Municipales : Christophe Béchu est le nouveau maire d'Angers


Rédigé par - Angers, le 31/03/2014 - 07:38 / modifié le 17/04/2014 - 08:30


Avec plus de 54 % des voix, Christophe Béchu (UMP) a été élu dimanche soir maire d'Angers et succédera vendredi prochain au maire sortant et candidat malheureux, Frédéric Béatse (PS). Une révolution dans une ville bastion de la gauche depuis 1977.



Frédéric Béatse, maire sortant, annonce les résultats devant son vainqueur du soir et futur maire, Christophe Béchu (photo Mario Fournier).
Frédéric Béatse, maire sortant, annonce les résultats devant son vainqueur du soir et futur maire, Christophe Béchu (photo Mario Fournier).
Il s'était incliné de quelque 600 voix en 2008, challenger inattendu de Jean-Claude Antonini.

Cette fois, c'est lui qui est devant. Et pas qu'un peu. Avec 54,36 % des suffrages et 4500 voix d'avance sur son adversaire, Christophe Béchu (UMP) a été élu dimanche soir maire d'Angers.

La ville bascule donc à droite, à l'instar de beaucoup d'autres, emportées par "la vague bleue". Mais à Angers, la résonance est évidemment singulière : depuis 1977 et la victoire de Jean Monnier, la gauche n'avait plus quitté l'Hôtel de Ville.

Jean Monnier, l'une des premières personnes à appeler Christophe Béchu, peu avant 20 heures, alors que le triomphe du sénateur et président du Conseil général ne faisait plus l'ombre d'un doute. "Ce que nous nous sommes dit restera entre nous", tranche le vainqueur du soir, véritable lion en cage dans son QG de la Maison Bossoreil à deux pas de la mairie. L'homme navigue entre les tables où tombent un à un les résultats des bureaux de vote et la télévision allumée à l'angle de la pièce.

Christophe Béchu a gagné, tombe dans les bras de son épouse, jette un nouveau coup d'oeil sur les bureaux de vote, puis embrasse Marc Laffineur, son mentor.

Une soirée dans la dignité

Incrédule devant l'écart, le (presque) nouveau maire d'Angers fait dans la sobriété, attitude qu'il gardera toute la soirée, lorsque sa garde rapprochée exulte. "La vérité a fini par triompher" répète à l'envi Michelle Moreau, l'une des "prises de guerre" de 2008, attendue comme première adjointe au sein de la nouvelle équipe municipale.

"Ce soir, ce n'est pas la satisfaction qui l'emporte, mais le sentiment d'une responsabilité particulière. ce n'est pas la victoire d'un camp contre un autre, mais celle du changement"... Les premiers mots de Christophe Béchu sont empreints de mesure et préfigurent une soirée sans heurts. Et d'une dignité exemplaire.

Dans le parking de la mairie, Frédéric Béatse, candidat malheureux -"j'ai failli dans ma mission de conserver cette ville à gauche"- et Christophe Béchu rejoignent la scène côte à côte, un arrangement pris dans la semaine pour ne pas revivre les huées du premier tour. Il y a du respect entre ces deux-là : "Une élection est un combat électoral, mais pas un combat tout court", insiste le candidat UMP. Placide, comme souvent, Frédéric Béatse annonce les résultats. Un seul "impair" traduit son émotion : "La liste Aimer Angers pour vous..."

La claque à gauche

Pour lui comme pour toute la gauche, à Angers comme dans l'ensemble de l'agglo (voir par ailleurs), c'est une claque. La dynamique était clairement du côté de Christophe Béchu, mais les résultats obtenus au soir du premier tour laissaient espérer à tout le moins un score plus serré.

Cris de joie d'un côté, pleurs en cascade de l'autre. Rose-Marie Véron, appelée à jouer les premiers rôles en cas d'élection de Frédéric Béatse, a du mal à retenir ses larmes. Le discours est attendu, chez Vincent Dulong (EELV) comme chez Alain Pagano (Parti communiste). C'est l'autre petite révolution de la soirée, évidemment éclipsée par la victoire de la droite : pour la première fois depuis plus de 20 ans, un élu communiste siégera au conseil municipal d'Angers.

Il y a "la vague bleue", un "tsunami", selon Frédéric Béatse, "immensément déçu. On imagine toujours pouvoir nager à contre-courant. C'est comme ça." Le maire sortant est sonné, comme son camp, incapable de réunir sur son nom l'ensemble des voix de la gauche.


Du discours aux actes

Dans les sous-sols de la mairie, on parle de "besoin d'un coup de barre à gauche", de "politique nationale" ou "de toutes les autres villes qui ont basculé". Seul, le député maire de Trélazé Marc Goua ose le diagnostic local : "Des erreurs ont été commises, comme la gestion du cas Jean-Luc Rotureau. La lettre envoyée dans l'entre-deux tours était aussi une immense connerie, comme le fait d'annoncer triomphalement la réforme des rythmes scolaires. Un élu local doit être proche des gens, expliquer, écouter..."

À gauche, la gueule de bois risque de durer, entretenue par l'ampleur de la défaite. Rassembleur dans le discours, Christophe Béchu devra prouver dans les jours et semaines qui viennent, par les actes, qu'il a entendu où battait le coeur des Angevins. Quelque part au centre...

la soirée électorale du second tour en images (Photos Mario Fournier)

L'autre vainqueur : l'abstention

C'était l'une des grandes inconnues du soir : comment allaient se comporter les abstentionnistes du premier tour. Si certains semblent s'être mobilisés, dans la journée de dimanche, le taux d'abstention reste à un niveau élevé, à 38,65 %.

Surtout, le nombre de bulletins blancs est particulièrement important, la marque sans doute des déçus du premier tour, votants qui ne se retrouvaient ni dans le programme de Christophe Béchu, ni dans celui de Frédéric Béatse.



Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur















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