Manif Loi Travail à Angers : les urgences sociales vous saluent bien !


Rédigé par Sébastien ROCHARD et Yannick SOURISSEAU - Angers, le 26/05/2016 - 16:20 / modifié le 27/05/2016 - 09:16


Ni plus, ni moins. La 8e manifestation d'opposition à la loi Travail / El Khomri, organisée jeudi matin à Angers, a réuni entre 1500 et 2000 personnes, un chiffre stable par rapport à la semaine passée. Elle a surtout marqué le point d'orgue d'une semaine sociale dense au point de vue local, matérialisée par la présence des personnels des Urgences du CHU, au premier rang du cortège.



Les personnels hospitaliers, notamment ceux des Urgences en grève, ont défilé en tête du cortège de la manifestation de ce mardi, qui a réuni 1 500 à 2 000 personnes.
Les personnels hospitaliers, notamment ceux des Urgences en grève, ont défilé en tête du cortège de la manifestation de ce mardi, qui a réuni 1 500 à 2 000 personnes.
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Les lycéens et étudiants concentrés sur leurs examens de fin d'année, les syndicats professionnels angevins ont (re)pris la direction des opérations dans la lutte contre la loi Travail. "Le mouvement a effectivement changé de locomotive, de moteur", illustrait en début de semaine Didier Testu, de l'Union locale CGT.

Restait à vérifier sur le pavé, si, amputé de "sa jeunesse", le mouvement n'allait pas manquer de carburant. Et les quelque 1 500 à 2 000 manifestants qui ont défilé ce jeudi matin de la place Leclerc au Ralliement, en faisant le désormais traditionnel petit détour par la rocade, ne permettent pas réellement de répondre à cette question.

Certes, la mobilisation angevine ne faiblit pas : le nombre de manifestants est stable par rapport à la semaine passée. Mais à contrario, elle n'augmente pas non plus, alors que la semaine sociale a été particulièrement riche, tant au niveau national que local. "La répression menée par le gouvernement" (Didier Testu) à l'endroit des syndicalistes bloquant les raffineries n'a pas amené plus de monde dans la rue. Pas plus que "le vécu de 2010" évoqué par Jean-Jacques Nicolaï (UD Force ouvrière) : "Lors du débat contre la réforme de retraites, nous avions souffert de ne pas avoir d'orientation claire dans la contestation. Aujourd'hui, c'est clair : ceux qui manifestent sont pour le retrait de la loi."

Quelle voie pour la contestation de la Loi Travail ? C'est l'attitude du gouvernement autant que la capacité de mobilisation des syndicats qui en décidera, à Angers comme ailleurs.
Quelle voie pour la contestation de la Loi Travail ? C'est l'attitude du gouvernement autant que la capacité de mobilisation des syndicats qui en décidera, à Angers comme ailleurs.
Une sortie qui visait évidemment le positionnement de la CFDT dans cette histoire. Un syndicat qui n'a pas plus été épargné, dans les slogans des manifestants, que François Hollande, Manuel Valls, mais également le maire d'Angers, Christophe Béchu ou le directeur du CHU d'Angers, Yann Bubien.
Les jeunes en examen, "le mouvement a effectivement changé de locomotive, de moteur" - Didier Testu (CGT)

On l'a dit : au-delà du blocage des raffineries, du mouvement naissant dans les transports et l'énergie, et du drapeau rouge agité par les principales organisations patronales (voir plus bas), la manifestation du jour est intervenue dans un contexte local tendu.
Ni les syndicats, ni les partis politique de la gauche de la gauche n'ont goûté la sortie médiatique du maire d'Angers, qualifiant à deux reprises de "prise d'otage" le mouvement en cours dans les raffineries.

La majorité municipale se trouve par ailleurs au centre d'un conflit à la Maison Pour Tous de Monplaisir : annoncée au début du printemps, la baisse de 10 % des subventions de la ville contraint, selon ses dirigeants, l'association à licencier deux de ses salariés. Une version à laquelle les salariés et leurs représentants s'opposent. Ce jeudi matin, ils ont grossi les rangs du cortège pour signifier leur mécontentement.

Au rayon politique toujours, le Parti socialiste, un mois après que son siège départemental a été tagué, a subi des dégradations en début de semaine. Dans un communiqué, le bureau fédéral du PS 49 condamne : "Une étape a été franchie par une intrusion et des dégradations matérielles de nos biens. En démocratie, les désaccords sont légitimes. La violence est inacceptable". Avant de poursuivre : "La condamnation claire de ces actes est indispensable de la part de tous ceux, forces politiques et syndicales, se voulant dans le camp de la démocratie. Aucun progrès ne peut résulter de violences physiques, il convient de le rappeler collectivement".

Chahuté, le directeur du CHU d'Angers, Yann Bubien, l'est aussi. Alors qu'il a présenté en fin de semaine passée un programme de construction monumental, notamment autour de nouvelles Urgences adultes (120 M€ d'investissement), une grève des Urgences prend racine depuis plusieurs jours, pour dénoncer les suppressions de postes dans ce service.
"Loi Travail ou suppressions de lits au CHU : nous sommes dans la même logique de restriction économique et de recul des droits"
Et symboliquement, l'intersyndicale organisatrice de la manif' avait choisi de positionner les personnels des Urgences et de l'établissement hospitalier, blouses blanches sur le dos, en tête de cortège. "Loi Travail ou suppressions de lits au CHU : nous sommes dans la même logique de restriction économique et de recul des droits", affirment les grévistes. "La suppression de 150 lits au CHU ou d'un des deux postes d'aides-soignants aux Urgences du lundi au vendredi, c'est le patient qui en pâtit. Et ces deux revendications ne pèsent pas lourd face aux 2,5 M€ de bénéfices affichés par le CHU d'Angers en 2015."

Tensions sociales, convergences de luttes... le climat angevin n'est pas apaisé mais reste tempéré. Dans les hauts parleurs d'un camion CGT, Noir Désir crache son "Homme pressé" à la face du capitalisme débridé. Les syndicalistes locaux, eux, ont compris depuis un moment qu'il leur faudra de la patience et du temps "pour gagner. Si on gagne", conclut l'un d'entre eux.

Carburant : les acteurs économiques s'inquiètent

Une station du Sud Loire, approvisionnée en journée et aussitôt prise d'assaut par les automobilistes.
Une station du Sud Loire, approvisionnée en journée et aussitôt prise d'assaut par les automobilistes.
Ce n’est pas encore Mad Max, le film d'anticipation de Georges Miller, sorti en 1979, dans lequel des grandes nations étaient entrées en guerre pour le pétrole. Mais ça pourrait s’en rapprocher. Devant les interminables files d’attente qui conduisent parfois à une fermeture anticipée des stations-services pour manque de carburant, les esprits s’échauffent.  Si certains soutiennent ceux qui bloquent les structures d’approvisionnement, d’autres invectivent, sur les réseaux sociaux, les dirigeants syndicaux qu’ils accusent de vouloir mettre en péril l’économie du pays. 

Estimant qu’il s’agit « d’une prise d’otages », le maire d’Angers, Christophe Béchu ( LR) demande au Premier ministre « d’agir sans plus tarder en faisant procéder au déblocage des dépôts de carburant, afin que la situation revienne au plus vite à la normale. Beaucoup d’Angevins ont  besoin de leur véhicule pour aller travailler. Mais ils ne sont plus en mesure de trouver de l’essence à Angers ou dans sa périphérie. De nombreux professionnels témoignent déjà de leurs difficultés à pouvoir exercer correctement leur activité ».

Reprenant les propos de chef de l’Etat au sujet des blocages de raffineries, Christophe Béchu s'adresse aux syndicats, estimant que « leurs actions sont le fait d’une minorité de salariés mais qui entrainent des difficultés d’approvisionnement dans des centaines de stations-service ».
« Si les blocages ne sont pas levés dans les plus brefs délais, les conséquences économiques seront désastreuses surtout pour les petites entreprises »
Du côté des confédérations patronales angevines (CGPME, FFB, FNTR, CNPA, UIMM, UMIH et MEDEF), l’inquiétude est partagée.  « Le blocage des raffineries qui risquent de s’étendre à la production électriques et aux transports, paralyse petit à petit l’économie. C’est insupportable et inacceptable », déclarent les représentants du patronat, dans un communiqué. « Si les blocages ne sont pas levés dans les plus brefs délais, les conséquences économiques seront désastreuses surtout pour les petites entreprises. Ils risquent de  donner un coup de grâce à une reprise économique naissante », poursuivent-ils, en signalant que des dossiers de chômage technique ont déjà été constitués dans certaines entreprises.
 
De son côté, La Préfecture de Maine-et-Loire, qui appelle a plus de civisme de la part des automobilistes, afin qu’ils évitent de stocker du carburant, pour le danger que ça présente et pour le risque de pénurie que ça entraîne, précise ce 26 mai que, sur les 174 stations-service que compte le Maine-et-Loire,  44 sont en rupture de carburant, 43 connaissent des difficultés partielles d'approvisionnement  et 4 sont réquisitionnées pour l'approvisionnement des véhicules des professions prioritaires.









1.Posté par olivier le 26/05/2016 18:19 (depuis mobile) | Alerter
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merci pour ces infos completes. par contre, vous oubliez de mentionner la presence d une dizaine de policiers casques avec bouclier. je n avais jamais vu cela angers. et cette presence a plutot echauffer les esprits. completement idiot !















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