Migrants sans-logis : "Rendre visibles les invisibles"


Rédigé par - Angers, le 16/10/2014 - 12:45 / modifié le 17/11/2014 - 08:17


À Angers comme ailleurs en Europe, des demandeurs d’asile, isolés ou en famille sont toujours sans solution d’hébergement. C’est pour dénoncer cette situation que la Coordination Migrants 49, qui regroupe 13 associations de solidarité, organisait mercredi, en préambule de la Journée mondiale du refus de la misère, un après-midi festif pour les sans-logis.



Un peu de chaleur et de croisiement des cultures avec une bonne collation et un peu de musique locale
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Ils étaient plusieurs dizaines -Somaliens, Guinéens, Mauritaniens, Roumains, Géorgiens, Français, demandeurs d’asile, sans logis- réunis autour d’une tente où des bénévoles de la « coordination migrants 49 » et « des Angevins normalement logés » servaient des repas, pendant que les enfants effectuaient des tours de poneys ou que d’autres jouaient avec des jeux de société mis à leur disposition. Passé quasiment inaperçue aux yeux de la population angevine, la manifestation a eu lieu mercredi après-midi, moment de repos pour la plupart des enfants, sur la place Molière, à Angers.

« Nous avons souhaité créer cet événement pour faire prendre conscience aux Angevins, sans agressivité aucune, de la situation dramatique dans laquelle se trouvent des êtres humains qui ont choisi la France, pays des Droits de l’homme, comme terre d’accueil », explique Bruno Magniny, le représentant de la Coordination Migrants 49. « Pour montrer qu'ensemble, sans logis et personnes ayant un logement décent, nous sommes plus forts pour refuser la misère ». Cette ambition, les organisateurs avaient espéré dans un premier temps pouvoir la porter sur la place du Ralliement, « la bien nommée », ironise Bruno Magniny : « Faisant l’objet de tracasseries administratives de la part des services municipaux, nous avons été contraints de nous déplacer vers la place Molière. Nous sommes forcément moins en vue ».

Depuis l’évacuation du squat de la rue du Port de l’Ancre, la semaine dernière, la question sensible des migrants sans-abris est revenue sur le devant de la scène à Angers. Et la situation, dénoncent les associations, ne s'est pas améliorée. « Chaque soir le 115 (Samu Social) refuse 33 personnes, lesquelles passent la nuit dans la rue. Ce n’est pas digne des pouvoirs publics et des Angevins », selon le représentant de la Coordination Migrants 49, rappelant « la volonté affichée du Préfet de Maine-et-Loire de ne pas vouloir offrir des places supplémentaires ».

Retrouver un peu de dignité et de chaleur humaine

Zeni Tamo, rasé de près pour faire bonne figure malgré sa situation précaire
Zeni Tamo, rasé de près pour faire bonne figure malgré sa situation précaire
Les associations qui veulent désormais « rendre ces publics visibles » multiplient ainsi les actions pour faire valoir les droits des demandeurs d’asile et d’une manière générale tous ceux qui se retrouvent dans la rue. « Aujourd’hui nous sommes le 15 octobre, jour du début de l’hiver où l’on ne peut plus expulser ceux qui ont un abri, mais cela ne donne pas pour autant un toit aux autres », s’indignent les bénévoles, en soulignant le dysfonctionnement de certains locaux.

« Il existe tant de locaux inutilisés sur Angers, à l’exemple des casernes militaires, mais les pouvoirs publics ne font rien », rapportent les organisateurs qui veulent des actes. « Vendredi, jour de refus de la misère, ils viendront s’indigner lors des prises de paroles, pour la forme ».

Les migrants et sans-logis ont apprécié l’initiative, celle-ci leur permettant de « retrouver un peu de dignité et de chaleur humaine », avance Zeni Tamo, un réfugié politique albanais, rasé de près et plutôt bien habillé, pour se donner « une allure plus civilisée ». Ce dernier a travaillé 20 ans en Grèce dans la police privée, « mais c’est trop près de mon pays d’origine, pour ceux qui veulent porter atteinte à ma vie ». Malgré ses conditions de vie précaires en France, souvent à la rue, Zeni Tamo met tout en œuvre pour « obtenir ses papiers français ». Ce qui lui fait défaut, auprès de la Préfecture, qui tarde à lui délivrer le fameux sésame, c'est son niveau de langue. Et la date fatidique qui pourrait conduire à l'expulsion approche...

« Il est plutôt bien aujourd’hui. Mais ces jours, derniers il a craqué », souligne Bruno Magniny « Ce qui me bluffe, c’est l’esprit de solidarité dont ils font preuve entre eux ». Mais ça ne suffit pas, surtout à l’approche de l’hiver. « À cela s’ajoute la chasse aux migrants sans-papiers organisée sur le territoire de l’Union européenne », dénonce le représentant de la coordination migrants 49, en tendant un document dénonçant l’opération Mos Maiorum, « une guerre menée par l’UE contre un ennemi imaginaire ».




Yannick Sourisseau
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