Malika Glanny, pro du droit d'asile

Portraits de l'année (Mars)


Rédigé par - Angers, le 28/12/2014 - 07:00 / modifié le 02/01/2015 - 17:53


Ils ont marqué l'année 2014 en Anjou... et c'est la raison pour laquelle le mensuel Angers Mag a décidé de leur consacrer un portrait. "C'est qui celui-là ?", le titre dédié à la rubrique, explore ainsi d'une manière détournée ce que fut l'exercice qui s'achève, à travers une galerie de personnalités des mondes culturel, politique, social, économique ou sportif. En mars, nous avions rencontré Malika Glanny, la directrice de France Terre d'Asile en Maine-et-Loire



Malika Glanny, pro du droit d'asile
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C'était il y a un an. Annonçant à Angers Mag (#5) sa ferme intention de « faire sortir les déboutés » du droit d'asile des centres qui les accueillent dans le département, François Burdeyron, le préfet de Maine-et-Loire, avait provoqué son effet en menaçant de pénaliser financièrement les associations récalcitrantes. « Je peux concevoir leur conflit d'éthique mais l'Etat aussi a une éthique » avait-il justifié, pointant du doigt « les scrupules » des travailleurs sociaux. Émoi immédiat parmi les acteurs du dispositif d'accueil des réfugiés en Anjou, suspectés publiquement d'abriter en leur sein les responsables de sa saturation.

« On a eu le sentiment qu'on nous faisait porter le chapeau. Mais c'était mal nous connaître, on travaille bien ici avant tout dans le cadre du droit » assène Malika Glanny, en glissant sur la table 15 pages de rappel des règles de procédure et les principaux chiffres de la demande d'asile (1) dans le département. Pro d'entrée, la directrice de France Terre d'Asile.

Comme pour mieux baliser son champ de compétence et éviter tout malentendu. Non, au 2 rue Guillaume Lekeu, juste face au Soccaroo Centre, le temple angevin du football en salle, on ne frappe ni à la porte du Secours Populaire, ni à celle d'un squat. « France Terre d'Asile est une association missionnée par l'Etat pour accompagner une personne à partir du moment où elle est accueillie » rappelle sa responsable départementale.
 
« La prise de responsabilité ne m'a jamais effrayé. J'ai toujours pensé que lorsqu'on n'était pas satisfait, il fallait bouger, proposer plutôt que de rouspéter. »

Accueillir, comprendre, expliquer, accompagner. Qu'ils arrivent de Somalie ou du Soudan, comme beaucoup d'entre eux ces dernières années en Anjou, du Kosovo ou du Caucase, la mission de cette organisation laïque et indépendante, fondée en 1971, est la même pour chaque réfugié. Sa raison d'être ? Cultiver au mieux la tradition française de l'asile, « pour laquelle il ne devrait même pas y avoir débat », ajoute Malika Glanny. Militante ? Détrompons-nous là encore. Longs cheveux noirs bouclés, regard enveloppant et doux, cette nantaise d'origine, issue d'un milieu modeste – père martiniquais, se défend de tout engagement politique. « Je ne suis ni militante, ni passionnée » s'empresse-t-elle d'ailleurs de préciser. « C'est vrai. Pour remplir pleinement des fonctions de direction, elle ne peut pas l'être. Quand elle parle de son métier en revanche, elle est bien passionnée. C'est quelqu'un de solide aussi et qui ne part jamais du principe que les choses sont acquises » juge Elisabeth Desgarnier, une amie, avec qui elle vient d'achever et obtenir son diplôme de Directeur d'établissement de l'intervention sociale.

Délégué à la tutelle à 25 ans dans l'Eure, coordinatrice pour l'Union des associations familiales de Loire-Atlantique avant que de rejoindre France Terre d'Asile d'abord comme adjointe à Saumur, Malika Glanny ne voit spontanément que l'image de sa sœur, travailleuse sociale elle-aussi, de dix ans son ainée, pour éclairer son cheminement professionnel. Son goût de la relation et du travail en équipe aussi. « La prise de responsabilité ne m'a jamais effrayé. J'ai toujours pensé que lorsqu'on n'était pas satisfait, il fallait bouger, proposer plutôt que de rouspéter. »

« Elle est honnête, intègre et respectueuse des autres. Et donc sensible aussi, forcément », complète Géraldine Renault, une autre de ses proches. « Epicurienne », ajoute Malika Glanny, pour évoquer ce qui la fait vibrer en dehors du travail. « Lire, recevoir, cuisinier, faire du sport, écouter Dalida – « parce que c'est rigolo », Joe Dassin, Daho, le zouc, Muse, les Red Hot, le jazz manouche... Tout ce qui tombe, je prends ! ». Y compris les coups de gueule du préfet de Maine-et-Loire ? Il se murmure en préfecture que François Burdeyron "apprécie beaucoup cette jeune femme rigoureuse, convaincue, professionnelle et, en même temps, charmante". La réciproque est vraie. « J'ai découvert quelqu'un de super intelligent. Il s'est adouci. » Diplomate en plus.

(1) Passé de 330 en 2007 à plus de 900 en 2009, le nombre de demandes d'asile enregistrées en préfecture est redescendu à moins de 400.

Bio Express
1977. Naissance le 9 juillet à Nantes
1996. Baccalauréat ES
2001. Maitrise des Sciences et Techniques sur l'Intervention et le Développement Social.
2002. Déléguée à l'Association Tutélaire Départementale de l'Eure
2006. Directrice adjointe de France Terre d'Asile, responsable des établissements de Saumur.
2009. Directrice de France Terre d'Asile en Maine-et-Loire




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