Manif pour tous : la revoilà contre la GPA


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers, le 10/05/2016 - 21:15 / modifié le 11/05/2016 - 19:19


Deux ans après le mouvement contre la loi Taubira, une trentaine de militants de la Manif pour tous se sont réunis ce mardi, journée du souvenir de l’esclavage et de son abolition, afin de protester contre... la Gestation pour autrui.



Une trentaine de manifestants ont protesté contre la GPA et la circulaire Taubira.
Une trentaine de manifestants ont protesté contre la GPA et la circulaire Taubira.
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Depuis dix ans, le 10 mai est en France le jour du souvenir de l’esclavage et de son abolition. Une date instituée suite à la loi Taubira qui, cinq ans plus tôt, reconnaissait l’esclavage comme crime contre l’humanité. C’est cette date qu’ont choisi les partisans de la Manif pour tous pour se réunir, ce mardi, contre une toute autre forme d’esclavage et une autre loi Taubira… trois ans après la très forte mobilisation angevine contre le mariage pour tous (en janvier 2013, 1 700 manifestants avaient emprunté les 27 cars affrétés du Maine-et-Loire vers une manifestation parisienne) qui s'était achevée (tard) par la présence hebdomadaire de "veilleurs ", place du Ralliement puis place Michel Debré.

Les revoilà donc, mais moins nombreux : ils étaient une trentaine à s’être donné rendez-vous mardi à la mi-journée devant la Préfecture, pour protester contre la Gestation pour autrui (GPA), interdite en France. Pour Brigitte, militante au sein de la Manif pour tous depuis le début du mouvement, cette date a un sens : « La GPA est l’esclavage des temps modernes. Les femmes sont payées pour porter un enfant et on leur arrache dès sa naissance. En tant que mère, je trouve ça absolument abominable ».

Mais pourquoi manifester contre quelque-chose d'interdit ? Si le tract rose et bleu indique « Non à la GPA ! », il est aussi écrit, en même taille de caractères, « Non à la circulaire Taubira ! ». Un texte datant de janvier 2013, qui permet aux enfants nés à l’étranger d’un parent français et par le biais d’une GPA, d’obtenir la nationalité française. Pour Eric, cette circulaire « ne fait qu’encourager la GPA contrairement à la loi qui l’interdit. C’est un texte qui pousse à la consommation de GPA et non pas qui offre un statut à des pauvres enfants qui n’en auraient pas, puisque la loi française est très claire dans ce domaine : au bout de cinq ans, tout enfant vivant sur le sol français acquiert la nationalité française ».
 
"Il y a des barrières morales et éthiques qui sautent et cela laisse la porte ouverte à des choses tragiques pour l’humanité" - Pascal Gannat

« Ces enfants nés de GPA et qui vivent en France ont déjà un état civil à l’étranger. Ils ne sont pas inexistants, il n’y a aucun problème pour eux », reprend Laurence. « Quand on a défendu le mariage homme-femme, c’était sciemment, parce que l’on savait que derrière cela il y a avait la GPA, l’adoption d’enfants par des couples d’hommes ou de femmes. On ne voulait pas que la société prenne ce chemin là. C’est dangereux pour l’enfant ».

Egalement présent, Pascal Gannat, conseiller régional Front National, refuse « ce qu’on appellerait une location d’utérus. D’une certaine manière, c’est aussi réduire les enfants à l’état de choses, puisqu’on les achète ». « Pour l’instant on s’adresse à des femmes du tiers monde mais qu’est-ce qui prouve qu’un jour des femmes en état de difficultés financières en France n’accepteront pas les mêmes choses ? Même si c’est aussi grave pour les femmes du tiers monde que pour les femmes de France. D’autre part, imaginons un jour que cette technique soit prise en charge par l’Etat, comme on l’a vu en Chine où l’on obligeait des femmes à avorter de leur deuxième enfant. Aujourd’hui, nous sommes en démocratie mais est-ce qu’un jour on n’obligera pas les femmes à porter des enfants dont elles ne veulent pas, dans une société totalitaire qui n’existe pas, mais l’histoire est toujours terrible. Je pense qu’il y a des barrières morales et éthiques qui sautent et que cela laisse la porte ouverte à des choses tragiques pour l’humanité ».

Les militants devaient déposer une lettre à la préfète Béatrice Abollivier, à 13 heures. Cette mobilisation - qui a eu lieu au niveau national - intervient deux semaines après la suspension par la Région d'une subvention à un festival de cinéma nantais, organisé par un centre LGBT (Lesbien-gay-bi-trans). Bruno Retailleau, le président du Conseil régional, avait justifié sa décision au motif que l'association faisait "la promotion de la GPA". Sur son site internet, le festival Cinépride avait précisé que "durant les 5 dernières années, qui correspondent à l’activité de l’équipe actuelle, nous n’avons pas diffusé de film sur la GPA."












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