Michel Leeb, Homme orchestre aux talents multiples


Rédigé par - Angers, le 01/07/2011 - 22:45 / modifié le 04/06/2012 - 00:51


Le public connaît Michel Leeb plus particulièrement pour ses talents d’humoriste et de fin imitateur, mais derrière le clown se cachent d’autres talents qui font de lui un artiste complet. La preuve notamment avec le Hilarmonic show, actuellement en tournée, qui a fait une halte au château du Plessis-Macé, les 21 et 22 juin dernier.



"Ce spectacle, qui permet au gens de découvrir le classique par le biais de l’humour, est ce qui me fait le plus jubiler dans tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant !"
"Ce spectacle, qui permet au gens de découvrir le classique par le biais de l’humour, est ce qui me fait le plus jubiler dans tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant !"
Comédien, humoriste, imitateur, clown, chanteur, musicien et moins connu, professeur de philosophie : rencontre avec un maître dans l’art du rire.

Eglantine RS : Comment est venu l’idée d’allier musique classique et humour ?
Michel Leeb : Au fil des répétitions, la musique classique a peu à peu inspiré les sketchs. Dans ce spectacle, j’injecte des sketchs, des parodies, des imitations, de la danse, du cirque, toutes sortes de choses que j’aime faire. Et le mariage entre les deux (ndlr : musique classique et humour) était possible dans ma tête. Même si ce n’est pas quelque chose qu’on est très habitué à faire en France, j’ai pris le risque, et c’est un cadeau formidable de voir que cela fonctionne auprès du public.

L’univers de la musique classique est quelque chose d’assez pompeux, solennel, difficile d’accès pour le grand public. Alors je me suis dit, au fond, est-ce que, à travers l’humour, on ne pourrait pas donner accès à ce public à une forme musicale qui est essentielle, formidable, passionnante, foisonnante et essayer de monter les choses comme ça. Bien sur dans la salle, il y a des gens qui viennent voir Michel Leeb pour s’amuser, et qui à travers toutes les formes d’humour possible, accèdent à une musique qu’ils ne connaissent pas vraiment. D’ailleurs, souvent à la fin du spectacle des gens viennent me voir en me disant qu’ils n’ont jamais assisté à un spectacle de musique classique, et qu’ils y retourneront. Parce que on a envie de mieux connaître Bach, Mozart.


ERS : Comment ont été choisis les morceaux ?
ML : Avec Cyril Diederich, le chef d’orchestre qui m’a appris à diriger, on a cherché les « tubes », parce que ce sont des tubes en fait : la 5ème (ndlr : symphonie) de Beethoven, Carmen, l’Arlésienne, le thème de Rossini. Ce sont des thèmes très connus : qui ne connaît pas la 5ème de Beethoven ! L’objectif était de faire quelque chose d’accessible à l’oreille du grand public, et parsemer tout ce spectacle de moments comiques.

C’est un grand défouloir, parce que paradoxalement, il y a une grande liberté.

Le fait de la présence de 50 musiciens, on pourrait imaginer qu’il faut que tout soit au carré et que c’est un carcan, mais pas du tout. Ce qui est formidable, c’est que les pauses entre les thèmes, me laissent libre cours à l’imagination. Les musiciens jouent le jeu complètement avec moi, ils participent. Au contraire ils en reveulent, donc je leur en redonne.
Quand ils jouent, ils sont très concentrés, mais quand ils ne jouent plus, ils sont au spectacle aussi, donc je fais aussi des choses pour eux. Pour qu’on ne tombe jamais dans la routine, j’injecte constamment des gags d’improvisation, ce qui fait que ça réveille les musiciens quand ils ont une petite tendance à s’assoupir un peu. Une complicité s’est installée avec l’orchestre, c’est très agréable, et quand les musiciens rigolent, ils sont à ce moment là réellement spectateur.


ERS : Pourquoi cette envie de changer, de créé un nouveau style d’humour finalement ?
ML : Aujourd’hui c’est la mode du stand up, ça vient des États-Unis, il faut essayer de faire autre chose, sortir de ce qu’on a l’habitude de voir. C’était un challenge de partir sur les routes avec cinquante musiciens, et il se trouve que ça a formidablement bien marché jusqu’à maintenant donc je vais aller jusqu’au mois de décembre et ça fera deux ans d’exploitation. (ndlr : le Hilarmonic show est né il y a ans avec le concert Philharmonique d’Avignon).

La tournée en France a démarré il y a un an. Je me suis arrêté à Paris, où j’ai fait le théâtre Marigny, Comédia et je suis reparti en tournée. Là je pars au Canada l’année prochaine et je jouerais avec l’orchestre philharmonique de Montréal, j’ai également une possibilité pour jouer à Pékin et à Shangaï, parce que des chinois sont venus voir le spectacle. Ce serait pour l’été 2012.

Donc tout ça c’est très amusant parce que je ne m’attendais pas à ce qu’on dépasse la porte d’Orléans, et on se retrouve à Hong-Kong avec des philarmoniques locaux. En fait, on répète deux semaines avec l’orchestre local et puis on roule. Le Paris Symphonic Orchestra me suit pour la tournée en France, Belgique et Suisse.


ERS : Jouer en plein air avec 50 musiciens, dont de nombreux instruments à corde, est-ce plus difficile ?
ML : J’appréhendais un peu le plein air, parce qu’on est dérangé par plein de choses, le temps, le vent ou encore la pluie. On est perturbé, on est un peu inquiet de ce qui peut se passer naturellement. Et finalement, ça s’est très bien passé et ça a fonctionné exactement comme dans une salle normale.

ERS : Les imitations présentes dans ce spectacle sont-elles susceptibles d’évoluer ?
ML : Oui, je vais les rajeunir un peu, car effectivement il y a des voix très connues, mais anciennes (ndlr : que les fans se rassurent, Fernandel restera dans le show), c’est une question de génération.

ERS :Avez-vous des projets en cours ou à venir ?
ML : Je vais reprendre, à Paris, de janvier à mai 2012, un spectacle que j’avais déjà donné qui s’appelle « Qu’est ce que le sexe ? », qui décrit la sexualité masculine, sous la forme d’un cours magistral sur le sexe. C’est très bien, amusant, grivois et rabelaisien. C’est bon enfant !

Cet été, on tourne à côté de Versailles, Marseille et ensuite à la rentrée, on repart sur les routes jusqu’en décembre. Je serais à Rennes, à Nantes et au Mans, au mois de novembre.
+ juin juillet l’année prochaine


ERS : Qu’avez-vous pensé du public angevin ?
ML : C’est un public extrêmement dynamique et qui vous donne une énergie incroyable. Pour moi, Angers est une ville souvenir, où j’ai donné des spectacles il y a une vingtaine d’années. Et j’avais créé dans les années 76-77, les Lys d’or d’Angers, un radio crochet créé avec le directeur d’une discothèque d’ici, Le Pacha. Pendant les trois mois d’été, j’animais cette soirée chaque week-end et Guy Lux était venu pour la clôture. Ca a été phénoménal ! Ca a tellement bien marché qu’on n’a fait qu’une saison. (ndlr : rires)



















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