Michel Bouquet : un immense talent.


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 25/06/2009 - 14:52 / modifié le 30/06/2009 - 14:34


Après avoir joué l’Avare, au Plessis Macé, en 2007, Michel Bouquet est de nouveau sur les planches du Festival d’Anjou, pour un rôle qui lui va à la perfection : Le malade imaginaire de Molière. Même si ce monstre sacré du théâtre et du cinéma, accuse le poids des ans, son interprétation reste une solide performance, saluée unanimement par le public présent au Château de Brissac.



Argan et sa fille Angélique pendant la présentation de Thomas Diafoirus
Argan et sa fille Angélique pendant la présentation de Thomas Diafoirus
Qui ne connaît pas l’histoire du Malade Imaginaire ? A un moment ou un autre nous avons tous lu ou vu cette comédie, la dernière écrite par Molière, lequel serait même mort, à l’age de 51 ans, pendant l’une des représentations. L’intrigue voulue par Molière est simple, mais diablement efficace, surtout quand le personnage principal, Argan, est finement interprété par un Michel Bouquet encore fringant.

Le Malade Imaginaire met en scène : Argan (Michel Bouquet), un vieux bourgeois qui se croit malade sans l’être vraiment ; sa femme Béline (Vanessa Fonte) très attentive, qui n’attend que sa mort pour hériter; Angélique, sa fille(Sara Llorca) amoureuse de Cléante (Sylvain Machac), mais que le père voudrait marier à Thomas Diafoirus (Pierre Val), fils de médecin et futur médecin, par intérêt personnel; ainsi qu’une compagnie de médecins qui se succèdent à son chevet pour lui procurer remèdes et purges placebo, dans le seul but de lui soutirer de l’argent. Sur les conseils de Toinette (Juliette Carré-Bouquet), sa servante, Argan feindra la mort, pour confondre sa femme et la déshériter du même coup, et surtout comprendre que la seule personne honnête est sa fille Angélique. Sur les conseils de son frère, Béralde (Pierre-Alain Chapuis), Argan sera intronisé médecin au cours d’une cérémonie burlesque organisée par les médecins de la place en robes blanches et gants de latex. Angélique qui échappe au couvent, tombera dans les bras de Cléante.

Les comédiens ont évolué dans un décor monumental, mais sobre, dans lequel était installée une grande armoire à pharmacie avec un astucieux miroir permettant, par illusion d’optique, d’en augmenter la taille. Ce décor, tout en profondeur, ne facilitait pas la vue des spectateurs assis sur les parties extrêmes des gradins, notamment lors du final d’intronisation. Fort heureusement la majeure partie de la pièce se déroule sur l’avant de la scène.

«Il y a de l’expérience derrière tout ça. Sacré bonhomme, malgré son âge (84 ans), les neurones fonctionnent encore très bien. » disait un spectateur à l’issue de la pièce d’une durée de 2h30. Il est vrai que Michel Bouquet tient dans cette pièce un rôle taillé sur mesure, pour lequel il n’avait pas vraiment à forcer son immense talent. Tantôt cruel, mesquin, manipulateur ou manipulé, tyran, roublard le comédien savourait pleinement de jouer devant un public tout acquis à sa cause. Le sourire malicieux et jubilatoire affiché lors du salut final attestait de la réelle satisfaction du comédien.

Même si certaines scènes sont parfois un peu longues, cette comédie de mœurs décapante égratigne les pouvoirs en place avec affairistes véreux, comme le notaire (Sébastien Rognoni) et des personnages fourbes comme Béline, les médecins et apothicaires, des scènes encore d’actualité, où tous les comédiens et notamment Toinette, sont à la hauteur du maître des lieux.

En fin de spectacle, les 1700 spectateurs ont ovationné Michel Bouquet et toute la troupe, en applaudissant à tout rompre, preuve s’il en est que le spectacle répondait aux attentes du public.

A noter que Michel Bouquet a déjà joué le Malade Imaginaire, dans le cadre du Festival d’Anjou, en 1987, au château de Montgeoffroy à Mazé.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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