Musée des Beaux-Arts : Baran et Bonin à contempler tout l'été


Rédigé par Rédaction Angers Mag Info - Angers, le Lundi 29 Juillet 2013 à 14:43


Durant tout l'été, le musée des Beaux-Arts d’Angers propose de redécouvrir l’œuvre de l’artiste polonais Edward Baran et l'exposition "EntreOuvert" de Gisèle Bonin, deux Angevins d'adoption.



Edward Baran
Edward Baran
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Première rétrospective consacrée à Edward Baran en France, l’exposition dévoile son œuvre atemporelle et profondément contemporaine. Elle revient, pour la première fois, sur presque 50 ans de carrière, s’attachant à montrer cette oeuvre foisonnante dans toute sa richesse et sa diversité. Le travail d’Edward Baran privilégie la trame et le rythme, l’espace et le rapport plein/vide, dans un double mouvement de construction/ déconstruction. La richesse et l’originalité de son oeuvre sont à la mesure de la force et parfois de la violence qui se dégagent de l’apparente fragilité des matériaux qu’il emploie.

Dès 1978, Edward Baran produit ses premiers papiers "évidés" dit aussi parfois "libres" ou "déchirés". Si les papiers "évidés", que l’artiste combine dans des formats très divers, parfois imposants, et dans d’infinies variations formelles et chromatiques, sont le fil conducteur de son travail et restent sa marque distinctive, Edward Baran ne cesse, pour autant d’explorer d’autres voies. Les dessins, la gravure sous toutes ses formes, le monotype, l’association de diverses pratiques, où parfois ressurgit une « tentation de la figuration », sont autant de moyens pour Baran d’aborder de biais et tenter de résoudre la question de la peinture, longtemps interdite à ses yeux.

Depuis peu, il se mesure à la toile, symbole de la peinture. C’est le chemin à l’envers de son itinéraire. Avec plus de 200 oeuvres présentées, l’exposition s’attache à montrer tous les aspects du travail d’Edward Baran mais aussi son évolution permettant de mieux appréhender ses créations récentes.

Gisèle Bonin, EntreOuvert

"Sans titre" signé Gisèle Bonin.
"Sans titre" signé Gisèle Bonin.
En parallèle à cette rétrospective phare, le musée des Beaux-Arts d’Angers présente, dans le cabinet d’arts graphiques une exposition consacrée à l’artiste Gisèle Bonin (née en 1975). A travers 30 œuvres, EntreOuvert questionne l’entre-deux, entre absence et présence. C’est aussi un projet qui explore des passages entre deux langages : l’expression verbale et la création plastique.

Les écrivains Jean-Nöel Blanc, Christian Garcin, Denis Lachaud, Isabelle Minière, Eric Pessan, Jacques Serena et Carole Zalberg ont participé à cette expérience en répondant à l’invitation de Gisèle Bonin de composer des textes à partir de ses dessins ou peintures et/ou de lui soumettre un texte inédit afin qu’elle leur en donne sa lecture.

Curieusement, face aux œuvres dessinées de Gisèle Bonin, à tous ces fragments de corps – bustes, mains, dos, nombrils… – et à ces tas informes drapés dans leur enveloppe, on ne peut s’empêcher de voir des photographies et non des tirages numériques, ni même argentiques, mais plutôt des épreuves à l’ancienne, façon bromure ou gomme bichromatée.

"Je n’aime pas les papiers lisses, note l’artiste dans ses Écrits personnels. Je les préfère épais, granuleux : il faut qu’ils accrochent la mine, lui opposent une résistance, imposent leur marque", explique Gisèle Bonin. En effet, tout est chez elle question de grain et c’est là le lieu de connivence. Du grain du papier à celui de la peau, l’écart est infime, le sens glisse et le crayon exulte.












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