Migrations : une histoire sur pellicules

PREMIERS PLANS : MIROIR SOCIAL, ÉCRAN TOTAL #4


Rédigé par - Angers, le Dimanche 22 Janvier 2017 à 08:45


En choisissant d’ouvrir grandes ses portes aux premières œuvres de cinéastes de toute l’Europe – de l’Atlantique à l’Oural -, le festival de cinéma Premiers Plans est devenu, en bientôt 30 ans, une formidable chambre d’écho des évolutions sociales et sociétales du vieux continent. Parcourir son palmarès, c’est croiser les grandes préoccupations de notre temps. Celles, propres à chaque réalisateur, ouvrant sur une histoire, un pays, des racines, une culture. Et celles, universelles, qui touchent aux êtres humains. A leurs rapports amoureux, à leur relation à l’autre, à leur délicate recherche de place et de sens dans des sociétés en mutation perpétuelle. Un cinéma qui parle d’autant mieux aux spectateurs d’Angers, qu’il est traité bien souvent sans artifice et sans fard. Avec la sincérité, voire la radicalité, qui caractérisent la jeunesse.



"Un chant pour Beko", de Nizamettin Ariç, Prix du jury en 1993.
"Un chant pour Beko", de Nizamettin Ariç, Prix du jury en 1993.
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Réalité de toujours, le thème des migrations habite le cinéma des jeunes réalisateurs européens et donc celui défendu par Premiers Plans depuis 1989.
 
"La meilleure manière de transmettre une expérience d'un homme à l'autre, c'est l'art"... paraphrasant les propos de l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, le président de Cinéma Parlant, Louis Mathieu, explique pourquoi "la fiction de cinéma, qui fait partie des arts du récit -comme la littérature et le théâtre- a cette vocation à sensibiliser des centaines de milliers de gens à l'expérience de l'autre. Elle a tenu ce rôle, particulièrement à Premiers Plans, sur la question migratoire."
 
De fait, que ce soit les difficultés qui poussent certains à faire le choix de la migration, les difficultés d'intégration dans le pays d'accueil ou la dureté -parfois la violence- du voyage migratoire en lui-même, les jeunes réalisateurs européens présents au festival angevin se sont saisi à maints reprises de cette réalité du temps, et pas seulement ces dernières années. "Dès les premières années du festival, ce thème a été très prégnant, notamment dans des films roumains ou allemands", reprend Louis Mathieu, qui a notamment coordonné, en 2001, une rétrospective "Si loin, si proches, 17 films sur les migrants en Europe". "Il y a une propension des cinéastes à être des lanceurs d'alerte sur tout ce qui fait problème dans nos sociétés".
"Il y a une propension des cinéastes à être des lanceurs d'alerte sur tout ce qui fait problème dans nos sociétés"

Sentiment de culpabilité, d'impuissance ? Reste que "la nécessité d'agir, au-delà d'un engagement politique qui ne suffit plus, est profondément ressenti par les cinéastes". La preuve, avec l'un des enfants chéris de Premiers Plans, révélé à Angers et président du jury en 2016, Arnaud Desplechin. Dès 1997, le réalisateur de La Vie des Morts (1991) initie avec Pascale Ferran "Le manifeste des 66 cinéastes" contre les lois Debré et Pasqua, lançant un grand mouvement civique de soutien aux sans-papiers.

Retour aux écrans de Premiers Plans, avec des films marquants, traitant de la question migratoire, et qui jalonnent l'histoire du festival. Dès 1993, le prix du Public récompense le premier film kurde d'expression kurde, Un Chant pour Beko (Nizamettin Ariç) ; en 1999, c'est la révélation du réalisateur Fatih Akin, avec L'Engrenage, puis celle, en 2002 de Vincezo Marra (De Retour à la Maison).

Plus récemment, L'étrangère (Feo Aladag, prix du Public 2011), Babaï (Visar Morina, sélection 2016) ou Hope (Boris Lojkine, prix du Public 2015) évoquaient cette thématique éminemment politique. "Le seul fait de s'intéresser à cela est politique, mais dans mon cas, l'impulsion n'est absolument pas politique, je n'étais pas dans une logique de dénonciation", nuance Boris Lojkine. "Mon angle pour Hope était que les migrants figurent pour moi les vrais aventuriers d'aujourd'hui", complète le cinéaste, qui travaille actuellement à un film retraçant la dernière année de vie de la photojournaliste angevine Camille Lepage. "Les migrants africains s'appellent d'ailleurs entre eux, "aventuriers". Hope serait donc une fiction d'aventures, ce qui n'enlève rien à l'expérience assez étouffante qu'il procure.
 
Plus largement, Boris Lojkine ne pense pas que le cinéma est fait "pour soulever des problèmes de société, mais pour raconter le monde." De la même manière, il s'inscrit dans les pas de Fatih Akin lorsque celui-ci avance que "les films ne changent pas le monde, mais changent les gens qui vont le changer".
En transmettant une expérience d'un homme à l'autre...





Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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