Metayer n’a pas raté une seule des 39 marches d’Hitchcock


Rédigé par - Angers, le 21/06/2011 - 10:41 / modifié le 21/06/2011 - 11:16


Pas évident de mettre sur les planches un film de Hitchcock. Pour ne pas tomber dans la pâle copie, il fallait transgresser les codes du suspense dont le réalisateur britanno-américain s’était fait une spécialité. Un travail titanesque pour certains, pas pour Eric Metayer, qui en fait une pièce complètement décalée qui tient le spectateur en haleine jusqu’au bout comme dans un film d’Hitchcock.



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L’action se situe à Londres chez un certain Richard Hannay, un canadien qui, pour tuer l’ennui, décide d’aller au spectacle voir un certain Mr Memory, lequel répond aux questions les plus saugrenues de l’assistance. Mais, sa vie sera bousculée par Mrs Smith, laquelle se présente comme un agent des services secrets, poursuivie par des tueurs.

Mr Hannay n’en croit pas un mot et pense qu’il s’agit d’une paranoïaque. Mais l’espionne se fait assassiner dans son fauteuil en lui délivrant la liste d’un réseau baptisé « les 39 marches ». Hannay qui ne peut expliquer ce meurtre est immédiatement considéré comme un assassin, il s’enfuit vers l’Ecosse, entraînant tous ceux qu’il croise dans des aventures toutes plus délirantes les unes que les autres.

Adapté du roman de John Buchan, en 1935 par le grand Alfred Hitchcock, le film « les 39 marches » était bien un thriller dont le célébrissime réalisateur avait le secret. Eric Metayer, tout en gardant le coté film d’espionnage, en fait une œuvre burlesque qui, tout en ayant la couleur hitchcockienne, en a perdu le goût. Mais qu’importe puisque transposer Hitchcock au théâtre était une mission quasi impossible alors, plutôt que d’essayer de donner froid dans le dos, autant faire dans le complètement loufoque en faisant rire, jusqu’aux larmes tout de même.

Le faux coupable omniprésent dans les films de Hitchcock, individu ordinaire qui se retrouve dans des situations toutes plus extraordinaires que les autres, sert de trame à la pièce comique d’Eric Metayer. Ce sont les situations dans lesquelles se retrouve le personnage principal qu’il tourne en dérision, dans le texte, le jeu des comédiens et le déplacement des décors sur la scène. Tout est prétexte à rire, comme par exemple dans la gare lorsqu’il est tour à tour passager du train, policier et vendeur de journaux, en alternant rapidement les couvre-chefs.

Le plus difficile dans cette pièce c’est certainement de maintenir le rythme. Et on ne s’ennuie pas une seconde, Metayer et son équipe développant des trésors d’imagination pour mettre l’ensemble en mouvement presque comme dans un film d’Hitchcock. Les décors, trop grands, trop petits, fait d’une seule porte que l’on fait tourner pour simuler l’entrée ou la sortie, les ombres chinoises, le vent de la lande écossaise qui souffle brusquement lorsque la porte s’ouvre, l’écharpe qui flotte en moto ou la traversée d’un torrent, tout est animé par des accessoiristes s’intégrant dans le décor.

La mécanique est tellement bien huilée que l’on ne sait plus si l’on regarde la pièce, ou si l’on assiste à la répétition. Les comédiens s’adressent aux accessoiristes, « dégage je t’ai assez vu », ou prennent à partie les spectateurs : « Si je suis élu, je rase le Plessis-Macé, je construis un autre tramway et je fais élire Nicolas Briançon comme maire », s'exclame le héros alors candidat malgré lui d'une élection écossaise, adaptation au public essentiellement angevin. C’est tellement amusant que ça en devient jubilatoire.

En vrai transformiste de la scène, le digne fils de l’humoriste Alex Metayer, endosse plus de 70 rôles sur les 150 qui défilent pendant la pièce, interprétant tous les bruitages et même ceux des animaux domestiques, comme celui du chat en peluche posé sur ses genoux. Du grand art. Mais il en laisse aussi à ses collègues tous aussi prodigieux que lui, Jean-Philippe Bèche, Andréa Bescond et Christophe Laubion, lesquels, comme Metayer ne sont pas avares d’anachronisme, jeux de mots et de scène y compris les clins d’œil à Hitchcock. D’ailleurs ce dernier qui ne manquait pas d’humour, aurait certainement apprécié les 39 marches façon Eric Metayer et gageons que, comme le public, il se serait beaucoup amusé.

Les « 39 marches » ont obtenu le Molière 2010 de la Pièce comique. Pas étonnant…




Yannick Sourisseau
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