Migrants et réfugiés : « L’hospitalité est l’une de nos valeurs »


Rédigé par - Angers, le 10/09/2015 - 09:45 / modifié le 10/09/2015 - 10:18


Faisant suite au rassemblement un peu confidentiel de samedi dernier, environ 500 personnes se sont rassemblées mercredi soir sur la place du Ralliement à Angers. Venues de tous horizons, elles répondaient à l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme et d’une douzaine d’associations, mobilisées pour sensibiliser les élus locaux à l’accueil de réfugiés.



Mercredi soir, environ 500 personnes se sont rassemblées sur la place du Ralliement à Angers
Mercredi soir, environ 500 personnes se sont rassemblées sur la place du Ralliement à Angers
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Des ponts, pas des murs, nous devons ouvrir les fenêtres de la solidarité et du partage pour accueillir nos frères et nos sœurs en humanité », déclarait ce mercredi Catherine Jiamil, vice-présidente de la représentation angevine de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH49). «  C’est le désespoir qui pousse des centaines de milliers de familles, fuyant leur pays ravagé par la guerre, sur la voie de l’exil. Ils viennent d’Afrique ou d’Asie, ils appellent à l’aide et meurent sur les rivages ou les barbelés érigés aux portes de l’Europe. Nous ne le supportons plus ».
 
Propos similaires des représentants des associations, syndicats ou autres groupes politiques (*) amenés à prendre la parole au pied du Grand Théâtre d’Angers. « Même en crise, l’Europe est assez puissante et riche pou accueillir ces exilés qui frappent à notre porte. Nous voulons une Europe et une France où l’humain est au centre ».
 
Plusieurs intervenants ont rappelé les migrations consécutives aux guerres et massacres qui ont jalonné l’histoire de la France. « Nous avons accueilli des Alsaciens, des Espagnols, des Arméniens, les Portugais, les Cambodgiens … Ils n’ont jamais pris la place des travailleurs français, mais ils ont fait le travail que nous ne voulions pas faire », clamait Anne Maillard de l’association Reda (Réseau d’entraide des demandeurs d’asile). « Et avec du recul, nous ne regrettons pas de les avoir accueillis. L’Anjou a une grande tradition de l’accueil des réfugiés et l’hospitalité est l’une de nos valeurs, alors continuons et incitons les élus locaux à faire le bon choix ».
 
Et sur ce point, si dans notre département, une ville comme Saumur s’est portée candidate pour accueillir des réfugiés, la plupart des maires ne se sont pas prononcés. Un courrier adressé par Amnesty International, cet été, aux principaux maires du département n’a pas obtenu de réponse ou essuyé des refus. Marc Laffineur (Avrillé) et Dominique Bréjeon (St Barthélémy d’Anjou) ont répondu « qu’ils ne pouvaient pas … ». Quant à Christophe Béchu (Angers), prudent, il s'est dit prêt à accueillir quelques dizaines de familles, mais dans le cadre d'une répartition à l'échelle de l'agglomération. Reste que le plus grand flou entoure encore les modalités d'organisation et de financement de cet accueil.
 
« C’est un mouvement qui va perdurer, les réfugiés sont de plus en plus nombreux. Mais l’Europe et notre pays doivent montrer qu’ils savent accueillir »

Pour les associations qui considèrent que la situation est suffisamment préoccupante, il ne s’agit pas seulement de proposer des hébergements, même si plusieurs d’entre elles font signer une pétition pour inciter le Préfet à rouvrir la maison de la Petite Pigionnière, à St Barthélemy d’Anjou, évacuée le 20 août dernier.
 
 « Syria Charity », une ONG dont le siège social est situé à Angers et les bureaux à Paris, présente également sur la place du Ralliement, entend sensibiliser les acteurs locaux à l’aide des populations déplacées en France et surtout en Syrie. « Nous agissons sur le terrain depuis le début du soulèvement contre le régime de Damas, en envoyant des produits alimentaires et de soins, ainsi qu’une aide aux maternités », explique Tasnim Alolaiwy, une Syrienne née en France. « Mais ce qui m’inquiète, c’est l’immobilisme de la communauté internationale. Elle s’attaque à la cause, mais pas au mal, c'est-à-dire à celui qui dirige les populations et favorise les exactions de Daesh pour asseoir sa légitimité ».
 
Le GRoupement  des Éducateurs sans Frontières (GREF), qui assure l’apprentissage de la langue française auprès des émigrés, également présent, se dit prêt à accueillir un flux plus important. « C’est un mouvement qui va perdurer, les réfugiés sont de plus en plus nombreux. Mais l’Europe et notre pays doivent montrer qu’ils savent accueillir », soulignait Philippe Le Joliff, un des éducateurs du GREF.
 
À l’issue de ce premier grand rassemblement en faveur de l’accueil de migrants et réfugiés sur le sol angevin, plusieurs associations se sont rassemblées dans un bar angevin afin de poursuivre leur mouvement et surtout coordonner leurs actions. L’objectif étant de faire prendre conscience aux élus locaux qu’Angers doit faire partie de villes accueillantes pour les réfugiés qui fuient les pays en guerre.

(*) Participaient à ce rassemblement, initié par la LDH49 : la Licra49, Amnesty internationale, Falsafa, la Cimade, l’Aptira, Quazar, Emmaüs, les Francas, Le CSLCP, la Paix en marche, le Mouvement de la paix, le Reda, le NPA 49, l’AJAC, Solidaire 49, le Cerdi, les Sgen-CFDT, les anciens appelés d’Algérie, Égal à Égales, Evangile et modernité 49, le Mouvement de la vie nouvelle personnaliste et citoyen, Collectif 49 pour les droits de l’enfant, CGT, l’Afev, FSU, PCF,…
 

Une première enveloppe de 100 000 € pour les Pays de la Loire

« Il est de notre devoir de citoyen et d’élu de prendre toute notre part et d’agir en Pays de la Loire, terre traditionnelle d’humanisme et d’engagement, d’ouverture et de solidarité » explique Christophe Clergeau, 1er vice-président des Pays de la Loire, dans un communiqué. Il  souhaite une Région exemplaire, à la hauteur des valeurs qu’elle porte et a toujours portées.
 
Répondant à l’urgence, une première enveloppe exceptionnelle de 100 000 € sera donc soumise aux élus, lors de la commission permanente du 28 septembre prochain, pour financer l'accueil concret de réfugiés en Pays de la Loire. « Cette aide sera versée à des associations et communes qui en exprimeront le besoin, dans le respect des compétences et attributions des uns et des autres, et notamment de l’État et des autres collectivités départementales et locales », a précisé Jacques Auxiette, président de la Région.
 




Yannick Sourisseau
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1.Posté par Dieu2nez le 10/09/2015 17:44 | Alerter
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à part 15 bobos retraités par association, il y avait qui? Pour pas mal d'angevins, les fins de mois sont durs, surtout les 30 derniers jours. Ils ne pourraient même pas se payer la traversée!

2.Posté par Woyzeck le 10/09/2015 19:14 (depuis mobile) | Alerter
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Pourquoi toujours opposer les situations. Ces personnes viennent en France car ils n'ont pas d'autres choix. Ils sont bien loin des problèmes que peuvent connaître les Français : on ne parle pas de problèmes d'argent mais d'un problème de survie !

3.Posté par Fleury le 11/09/2015 13:34 | Alerter
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Pour pas mal d'Angevins les temps sont durs.... Et il me semble que lorsque 15 bobos par associations se mobilisent pour que ne soit pas détruites les protections sociales, qui adoucissent quand même les fins de mois pour de nombreux foyers, personne ne trouve rien à redire. Solidarité élémentaire. Pourquoi cette solidarité serait-elle réservée seulement à l'égoïste du coin ? Elle est humaine. Et si on doit raisonner ainsi avec cynisme, accueillir les réfugiés, c'est peut être se "protég...

4.Posté par Menard le 12/09/2015 12:49 | Alerter
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Pathétique politiquement correct de bobos collabos, la France n'as pas besoin d'accueillir des faux réfugiés, composés à plus de 75% d'hommes seuls, mai son comprend que ça en fasse fantasmer certaines jusqu'au jour des regrets lorsqu'ils décideront de passer à la phase action (oui je jihad ça n'est pas que théorique pour les prèches)








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