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Festival d'Anjou

Marivaux mène la vie dure aux préjugés sociaux


Par - le 8 Juillet 2010 à 09:28

Mercredi soir, au festival d'Anjou, dans le cadre du concours des Compagnies, le château de la Perrière, à Avrillé (près d’Angers) accueillait « Le préjugé vaincu », de Marivaux, magistralement interprété par la compagnie de théâtre du Temps pluriel, et mise en scène par Jean-Luc Revol.



Marivaux mène la vie dure aux préjugés sociaux
Toile tendue représentant un ciel orné de nuages, tapis vert pelouse et entourage de porte doré : on dirait un tableau de Magritte. Mais non, il s’agit là du décor de la pièce Le préjugé vaincu, mise en scène par Jean-Luc Revol, transposée dans les années 50.

L’histoire se déroule dans un château de l’aristocratie, où Angélique, jeune bourgeoise, aidée de sa mère, Madame la Marquise, cherche un mari de bonne naissance, fortuné, ayant un titre. Arrive alors au château, Dorante, jeune parisien riche, mais sans titre, follement amoureux d’Angélique. Lisette, suivante dévouée d’Angélique, et Lépine, fidèle valet de Dorante, monte alors un stratagème afin d’unir Angélique et Dorante, par delà leur condition sociale. Les préjugés sociaux ont la vie dure, mais l’amour remporte la partie !

Le spectacle s’ouvre sur un air de Mambo italien et l’entrée d’une Lisette surprenante, cheveux courts et rouges, suivie de près par un Lépine en costume de groom à la Spirou. Le ton est donné : modernisme, côté décor et costume, l’œuvre de Marivaux fait un saut dans le temps de deux siècles.

Marivaux mène la vie dure aux préjugés sociaux
Ambiance colorée, la Marquise vêtue de rose des pieds à la tête, sa fille Angélique en robe à froufrous jaunes, Dorante et sa veste turquoise, semblent représenter leur rang, par la couleur de leur costume, contrairement à Lisette et Lépine, habillés de noir, blanc ou bordeaux, couleurs beaucoup plus discrètes.

Le texte quant à lui, est repris intégralement, jusqu’au patois utilisé par Lisette, très justement répliqué par Anne-Laure Pons, qui campe une servante dynamique, déterminée et attachée, plus que tout au monde, au bonheur de sa maîtresse, Angélique. Les personnages, bien que transposés à une autre époque, garde leur charme et leur caractéristique qui donne toute la force de cette pièce.

Enfin, la danse apporte une autre dimension à la pièce, plus légère, plus festive. Profitant de l’absence de leurs maîtres, Lisette et Lépine entame un mambo comique, à l’aide des vinyles posés sur un coin de la scène, avant d’être surpris pas Dorante, venu aux nouvelles.

Les spectateurs ne s’y sont pas trompés, cette pièce était fort sympathique et musicale. Après trois saluts, face à un public très enthousiaste, et devant tant de félicitations et de bravos criés depuis l’assemblée, les comédiens sont revenus de l’arrière scène, pour une ultime chorégraphie, et un dernier salut.




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