NO COMMENT, no country…


Rédigé par Cinéma Parlant - Angers, le Jeudi 21 Mai 2009 à 18:25


Grâce à l’association Itinéraire Sud, mardi 19 mai, Nathalie Loubeyre et Joël Labat rencontraient le public dans la grande salle, archicomble, du cinéma « Les 400 coups ». Leur film : un documentaire montrant l’errance des migrants, qui attendent à Calais de pouvoir passer en Angleterre.



Nathalie Loubeyre, réalisatrice
Nathalie Loubeyre, réalisatrice
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La réalisatrice a fait le choix original, indiqué par le titre, d’un documentaire sans voix off ni interview : elle regrette que trop souvent le commentaire nous éloigne des gens, et que dans ce cas des migrants, leurs paroles soient infléchies par ce qu’on leur a dit de dire ou ne pas dire.

C’est ainsi que nous voyons ces visages, ces mains, ces pieds, ces corps, des gens qui sont comme nous, que nous pourrions être. Un spectateur de la salle a remarqué l’intérêt des plans sur la statue de Rodin représentant les Bourgeois de Calais : on se souvient du sacrifice de ces six hommes qui a permis de sauver la vie des autres habitants de leur ville ; entre le dénuement des uns et des autres, le rapprochement s’impose, indiquant l’universalité d’une telle situation, et le devoir de solidarité.
Aucune image n’a été volée : la caméra était toujours sur pied, très visible, seuls ceux qui voulaient bien être filmés l’ont été, comme s’ils tenaient à montrer ce qu’ils vivent, et l’injustice qui leur est faite : le film devient ainsi le leur, le digne témoignage de leur existence.

NO COMMENT, no country…
Pour la réalisatrice, ce sont des survivants ; et aurions-nous eu le courage de subir toutes les épreuves qu’ils ont surmontées ? les longues marches à travers des zones désertiques, les traversées dangereuses de la Méditerranée, les privations de nourriture et d’hygiène, la pression policière… Tous ne parviennent pas à Calais, et certains y meurent, comme en témoignent quelques tombes.

Le film n’a pas été facile à réaliser : une prise gardée au montage montre l’intervention de la police demandant à l’opérateur de présenter ses papiers, puis d’arrêter la caméra ; il a fallu parler d’un film expérimental (que personne ne verrait !), ou d’une seconde équipe du tournage de « Welcome », qui se faisait au même moment. Il a été interdit de filmer le centre de rétention, preuve de la violence institutionnelle, que les autorités ne tiennent pas à faire connaître.

Jean du Bouëtiez, de la Coordination des Migrants, est intervenu pour préciser le parcours du combattant que représente la demande d’asile ; il a aussi été question des personnes du 48 rue Lyonnaise à Angers ; et l’annonce a été faite d’une action unitaire de solidarité, le camp No Boarder, du 23 au 29 juin à Calais.

Site de l’association Itinéraire Sud : itinerairesud.unblog.fr












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