Mineurs étrangers, la Cimade conteste le refus d'accueil du Conseil Général


Rédigé par - Angers, le 29/05/2013 - 20:30 / modifié le 02/06/2013 - 20:05


Responsable de la prise en charge des mineurs étrangers isolés arrivant dans le département, le Conseil Général de Maine-et-Loire a très fortement limité leur accueil depuis plusieurs mois, faute de moyens. Une attitude que dénonce la Cimade. L'association a tenté en vain ce mercredi de remettre cinq jeunes africains aux services sociaux. Au risque d'agacer Christophe Béchu.



Faute de prise en charge, les mineurs étrangers sont accueillis dans les logements d'urgence de la Baumette quand des places y sont disponibles(photo archives).
Faute de prise en charge, les mineurs étrangers sont accueillis dans les logements d'urgence de la Baumette quand des places y sont disponibles(photo archives).
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L'objectif était plus que symbolique : "mettre à l'abri" des mineurs étrangers arrivés récemment sur Angers, dépourvus d'hébergement et d'accompagnement social du fait du refus du Conseil Général d'assurer leur accueil. Début mars, son président, Christophe Béchu, s'en était expliqué pointant la saturation des dispositifs de protection de l'enfance en Maine-et-Loire, comme dans d'autres départements. Et l'explosion des coûts associés. Il avait aussi expliqué attendre une réforme imminente sur l'accueil des mineurs étrangers.

Pas de quoi satisfaire la Cimade. Récemment constituée sur Angers, l'association avait eu l'occasion de présenter en direct son point de vue à Christophe Béchu. "Nous avions été longuement et aimablement reçus. Mais depuis, un seul des mineurs ("trois", dément Christophe Béchu) a pu être accueilli et beaucoup restent sans prise en charge" indique Bruno Magniny, le responsable de l'antenne angevine de la Cimade.

Beaucoup ? Selon l'association, huit mineurs, tous africains (Mali, Tchad, Guinée, Somalie...) naviguent quotidiennement entre les hébergements d'urgence de la rue Couffon à la Baumette où ils n'ont pas pas la priorité (ces hébergements sont dévolus plutôt aux familles), la gare et les rues de la ville où "leur santé, physique et psychique, se dégrade" selon Bruno Magniny. D'où l'action orchestrée ce mercredi devant les services de l'action sociale du Conseil Général. Soutenus par des dizaines d'éducateurs, étudiants éducateurs et militants qui partagent leurs convictions, les militants de la Cimade s'y sont retrouvés pour "remettre" cinq jeunes africains aujourd'hui en plein no man's land juridique et social.

Quelle solution durable ?

Le problème, c'est que les portes des bâtiments leurs sont restées fermées. "On avait joué franc jeu avec les renseignements généraux en les informant de notre action. On a constaté la fermeture des portes, nous en prenons acte" rapporte Bruno Magniny, le responsable de l'antenne angevine de la Cimade. A défaut, un rendez-vous a été fixé à l'association avec le directeur du service social du département mardi prochain. "Nous nous y rendrons et nous n’appellerons pas à manifester. Nous sommes légitimistes" précise Bruno Magniny. Le directeur de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) a aussi reçu chaque mineur individuellement. Façon de montrer que le sort de ces jeunes ne le laisse certainement pas indifférent.

Plus d'une centaine de personnes a participé ce mercredi à l'action de la Cimade devant les bâtiments de la solidarité départementale.
Plus d'une centaine de personnes a participé ce mercredi à l'action de la Cimade devant les bâtiments de la solidarité départementale.
Reste à savoir quelle réponse pourra leurs être apportée. "Je suis assez agacé de la manière dont la Cimade présente les choses et laisse entendre que je n'applique pas la loi, explique Christophe Béchu, Nous n'avons tout simplement plus la moindre place aujourd'hui et il est totalement exclu que j'en ouvre de nouvelles. Car je ne veux pas créer d'appel d'air."

69 mineurs étrangers isolés sont accueillis actuellement par les services de protection de l'enfance du département, indique Christophe Béchu. 36 sont arrivés en 2012, 8 depuis le premier trimestre 2013, "alors que la justice poursuit son travail et nous confie chaque jour de nouveaux enfants en danger dans leur propre famille." Le budget consacré en Anjou à la protection de l'enfance, rappelle le président du Conseil Général, est le "7e ou 8e de France par habitant".

Un accord introduisant un soutien financier de l'Etat durant les premiers jours de prise en charge du jeune et une meilleure répartition de l'accueil entre les régions, a bien été signé il y a quelques jours entre l'assemblée des départements de France - une trentaine est confrontée au même problème - et l'Etat, comme le précise cet article la Gazette des communes. Mais il fait déjà l'objet de fortes contestations, chez les associations comme chez... les élus. . "Nous craignons une dissolution de la responsabilité et, au final, que ça ne marche pas" avance Bruno Magniny. "Cette réforme a été validée au mois de mars, nous sommes début juin et nous n'avons aucune nouvelle. Je suis sidéré par l'inaction de l'Etat" critique de son côté Christophe Béchu, jugeant au passage "complètement insuffisant" les 5 jours de prise en charge proposés.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Driggens le 30/05/2013 11:02 | Alerter
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Quand est-ce que les gens comprendront que l'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde à Angers...















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