Maxime Lacroix, l’échappée angevine... jusqu'au titre ?


Rédigé par - Angers le Mardi 22 Mars 2016 à 08:14


Il y a un mois, à la veille du premier tour de playoffs de la Ligue Magnus, nous étions allés à la rencontre de Maxime Lacroix. Le hockeyeur québécois, qui dispute sa première saison sous le maillot des Ducs, a depuis été présélectionné en équipe France, dans l'optique des Championnats du Monde Elite qui se disputeront du 4 au 22 mai en Russie. Meilleur pointeur de la saison régulière, il a conservé son niveau de performance durant les phases finales, inscrivant notamment un doublé lors du match décisif disputé dimanche soir à Epinal. En finale de Ligue Magnus, les Ducs retrouvent à partir de ce soir le club de Rouen, qui comptait dans ses rangs, la saison passée, un certain Maxime Lacroix. Portrait...



Maxime Lacroix, ici à la patinoire du Haras, dispute actuellement les demi-finales des playoffs de Ligue Magnus, avec les Ducs d'Angers. Match 3 et 4 ce soir, sur les bords de Maine.
Maxime Lacroix, ici à la patinoire du Haras, dispute actuellement les demi-finales des playoffs de Ligue Magnus, avec les Ducs d'Angers. Match 3 et 4 ce soir, sur les bords de Maine.
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On appelle ça une galère. Ou un calvaire : depuis les rives du fleuve Saint-Laurent, jusqu’à la Haute-Ville de Québec, voilà près de 150 ans que ses marches désormais en bois se posent comme un défi aux athlètes de tous crin. C’est l’escalier du Cap Blanc : 398 marches (le plus long du Québec), des paliers de récupération pour les joggeurs en souffrance, une déclivité à faire pâlir un descendeur…

Seulement voilà, Maxime Lacroix, hockeyeur franco-québecois de son état, vous présenterait presque cela comme une carte postale de son chez lui, une promenade de santé maintes fois avalée, avant même le petit déjeuner. « Quand j’ai dit à mon père que je voulais vivre du hockey, je devais avoir 13 ans. Il m’a répondu : « Ok ! Mais il va falloir que tu sois plus en forme et plus sérieux que les autres ». Gamin, je n’étais pas un joueur dominant, je n’ai jamais été meilleur que les autres. Ma carrière, je l’ai construite et la construis encore sur le travail. »

« C’est un professionnel de A à Z, avec une éthique de travail très forte », complète Jean-François Jodoin, son entraîneur aux Ducs. « Max est un leader par l’exemple, aux entraînements et en match ».

Le -désormais- fameux escalier du Cap Blanc, à Québec, où Maxime aime à s'entraîner...
Le -désormais- fameux escalier du Cap Blanc, à Québec, où Maxime aime à s'entraîner...
Voilà de quel bois est fait le jeune homme de 29 ans qui se présente à nous, ce jeudi matin, à la veille du premier tour de play-offs des Ducs d’Angers  : une mentalité nord-américaine de combattant, une détermination si forte qu’elle transforme tout effort en plaisir. Avec ses faux-airs de Matt Damon (époque Jason Bourne), Maxime Lacroix en impose, autant par son discours posé que par les stats qu’ils alignent depuis son arrivée sur les bords de Maine, au début de la saison en cours : il est tout simplement le meilleur pointeur (buts+passes décisives pour faire simple) de la saison régulière de Ligue Magnus.
"Gamin, je n’étais pas un joueur dominant, je n’ai jamais été meilleur que les autres. Ma carrière, je l’ai construite et la construis encore sur le travail"

Et cette notion de « plaisir » qui revient, à l’heure d’évoquer sa situation actuelle. « J’ai été très bien accueilli ici, notamment par les Français de l’équipe, après une saison difficile à Rouen. Ce qui se passe dans les vestiaires se sent une fois sur la glace. J’aime venir à l’arena. »

Illustration par l’exemple avec la ligne d’attaque qu’il forme avec Robin Gaborit et Yannick Riendeau, malgré l’arrivée tardive de ce dernier dans le groupe. « Je ne sais pas pourquoi, mais il y a tout de suite eu une grande complicité avec Max, en dehors et sur la glace », détaille Yannick Riendeau. « C’est un type que tout le monde aime bien dans la chambre », poursuit le Québecois, discret, mais qui lache quelques blagues au bon moment pour détendre l’atmosphère. Max ne s’arrache pas la tête pour rien… »

Joueur polyvalent, fou de hockey –« je ne suis pas un goon (comprendre un bagarreur) »- Maxime a posé ses valises en Europe en 2012, après des années junior plus que correctes mais compliquées en Amérique du Nord. « J’étais entre deux eaux : un joueur dominant dans l’équivalent de la 3e division mais peu utilisé en 2e division. Je quittais parfois la maison pour 3 ou 4 jours pour jouer 2 minutes. Il a fallu faire un choix. »

Et chez les Lacroix, les choix se font en fonction de la famille, une vertu cardinale. Avec son épouse Roxann, il rejoint le Danemark, puis le Royaume Uni, avant la France. Un retour aux sources ? « Presque, j’ai vécu ici avec ma famille de 2 mois à 6 ans », se souvient Maxime. Dans les patins de papa, Pierre Lacroix, hockeyeur de haut niveau à la carrière brisée par un accident de la route. « Mon père a joué pour Viry-Châtillon, Villard-de-Lans puis Tours. Toute la famille a obtenu le passeport franco-canadien, à l’époque ».

Une histoire familiale qui trouve un écho tout particulier aujourd’hui. Et explique en partie pourquoi Maxime a tenté l’aventure de la Ligue Magnus, alors qu’il pourrait prétendre à des championnats européens un brin plus relevés. Les textes imposent de disputer deux saisons complètes dans des clubs de l’Hexagone pour pouvoir porter le maillot tricolore. L’équipe de France, les championnats du Monde en Russie, au mois de mai, puis le rêve olympique. « Max est notre attaquant n°1, et qui travaille beaucoup dans les deux sens. Il a clairement le profil et le potentiel pour intégrer l’équipe de France », soutient le capitaine angevin, Julien Albert. Tellement vrai, que Maxime a appris il y a dix jours sa présélection en Equipe de France, pour une série de matches de préparation.

« Les Bleus, c'est un objectif », assume Maxime, pour qui les décisions se prennent désormais à 4 : sa femme Roxann, et ses deux enfants Jacob (20 mois) et Emma (3 mois). « C’est la première chose à laquelle je réfléchis. Après ma carrière, ma vie est à Québec, où nous avons une maison et Roxann un emploi ». Il sera alors encore temps d’aller défier l’escalier du Cap Blanc…

La finale de Ligue Magnus débute ce mardi soir et mercredi, par deux matchs à la patinoire du Haras, avant de rallier Rouen.

Maxime Lacroix, l’échappée angevine... jusqu'au titre ?
Maxime Lacroix
Né le 5 juin 1987 à Québec
 
2004. Joueur des Remparts dans la Ligue de hockey junior majeur.

2009. Passe professionnel avec les Bears de Hershey

2012. Rejoint l’Europe. D’abord le Danemark, puis l’Angleterre, avant de rejoindre les Dragons de Rouen, en 2014.

2014. Il se marie à Roxann, puis devient papa d’un petit Jacob, quelques jours après. Emma est née elle le 6 janvier dernier.

2015. En juin, Maxime signe aux Ducs d’Angers. Il est le meilleur pointeur de la saison régulière de Ligue Magnus.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur

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