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Mardi 30 Septembre 2014





Micheline Banchereau expose a Murs-Erigné


Rédigé par - Le Vendredi 2 Novembre 2012 à 07:45


Chaque année en novembre la salle Jean Carmet de Murs-Erigné accueille "Les Artistes de notre commune". Cette manifestation permet aux créateurs en tous genre et du pays, de se faire connaître ou d'échanger avec le public. C'est le cas de Micheline Banchereau, qui s'est spécialisée dans la réalisation de terres cuites traditionnelles.



Micheline Banchereau, la potière des bords de Loire
Micheline Banchereau, la potière des bords de Loire
Les poteries de Micheline Banchereau ne sont pas les poteries de « Monsieur-tout-le-monde ». L’espace de l’artiste ressemble davantage a un musée qu’a un étal de poterie. Sur une nappe noire sont disposés des carafes, des écrins, des jardinières, des vases , des coloquintes, des tortues….

Chaque pièce est unique et l’artiste est fière de décliner cette particularité. Les formes sont imparfaites, car modelées à la main, dans la masse, à la « plaque » (la pâte est étalée sur une plaque a l’aide d’un rouleau), ou au colombin ( la pâte est roulée en cylindres longs et étroits, puis assemblés verticalement). Micheline n’utilise pas de tour, la symétrie des objets n’est pas de rigueur. Cette absence de symétrie leur confère un aspect rustique et ancestral, renforcé par des décorations à base d’oxydes métalliques, aux allures de peintures rupestres visibles notamment sur certaines carafes.

Le stand de M.Banchereau - "Les artistes de notre commune"
Le stand de M.Banchereau - "Les artistes de notre commune"
Les objets ainsi réalisés sont d’une originalité et d’une beauté inégalées. Pour leur fabrication l’artiste n’utilise pas un four classique, mais une « fosse ». Il s’agit d’un trou fait dans le sol autour duquel sont disposées les braises, puis du sel. Le trou est recouvert de bois qui se consume au fur et à mesure. Au centre sont placées les poteries. La cuisson dure environ 8 heures, à 800°C.

On obtient alors un « dégourdi », une poterie a l’aspect plutôt terne. Deux procédés distincts d’émaillage peuvent être utilisés: celui de la majolique (invention italienne) et celle du raku (invention japonaise, créant des craquelures et/ou la couleur finale dépend des oxydes employés et de la maîtrise du feu).

Un écrin réalisé par l'artiste
Un écrin réalisé par l'artiste
Les émaux sont la valeur ajoutée de l’objet fini. Leur qualité est essentielle, ils sont le résultat d’un mélange parfait de chimie et de savoir-faire. Plus précisément, c’est le dosage entre la silice et les oxydes (fer, cuivre, cobalt, manganèse) qui détermine l’éclat et la couleur de l’objet. Mais Micheline Banchereau ne va pas plus loin dans ses explications, car une partie de ses recettes sont tenues secrètes. Elle reconnaît d’ailleurs qu’elle n’a pas la maîtrise totale de la couleur finale, car le hasard intervient dans une certaine mesure. Elle reconnaît par ailleurs aussi qu’elle ignore souvent quelle sera la destination finale du morceau d’argile qu’elle travaille de ses mains.

Cette passion lui est venue il y a 6 ans, lorsqu’elle commençait à collecter des morceaux de poteries dans le lit de la Loire… Aujourd’hui elle possède des centaines d’objets et ne se lasse pas d’expérimenter de nouvelles recettes d’émaillage à base de métaux, d’oxydes et de silice. Elle vient d’être gratifiée du Prix du Jury dans le cadre de cette exposition, l’année dernière elle s’était vu remettre le Prix du Public.




François BREAU
Contributeur Angers Mag - spécialisé dans le domaine scientifique et le milieu naturel. Cinéaste,... En savoir plus sur cet auteur







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