Marc Goua : « nous sommes menacés, mais nous avons des opportunités »


Rédigé par - Angers, le 11/01/2014 - 11:52 / modifié le 11/01/2014 - 20:59


Mais qu’est-ce qui fait courir Marc Goua, le député-maire de Trélazé ? Rempilant pour un quatrième mandat, cet élu autant présent à l’Assemblée Nationale qu’à sa mairie s’est lancé dans un discours très politique lors des vœux adressés ce jeudi soir à ses concitoyens.



Marc Goua, sur la scène de l’Arena Loire, en compagnie de Jurgen Kappelstein, le maire de Ketsch et du Conseil municipal de Trélazé
Marc Goua, sur la scène de l’Arena Loire, en compagnie de Jurgen Kappelstein, le maire de Ketsch et du Conseil municipal de Trélazé
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Visiblement, Marc Goua n’est pas de ceux qui voudraient faire croire que tout va bien, quand chacun sait que tout va mal. Jeudi soir, à l’Arena Loire lors de la traditionnelle cérémonie des vœux, le député-maire entouré de son Conseil municipal a dressé un bilan sans concession de la situation économique locale et internationale. Membre de la commission des finances à l’Assemblée Nationale, il sait de quoi il parle.

Accompagné de Jurgen Kappelstein, le maire de Ketsch (Allemagne), ville jumelle de Trélazé, Marc Goua a d'abord remercié son équipe et notamment ceux qui ont décidé de ne pas poursuivre l’aventure municipale à ses côtés pour « le travail accompli et l’audace dont ils ont fait preuve pour mener à bien la transformation de notre commune. Et je vous assure que par moment il faut avoir la moelle ».

Et il en faut de l’audace pour servir aux côtés de ce maire, travailleur infatigable, qui briguera, malgré les difficultés que rencontre sa ville, un quatrième mandat. « Trélazé est à un moment crucial, car la stratégie définie et les investissements réalisés au cours des dernières années impliquent un pilotage précis », affirmait Marc Goua lors de sa déclaration de candidature.

Se félicitant du succès populaire du Festival estival qui attire chaque année des milliers de spectateurs grâce à un plateau de vedettes internationales qui permet à chacun d’y trouver son compte, le maire de Trélazé a également remercié les entreprises partenaires qui l'aident à monter et promouvoir cet événement. « Grâce à ce partenariat vous faites du business, créateur de richesses et d’emplois ce dont nous avons tous besoin en ces temps difficiles », disait-il aux chefs d’entreprise présents dans la salle.

« Mais avant de dessiner l’avenir tel que je l’imagine je me dois d’évoquer les graves soucis que connaît notre industrie ardoisière », poursuivait Marc Goua. « Cette industrie a façonné notre ville, contraint notre urbanisme, créé une sociologie particulière et une identité forte, une population cosmopolite et solidaire avec toute sa richesse ».


« La situation des ardoisière éclipse tous les autre événements de la commune »

Déclarant avoir obtenu l’accord du Préfet et du ministre du redressement productif, pour « l’intervention d’un cabinet spécialisé capable de réaliser une étude sérieuse et objective » sur les capacités de production d’ardoise de Trélazé, l’élu a montré qu’il plaçait ce sinistre industriel en tête de ses priorités. « Il est évident que cette situation éclipse tous les autres événements que notre commune a connus au cours de l’année et conditionne notre avenir. Il faut que l’aventure ardoisière perdure ».

Pour introduire la partie politique de son discours Marc Goua a tenu à citer quelques événements internationaux de nature très différente qui « pèseront », selon lui, « sur le destin du monde ». Parmi ces événements l’élection d’un nouveau pape « qui semble faire bouger les lignes » et la réussite de la Chine dans la conquête spatiale. « Ces deux événements sans liens aucuns sont les marqueurs d’un monde qui change avec plus près de nous l’instauration d’un SMIC en Allemagne qui pourrait rééquilibrer les économies européennes et nous donner de nouvelles perspectives ».

Marc Goua, Européen convaincu et solidaire des grandes causes qui agitent le monde, ne pouvait pas poursuivre sans rappeler la disparition de Nelson Mandela, en souhaitant que « son message de paix et de fraternité soit mis en pratique partout dans le monde ».

« Mais ce qui vous importe c'est ce qui va se passer demain et vous avez raison », poursuivait le maire. « Dès 2008 je vous avait annoncé que nous ne vivions pas une crise passagère, mais que nous étions face à une profonde mutation du monde, désormais globalisé. Je vous prie de m’excuser d’avoir eu raison ».


« Construire un projet fédérateur, porteur d’espérance pour notre jeunesse ».

Le député n'a pas fait mystère de la situation de la France et de l’Europe. « Nous vivons dans une période de turbulence forte et le temps où notre pays fondait son avenir sur la spoliation des richesses extérieures est révolu. Nos pays, nos dirigeants (dont il fait partie) se sont endormis en faisant croire que tout allait bien ».

Et de poursuivre : « la France a perdu en 30 ans 36% de ses emplois industriels et près de 2 millions d’emplois. Je crois que nous sommes à un tournant de notre histoire contemporaine et le temps nous est compté ».

Citant Pierre Mendès France qui disait « que les comptes en désordre sont la marque des nations qui s’abandonnent », Marc Goua s’est attaché à redonner confiance à ses concitoyens, même s’il ne leur a pas caché que les temps seraient difficiles.

« Nous sommes menacés, mais nous avons de formidables opportunités. A nous de les saisir, en réparant les erreurs du passé ». Paraphrasant Winston Churchill qui disait « qu’il n’avait rien d’autre à offrir que des larmes, du sang et de la sueur », Marc Goua qui n'a pas plus à offrir, a affirmé qu’il fallait « du courage politique pour dire la vérité, fixer un cap et s’y tenir coute que coute, en ayant une vision d’avenir et en s’exonérant des ambitions politiques et carriéristes qui ne doivent pas avoir cours en cette période ».

Pour le maire il ne fait aucun doute qu’il faut désormais « construire un projet fédérateur, porteur d’espérance pour notre jeunesse qui implique une répartition plus équitable de nos richesses en nous mobilisant tous, y compris ici dans notre agglomération, en dehors des querelles stériles et partisanes ».

Promettant de ne pas augmenter les impôts locaux, malgré les charges qui pèsent sur sa commune, Marc Goua qui ambitionne, selon ses proches, la présidence de l’agglo d’Angers, a terminé son discours économique et politique par la présentation des artistes de poids qui ouvriront et clôtureront le prochain festival estival, à savoir Simple Minds et Tomes Jones. « Malgré les difficultés qu’il ne faut pas se cacher, nous sommes toujours aussi audacieux et nous croyons que la chance et la réussite ça se construit », a conclu le maire avant d'inviter ses concitoyens au verre de l'amitié.




Yannick Sourisseau
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