Michel Piron : "Il y a rien de pire que l'incantation sans action"


Rédigé par - Angers, le 06/01/2016 - 17:07 / modifié le 07/01/2016 - 16:52


"Plus d'Europe, plus de régions", "plus d'action, moins d'incantation. A l'heure des voeux, le député centriste de Maine-et-Loire a tenu à en apporter la garantie mercredi à Angers lors d'une rencontre avec la presse : depuis le 1er janvier, ses convictions n'ont pas changé. Une preuve ? Il briguera de nouveau la présidence départementale de l'UDI au printemps prochain. En attendant de décrocher de l'Assemblée nationale en 2017.



Michel Piron a confirmé mercredi qu'il serait candidat à la présidence départementale de l'UDI au printemps.
Michel Piron a confirmé mercredi qu'il serait candidat à la présidence départementale de l'UDI au printemps.
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Au soir du 2e tour des élections régionales en décembre, on avait quitté Michel Piron dans les salons de la préfecture, "très content" des résultats et de la victoire de Bruno Retailleau (LR). "Une prime à l’authenticité. Il est élu pour ce qu'il a fait, plus que pour ce qu'il dit" avait insisté le député UDI de Maine-et-Loire, soulignant au passage la plus-value électorale, selon lui, de l'alliance Les Républicains-centristes (UDI, MoDem), "soutenue sans réserve" par le sénateur de Vendée dont il loue encore ce 6 janvier "la véritable loyauté et la franchise".

Pour le parti qu'il préside en Maine-et-Loire, cette alliance s'est traduite par la création d'un groupe UDI autonome à la Région (que préside le maire de Chateau-Gontier, Philippe Henri) et la nomination de cinq vice-présidents dont la choletaise Isabelle Leroy pour ce qui concerne le Maine-et-Loire. "Les échanges ont été parfois un peu rugueux mais normaux. On a été respecté" estime Michel Piron. Sous entendu, plus que lors des négociations tardives - l'UDI n'existait pas alors- entre les centristes et le candidat Christophe Béchu lors des régionales de 2010 ? Entre agacement et léger sourire contenu, le député préfère passer la question.

Si sa relation plus que fraiche avec le maire et président de l'agglomération d'Angers divertit encore (quoi que...) la chronique politique locale, inutile en 2016 plus encore qu'hier, d'aller le chercher - publiquement- sur le terrain des "oppositions stériles" . Celles qui aggravent un peu plus selon lui la crise de la représentation politique. "Une crise de régime" et "une crise institutionnelle" selon Michel Piron, pour qui "la Ve République est morte depuis bien longtemps". Et pour qui, en vérité, cela est devenu un peu insupportable. 
Accueil des réfugiés : "Ça a quel sens de se tourner vers les Français en disant "à vot' bon coeur", quand l'Etat ne montre pas l'exemple."
Si les hommes politiques ont leur part de responsabilité dans la situation, c'est bien plus au persistant centralisme étatique qu'il en veut toujours, citant à l'envie les exemples de décisions et actes "absurdes" décidé par de hauts-fonctionnaires à Paris et déconnectés des réalités de territoires. Partisan farouche de la décentralisation, Michel Piron veut plus d'Etat "là où il y en a besoin" - la sécurité, l'éducation- et moins là où sa présence étouffe l'initiative.

Un exemple d'actualité ? L'accueil des réfugiés irakiens et syriens le lui donne. Louant l'engagement spontané de la chancelière allemande Angela Merkel - "l'honneur de l'Europe" - et de la collaboration des länders allemands pour organiser leur accueil, il pourfend les bonnes intentions sans lendemain affichées par la France, visant sans les nommer François Hollande et Manuel Valls : "Il y rien de pire que l'incantation sans action. Ça a quel sens de se tourner vers les Français en disant "à vot' bon coeur", quand l'Etat ne montre pas l'exemple."

Pour le député saumurois, la poursuite des phénomènes migratoires - changements climatiques s'ajoutant aux conflits parmi ses facteurs- est inéluctable et pour y faire face, les Etats européens doivent mettre de côté leurs soucis de souveraineté : "On ne répond pas aux questions migratoires du 21e siècle avec des réponses du 19e. C'est bien plus d'Europe qu'il faut, pas moins d'Europe, quand il s'agit d'installer des gardes-frontières européens aux frontières pour organiser le contrôle."
"La première marque de fabrique des centristes en Maine-et-Loire, c'est leur action territoriale."
De façon corollaire au sujet, le constat vaut aussi, selon lui, pour l'organisation de la Défense européenne. Quand il s'agit notamment de garantir la paix au Mali, comme l'Allemagne - encore elle- vient de s'y engager en décidant d'y mobiliser des militaires pour soulager l'armée française. Mieux d'Etat, plus d'Europe donc et bien évidemment plus de pouvoir aux territoires où élus et société civile sont le mieux à même d'obtenir, selon lui, les résultats notamment économiques qu'attendent les Français. "La première marque de fabrique des centristes en Maine-et-Loire, c'est leur action territoriale. Encartés ou non, un grand nombre d'élus ont ici une pratique sérieuse de la politique."

L'un d'entre eux occupe peut-être un peu plus ses pensées que les autres : Eric Touron, le maire de Distré et président du Grand Saumurois, son suppléant par ailleurs à l'Assemblée nationale, en qui il ne cache pas voir l'homme "à la hauteur" pour lui succéder en 2017. D'ici là, pas question pour Michel Piron de relâcher son engagement. Il confirme qu'il briguera de nouveau au printemps la présidence départementale de l'UDI, "qu'il souhaite "transmettre seulement en temps utile", "soucieux de pérenniser un certain nombre d'idées du centre" en Maine-et-Loire.

Et accessoirement de soutenir la candidature à la présidentielle d'Alain Juppé. Comme... Christophe Béchu, ne peut-on s'empêcher de penser. Pas si éloignés finalement ? Pas d'esquive cette fois-ci mais une petite phrase presque inattendue : "Mais si un jour Christophe Béchu juge que je peux être utile pour un projet en lequel je crois, je le soutiendrai." Nouvelle année, nouvelles affinités ?




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1.Posté par barreau le 07/01/2016 21:03 | Alerter
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ce fossoyeur de l'Anjou qui voulait nous refiler à la Bretagne...il est temps que Pépé parte en retraite avec toute cette catégorie de politiques qui nous ont mis dans la mouise... dehors les fossiles !!!

2.Posté par Phiphi le 08/01/2016 12:50 (depuis mobile) | Alerter
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Michel PIRON doit prendre sa retraite.
Il n'a rien construit à l'udi 49 si ce n'est pour lui.
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