loire, François Burdeyron, a montré le premier fin mai qu’il n’avait pas l’intention de partir en vacances sans avoir fait avancer, au moins dans les têtes, cette réforme des territoires en Anjou. Que nous montre cette carte ? Tout simplement, ce que sera peut-être demain le nouveau schéma des regroupements intercommunaux de Maine-et-Loire.

« Il n’est plus question de lifting mais d’une véritable révolution » écrivions-nous en février dans un dossier spécial (à découvrir ici). Ceux qui en doutaient encore en ont la preuve : avec la Région, ce sont bien les intercommunalités qu’entend renforcer l’Etat. En Maine-et-Loire, si cet avant-projet est retenu, elles passeraient de 30 à 8 dont trois dépasseraient les 100 000 habitants : la communauté urbaine d’Angers (269 000 hab), territorialement inchangée, la communauté d’agglomération des Mauges (129 000 hab) et celle du Grand Saumurois (106 000 hab) formées au gré de fusions des intercommunalités qui les composent aujourd’hui.
Entre le Choletais et les Mauges, la guerre est relancée

Très ambitieux sur le papier, le projet a trouvé ses meilleurs partisans parmi de nombreux élus, à l’instar des ceux des Mauges dont le rapprochement sera soumis avant l’été à l’ensemble des conseils municipaux des communes impliquées. En mouvement aussi, ceux des dix communes de la comcom de Baugé, à l’est, qui ont voté mi-mai, l’extension de la commune nouvelle de Baugé-en-Anjou née en janvier en 2013, à l’ensemble de leur territoire malgré certaines réticences. Une décision qui ouvre la porte là aussi à nouveau regroupement intercommunal.

Reste qu’en Maine-et-Loire comme ailleurs, tous les élus n’avancent pas au même rythme. Et tous ne partagent pas l’enthousiasme préfectoral. « Le choix doit être consenti » rappelait récemment au Courrier de l’Ouest, Adrien Denis, le maire de Denezé-sous-le-Lude (310 habitants) et président de l’association départementale des maires ruraux, très sceptique aussi quant aux économies annoncées. Au sein de la communauté de communes du canton de Noyant, à laquelle il appartient, le projet de regroupement au sein d'un grand Saumurois est loin de faire l'unanimité. Et encore moins chez sa voisine, la communauté de communes Loire-Longué.

A Cholet, agacé par l’expansionnisme de ses voisins maugeois, dont le territoire deviendrait plus peuplé que le sien, le député-maire de la ville, Gilles Bourdouleix a fait voter le 8 juin à l’unanimité de son conseil –fait rarissime- un vœu pour remettre à plat la carte. Après avoir réédité l'opération au sein du conseil d'agglomération qu'il préside, il entend organiser maintenant une consultation auprès des habitants de deux communautés de communes voisines, Moine-et-Sèvre (Saint-Macaire-en-Mauges) et Vihiersois, pour solliciter leur avis quant au rattachement de leurs territoires. Objectif : passer outre les choix des élus de ces intercommunalités, pour défendre l'idée de les greffer à la communauté d'agglomération du Choletais. 

Preuve que les débats sont loin d’être bouclés. Et que les vacances du préfet de Maine-et-Loire ne seront peut-être pas si tranquilles que cela.

Hugues Vaulérin, l'un des porte-paroles des élus "frondeurs", informe les manifestants après la rencontre avec les services de la Préfecture, vendredi dernier à Angers.
Hugues Vaulérin, l'un des porte-paroles des élus "frondeurs", informe les manifestants après la rencontre avec les services de la Préfecture, vendredi dernier à Angers.
Le Maine-et-Loire, un département "provoqué" ?
La manifestation de mercredi à Paris l'a montré : le malaise entourant la loi NOTRe est partagé, un peu partout sur le territoire français. Mais dans le Maine-et-Loire, il suscite sans doute un peu plus d'inquiétudes, et donc de résistances, qu'ailleurs. La preuve ? L'écho grandissant trouvé par un mouvement d'élus frondeurs né au printemps. Vendredi dernier, tous se sont réunis devant les grilles de la préfecture, après une première réunion le 10 juin, à Mûrs-Erigné.

Et n'allez surtout pas voir là-dedans un quelconque lobbying de la gauche de la gauche et de l'extrême-gauche, très critique depuis le début sur l'intention même de la réforme. Parmi les élus qui battent le pavé ce vendredi, on retrouve toutes les sensibilités politiques. Pourquoi cet œcuménisme (encore minoritaire...) ? Parce que sous l'impulsion du Préfet du Maine-et-Loire, François Burdeyron, les élus en résistance considère que le département est pilote dans la mise en place de cette réforme : là où l'on parle de regroupements communaux à hauteur de 20 000 habitants, le préfet préconise les 50 000 et "pousse les collectivités à se réunir à marche forcée", dénonce l'un des manifestants.
"Une précipitation, qui crée l'incompréhension". Marc Bérardi
Plus avant, "les petites communes que l'on veut faire disparaître sont une limite géographique d'implantation des services publics", explique Patrice Daviau, le maire de Marcé, qui poursuit : "Il ne faut pas confondre l'intégration et la coopération. Beaucoup de choses sont remises en cause, mais ça n'est pas une raison pour accélérer le mouvement." Et l'élu de réclamer, avec l'ensemble de ses congénères, qu'on prenne "a minima le temps de la réflexion. Mais on voit bien aussi, qu'avec cette orientation, on n'évoque plus le réel problème, qui est celui des dotations..."

La loi NOTRe, un contre-feu ? Ca n'est pas ce qui gêne le plus le président de la com com du Loir et ancien conseiller général du groupe de gauche, Marc Bérardi. Lui dénonce également "une précipitation, qui crée l'incompréhension. Et une pression désagréable qui empêche les EPCI de travailler sur le fond des choses, c'est à dire un projet commun et réfléchi." Ajoutez à cela "une absence complète de modalités de consultation" et vous aurez tous les ingrédients pour qualifier "un département provoqué". Et qui répond en conséquences...



















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