Nicolas Briançon : « Je veux finir mon boulot au Festival d'Anjou »


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Vendredi 5 Juin 2015 à 07:54


Directeur artistique du festival depuis 2004, récent triomphateur aux Molière, Nicolas Briançon revient sur ses choix, ses envies, ses coups de cœur et ses rares déceptions, à quelques heures de l'ouverture de la 66e édition du rendez-vous théâtral.



Nicolas Briançon est le directeur artistique du Festival d'Anjou depuis 2004.
Nicolas Briançon est le directeur artistique du Festival d'Anjou depuis 2004.
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Un peu d’histoire personnelle… Pourquoi avoir accepté ce poste de directeur du festival, en 2004 ?

« Le poste de directeur de festival ne m’était pas inconnu puisque je dirigeais le festival de Bonaguil (Lot-et-Garonne). Sans le dénigrer, c’était un festival modeste. Et avec le Festival d’Anjou, j’avais l’occasion de conduire une Rolls-Royce ! Ce genre de proposition ne se refuse pas ».

En plus de dix ans à la tête du festival, quels sont vos souvenirs marquants et vos déceptions ?

« J’ai beaucoup plus de bons souvenirs que de frustrations. La première de ma création « La Nuit des rois » (60e édition, 2009) fut très émouvante, tout comme la représentation de « Au moment de la nuit », au cloître du Ronceray (2011), où il faisait chaud et beau. Le spectacle de Jean-Louis Trintignant – « Trois poètes libertaires : Prévert-Vian-Desnos » – (Plessis-Macé, 2010) hante encore ma mémoire. Et puis il y a la dernière présence en scène de Bernard Giraudeau, en « Richard III », en 2005 ; Charles Berling sous l’orage dans « Caligula » (2006) ou encore Jérôme Savary, à Doué-la-Fontaine, pour « Joséphine Baker » ».
Une déception, voire une gêne en tant que directeur, c’est l’impréparation de la pièce de Francis Huster, « La guerre de Troie n’aura pas lieu ». On peut comprendre les aléas du rôdage, mais là… »

Vous avez souvent évoqué le fait que passer dix ans à la tête d’un festival était un maximum. Cela fait plus de dix ans pour vous ici…

« Je veux finir le travail. Le Festival d’Anjou est un vaisseau qu’il est très difficile de manœuvrer et surtout de bouger. C’est une institution qui a du mal à se réinventer. Il faut dire que l’on est un peu victime de notre succès. Et on imagine aisément des gens nous dire : « Pourquoi changer ? ». Le retour du festival à Angers est une première étape encourageante. Mais franchement, n’est-ce pas débile de travailler sans Angers ? Et comment imaginer que l’on n’aurait pas pu s’entendre avec Frédéric Bélier-Garcia (directeur du Quai), alors que l’on s’entend très bien ? La venue de François Morel dans son lieu est d’ailleurs, selon moi, un travail de salut public.
Il reste encore à faire. Je veux que la ville d’Angers entre dans l’EPCC Anjou Théâtre (structure qui chapeaute, entre autres, le festival) ; j’aimerais pourvoir faire à nouveau une très grande création ; je souhaite que le festival revienne au château et j’aimerais aussi consolider le rapprochement entre le Conseil général et la mairie d’Angers. Il faut que la participation d’Angers soit pérenne et qu’un changement politique n’induise pas un changement d’esprit. Je suis bien placé pour parler de cela : un directeur arrive par un politique et repart par un politique !
Quand je rendrai cet outil, il sera globalement mieux que quand je l’ai pris. Plus vivant, plus novateur, plus ambitieux ».

Vous êtes acteur, comédien, metteur en scène, directeur de festival… cet éclectisme est-il important pour vous ?

« Il est nécessaire et je dirais que je ne conçois pas ma vie autrement. J’aime concilier plaisir de spectateur et plaisir d’acteur, au sens large du terme. Mais, avec le recul que je peux avoir aujourd’hui, ce qui me tient reste « l’élégance ». Quand nous répétions « Voyage avec tante » de Graham Greene (spectacle créé en avril à La Pépinière Théâtre à Paris) sont survenus les attentats à Charlie Hebdo. Mon partenaire Claude Aufaure était l’un des meilleurs amis de Charb. Je me suis dit alors : « A quoi ça rime ? ». Pourquoi proposer une pièce à l’élégance anglaise presque désuète ? Ma réponse fut alors : justement ! Si cette pièce a si bien marché, c’est que les gens ont eu une envie de civilisation. La culture est l’un des remparts à la barbarie. Elle n’arrête pas les balles, elle ne convainc pas les radicaux, mais elle propose un chemin élégant, une revanche de la politesse dans les rapports humains. Le succès du « Voyage » disait cela ».

Un mot sur le Concours des compagnies… en êtes-vous fier ?

« Très fier ! On parle du festival, ici, pour les stars qui s’y produisent et c’est normal. À Paris, on parle de ce Concours. Beaucoup de compagnies sont en grande difficulté et la baisse des subventions n’arrange rien. Nous sommes conscients de la crise, et nous devons dépasser nos égoïsmes. Mais il est aussi essentiel d’aider cette jeune création. On était les seuls à donner un prix quand on a commencé. Et réussir à faire venir autant de spectateurs sans que les spectacles affichent des noms, c’est une réussite dont on peut s’enorgueillir ».












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