Mollo sur le champignon ?


Rédigé par - Angers, le 13/11/2016 - 07:45 / modifié le 14/11/2016 - 08:20


L'automne, ou la saison idéale pour chasser le champignon. Angers Mag vous livre quelques conseils et tuyaux avisés pour en profiter au maximum, en toute sécurité.



Dans le parc Saint-Nicolas, luniversitaire Anne Tricaud dévoile quelques secrets liés à la cueillette des champignons.
Dans le parc Saint-Nicolas, luniversitaire Anne Tricaud dévoile quelques secrets liés à la cueillette des champignons.
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C'est un principe : un mycologue averti et passionné ne dévoilera jamais ses coins à champis, au risque de se faire griller la priorité et de ne servir, lors du repas du dimanche, que des produits en conserve.
Car, en Anjou comme ailleurs, pourquoi part on dès potron-minet s'abîmer les yeux dans les prairies ou sous-bois, si ce n'est pour cuisiner ensuite le produit de sa récolte ? "Il y a une notion de repas plaisir, lorsque l'on évoque le champignon", confirme Anne Tricaud, maître de conférences à l'Université d'Angers, en fac de pharmacie, et présidente de la Société d'études scientifiques de l'Anjou.

Voilà bientôt 40 ans qu'elle arpente sans relâche forêts et herbes hautes, dans une quête de connaissance toujours plus complète des champignons. "Ce n'est pas tant par passion que par exigence professionnelle, goût de la transmission du savoir et plaisir de la découverte des merveilles de la nature", glisse-t-elle après réflexion, elle qui enseigne aux futurs pharmaciens de quoi délivrer de précieux conseils, plus tard, au sein de leurs officines.

Ce lundi matin, rendez-vous est pris à l'extrémité du parc Saint-Nicolas, à Avrillé, pour une chasse de près de trois heures. Le timing n'est pas forcément mauvais. Après une longue période de sécheresse, il a plu une partie du week-end. De quoi lancer enfin la saison des champignons ? Pas réellement. Les premiers pas dans les sous-bois de l'allée du Chêne-Fournier ne sont guère fructueux. Alors on ouvre grand les oreilles à défaut d'en toucher un seul du regard. "L'identification des  champignons est bien plus difficile que celle des  fleurs", commente Anne Tricaud. "Il faut observer minutieusement   la morphologie, la couleur,  la viscosité, l'odeur , tenir compte de leur habitat... ; des espèces toxiques peuvent ressembler à des espèces comestibles, chaque détail doit être pris en compte. Dans ce parc, lorsque la saison bat son plein, il est possible de récolter entre 80 et 90 espèces de champignons différentes, sur les 5 ou 6000 existant en Anjou parmi lesquelles seules une petite vingtaine sont de bons comestibles", complète Anne Tricaud. "Surtout, la connaissance sur la toxicité des champignons évolue : je pense par exemple au tricholome équestre, longtemps considéré comme bon comestible et qui est interdit à la vente en France depuis le début des années 2000."
"J'en reviens à la notion de plaisir évoqué tout à l'heure. Bien que souvent indigestes, ils étaient  autrefois consommés à défaut de viande ; à l’heure actuelle, seuls les plus savoureux  devraient  s’inviter à table  pour agrémenter un plat. »

C'est la consommation à répétition qui est ici en cause. "J'en reviens à la notion de plaisir évoqué tout à l'heure. Bien que souvent indigestes, ils étaient  autrefois consommés à défaut de viande ; à l’heure actuelle, seuls les plus savoureux  devraient  s’inviter à table  pour agrémenter un plat. »
Faut-il pour autant en perdre sa motivation ? Bien sûr que non ! Au mois de novembre, il est toujours possible de trouver ici ou là en Anjou -dans les espaces et les parcs boisés, les forêts domaniales... - des champignons propres à la consommation : « lépiote élevée, pied de mouton, pied bleu, chanterelle en tubes, bolet orangé , coprin chevelu »,  cite en exemple Tricaud.
Dans le parc Saint-Nicolas, rien de tout cela ce jour là, mais une panoplie de formes, de tailles et de couleurs qui s'enrichit au fil des kilomètres. Bref, de quoi largement compenser l'aléatoire inhérent à toute chasse aux champignons.

A la ronde... les coins à champignon

-Bois de la Jeunerie, à Brissarthe
-Forêts domaniales de Longuenée, Milly (Gennes) ou de Chandelais (Baugé-en-Anjou)
-Sablières d'Ecouflant
-Parc Saint-Nicolas
 
 
Recommandations

- Ne cueillez pas les champignons près de sites pollués ( bord des routes, décharges, sites industriels)
- Cueillez uniquement les spécimens en bon état et prélevez la totalité du champignon (pied + chapeau) afin de permettre l’identification ;
- Déposez les champignons séparément, dans un panier en osier, une caisse ou un carton mais jamais dans un sac plastique qui accélère le pourrissement ;
- Faites vérifier tous les champignons récoltés  par un  pharmacien ou un mycologue d’une société de mycologie qui les identifiera et vous donnera des conseils de préparation.
- Prenez une photo de votre récolte, avant cuisson ;
- Conservez les champignons au réfrigérateur en attendant de les consommer en quantité raisonnable, peu souvent, bien cuits, dans les deux jours qui suivent la récolte.

 
A savoir
La plupart des intoxiqués se déclarent connaisseurs !
En cas d’intoxication : contactez le centre Antipoison d’Angers, au 02 41 48 21 21




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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