Nicolas Briançon : « Je me suis senti aimé, ici, en Anjou »

Les portraits de l'année # 7


Rédigé par - Angers, le Jeudi 31 Décembre 2015 à 07:30


Voilà plus de 10 ans qu'il est le directeur artistique du Festival d'Anjou. Le metteur en scène et comédien Nicolas Briançon, consacré aux derniers Molière, nous parle de l'Anjou qu'il connaît. Théâtral, forcément, pour débuter une série d'articles sur l'été à Angers, entre patrimoine, nature et gastronomie...



Nicolas Briançon a découvert l'Anjou, il y a bientôt 30 ans, avec... Jean Marais.
Nicolas Briançon a découvert l'Anjou, il y a bientôt 30 ans, avec... Jean Marais.
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Quel est le premier souvenir que vous avez de l’Anjou ?
 
Février 1987. Je suis venu en voiture avec Jean Marais. Nous avions visité plusieurs lieux avec Jean-Claude Brialy, qui était alors le directeur artistique du festival d’Anjou. On l’a retrouvé devant le château du Roi-René, dans la tempête, il pleuvait des cordes ! Jean-Claude Brialy nous attendait dans sa houppelande, ce qui, avec le château derrière lui, était déjà un tableau ! Tout ça venait de me tomber sur la tête : Jean Marais m’avait engagé à peine dix jours avant comme assistant, et pour tenir un rôle dans la pièce qu’il montait à l’ancienne : il faisait la mise en scène, les décors et les costumes... Nous étions venus pour que Jean choisisse le lieu où nous allions jouer : il y avait le château d’Angers, un autre lieu… que j’ai oublié, et le château du Plessis-Bourré, où Jean avait tourné « Peau d’Âne ». En fait, c’est ce dernier lieu que Jean-Claude (Brialy NDLR) avait déjà choisi (rires). »
 
Et ça reste un souvenir profondément ancré ?
 
« Oui. Je me remémore très précisément cette nuit passée allongé dans la cour du château à regarder les lumières se régler : j’avais 25 ans, c’était passionnant. Oui, c’est souvenir très fort, pour plein de raisons : c’était mon premier grand spectacle après Comédie-Française, ma découverte du Festival d’Anjou… »
 
D’une manière générale, vous trouvez que ces lieux patrimoniaux se marient bien avec le théâtre ?
 
« Quand on joue des grands textes –« Le Mariage de Figaro » ou « Britannicus », des pièces de Cocteau, Kundera ou Shakespeare- et que l’on est devant un mur de château, c’est toujours magique. C’est le retour aux sources du théâtre, d’une certaine façon, qui a commencé dehors avec le théâtre grec, puis sur le parvis des églises : les salles sont arrivés bien plus tard. »

Et quand on vient et revient dans ce type de festival, on a le temps de faire du tourisme ?
 
« Contrairement à une idée très répandue, on travaille beaucoup. Moi, je venais là pour bosser. Donc on découvre en bossant ! J’ai découvert Saumur et son château, que je ne connaissais pas, mais aussi les Arènes de Doué, par exemple. Ce sont donc des séjours de travail, mais disons que l’on se colle à la nature et aux sites historiques, on s’y ouvre forcément. Comme on s’ouvre aux découvertes culinaires…
Le Plessis-Macé est miraculeux. Je n’ai vu que des comédiens, même chez les plus complexes ou ceux qui ont la pire réputation, qui ont apprécié l’endroit. Beaucoup m’ont demandé d’y revenir
Un avis sur la gastronomie angevine ?
 
« Je trouve que ça a énormément progressé, notamment à Angers. Il y a plein de petits restos qui font des trucs super. J’en ai découvert pas mal cette année : c’est fin, c’est pas prétentieux, dans ce qu’on réclame aujourd’hui. Bien foutu, intelligent, quoi ! »
 
Votre rapport au territoire a-t-il changé depuis que vous êtes devenu directeur artistique, il y a 10 ans ?
 
« Evidemment, mais plus par rapport aux gens que par rapport aux sites, ou à la dimension touristique. Je me rends compte que je me suis beaucoup attaché aux gens : je vois au fil des ans des tas de personnes avec lesquelles je discute. C’est par eux que je me suis attaché au coin, à l’endroit. C’est sans doute très idiot et égocentrique, mais j’ai senti beaucoup d’affection, un accueil de plus en plus chaleureux. Et c’est touchant : globalement, je me suis senti aimé ici, en Anjou. »
 
Vous parlez d’attachement aux gens, mais y a-t-il des lieux auxquels vous êtes plus particulièrement attaché ?
 
« Ils sont forcément liés au théâtre. De ce point de vue, Le Plessis-Macé est miraculeux. Je n’ai vu que des comédiens, même chez les plus complexes ou ceux qui ont la pire réputation, qui ont apprécié l’endroit. Beaucoup m’ont demandé d’y revenir. Mais c’est la même chose également pour les Arènes de Doué. Mais le Plessis, c’est mon endroit, et puis j’adore la campagne autour. On va enfoncer toutes les portes ouvertes, mais la campagne du Plessis, c’est la douceur angevine. Il y a quelque chose de cet ordre-là : le petit jardin derrière le château et dans lequel on peut faire des siestes absolument merveilleuses sous un arbre et dans l’herbe… »

Le directeur artistique du Festival d'Anjou, ici au Quai, lors de la 66e édition.
Le directeur artistique du Festival d'Anjou, ici au Quai, lors de la 66e édition.
Est-ce que vous vous sentez un peu angevin, vous qui êtes essentiellement parisien ?
 
« C’est assez étrange. Dans l’année, je ne me sens pas vraiment angevin, mais quand je suis là l’été, je salue beaucoup de gens dans la rue ou ailleurs… je vais notamment tous les jours à la piscine, un moment sensé être d’intimité, où les gens me disent : « Ah, bonjour Monsieur Briançon ! » J’ai l’impression de faire parti du paysage, donc d’être d’ici. Je suis en tout cas très à l’aise à Angers. Même si je fais attention : c’est un village, ici, où l’on croise et recroise les gens très facilement. Tout le monde sait tout ! C’est le côté un peu plus contraignant, mais ça a aussi un côté très agréable, parce que tout est à échelle humaine. Pour moi, c’est le retour à la province : j’y ai passé toute mon enfance, car j’avais un père magistrat et on déménageait tous les 4-5 ans. C’est le retour à un format que je connais bien. »
 
Comment expliquez-vous que l’Anjou, Angers en tête, soit si peu connue ?
 
On est sur la route de Nantes, il n’y a pas la mer, ni la montagne… Il y a pourtant plein d’endroits merveilleux, mais il faut aller les chercher. Les bords de Maine ou de Loire… où je pense d’ailleurs à emmener le festival… »
 
Si vous deviez retenir trois lieux en Anjou, lesquels serait-ce ?
 
« Bouchemaine, à La Pointe, qui est un endroit que j’adore. Je prends assez souvent ma voiture pour aller m’y poser une heure. Le Plessis-Macé qui est un lieu très fort, festival ou pas : l’atmosphère que dégage le château, qui tient de la grosse ferme… ça n’est pas prétentieux, c’est chaleureux, c’est doux. Et Doué-la-Fontaine : il y a quelque chose de charmant et de désuet à la fois. »




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