Mais qui sont ces mystérieux danseurs ?


Rédigé par - Angers, le Vendredi 1 Juillet 2011 à 11:01


Effet de surprise garanti pour les passants des rues d’Angers cette semaine : un couple venu de nulle part exécutait des chorégraphies, en divers points du centre-ville et notamment devant l’hôtel de ville et les stations du tramway, devant un public médusé.



Les danseurs à la station du tramway Foch Maison Bleue
Les danseurs à la station du tramway Foch Maison Bleue
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C’est pour le lancement du tramway. Celui-ci a parfois du retard, alors c’est pour nous faire patienter », disait une brave dame à la Station Foch, regardant d’un œil amusé ce couple tout de bleu vêtu, exécuter ses pas de danse, comme s’il était seul sur la piste. Si nous connaissions depuis le début de la semaine, l’identité de ces danseurs, nous nous devions de ne pas la révéler, car il s’agissait bien, pour les danseurs, comme pour le Centre National des Arts de la Rue de la Paperie qui les produit, de faire en sorte que la surprise soit totale.

Et elle le fut, chaque fois que les danseurs sortaient de l’ombre pour se lancer dans des mouvements très aériens. Les uns appréciaient, d’autres fuyaient de peur d’être pris à partie dans une espèce de « flash mob », dans tous les cas ce spectacle, puisqu’il s’agissait bien d’un vrai spectacle, n’a laissé personne indifférent.

« Nous constatons que de moins en moins de gens viennent voir les spectacles d’art vivants, alors l’art vient à eux. Nous créons l’effet de surprise. Même si les gens ne s’intéressent pas à ce genre de spectacle, ils s’en souviendront et en parleront en rentrant chez eux. Nous révélons leur part d’humanité », déclarait Éric AUBRY, le Directeur de la Paperie. « Il ne s’agit pas d’improvisation, mais d’une chorégraphie, préparée et répétée pour des lieux bien précis ».

Exécuté par la « compagnie P2BYM », du nom des deux danseurs Patrice DE BENEDITTI et YUI MISUHASHI, ce spectacle a été acheté par le centre des arts de la rue, lequel en assure la promotion lors d’interventions impromptues comme celle d’Angers.

« Ici les spectateurs ne sont pas convoqués (invités) au spectacle, contrairement aux Accroches-Cœurs. Cette œuvre contextuelle est suggérée, les gens sont surpris et s’arrêtent pour la regarder. Ils en garderont quelque chose, d’autant plus que pour eux ce n’était pas prévu », poursuit Éric AUBRY. La municipalité d’Angers et encore moins l’exploitant du tramway n’ont passé commande. Il s’agissait bien d’un spectacle non convoqué, réalisé à l’initiative de la Paperie pour faire descendre l’art où il devrait être : au cœur de la ville.

La « compagnie P2BYM » est marseillaise. Les deux danseurs effectuaient un triptyque chorégraphique appelé SOTO (dehors), inspiré des spectacles japonais, pays d’origine de la jeune danseuse. Ce spectacle est décliné en trois étapes : shûten (duo pour abri-bus), réalisé à la station de tramway Foch-Maison Bleue, ôdan-ôdo (duo pour passage piéton), sur le trottoir de l’hôtel de ville, et Akari-Ni (duo pour Réverbère), exécuté le matin, à 5h, ou à la tombée de la nuit, sous un réverbère.

La Paperie (Centre National des Arts de la Rue), située sur le site du même nom à Saint Barthélémy d’Anjou, assure depuis 2005, une mission d’État d’aide à la création en accueillant en résidence une douzaine de compagnies par an et en apportant un soutien financier. P2BYM était en résidence l’an dernier à la Paperie.

La Paperie qui compte parmi les 9 CNAR nationaux (centre national des arts de la rue) favorise la rencontre entre les artistes en cours de création, la population et les territoires, ainsi que les rapports entre les résidences délocalisées en Pays de Loire. Son objectif principal étant la reconnaissance et la qualification des arts de la rue du niveau local à l’international.

Pour en savoir plus : www.lapaperie.fr




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








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