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Festival d'Anjou
Nicolas Briançon fier de sa création 201162ème Festival d'AnjouPar Eglantine RS - le 12 Juin 2011 à 08:34
Directeur artistique du festival d'Anjou depuis 2004, Nicolas Briançon a choisi le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare comme création de cette édition 2011. A la fois metteur en scène et comédien, c'est avec fierté qu'il présente en Anjou et en avant-première, cette pièce, transposée dans les années 68-70.
Dans cette pièce, Nicolas Briançon joue le rôle de Thésée, duc d'Athènes, et celui d'Obéron, rois des elfes
Co-production entre le théâtre de la porte Saint-Martin, la compagnie Nicolas Briançon et le festival d’Anjou, cette pièce qui met en scène vingt comédiens, danseurs, sera reprise à compter du 10 septembre jusqu’au 31 décembre 2011, à Paris, au théâtre de la porte Saint-Martin.
Eglantine RS : Pour cette création au festival d’Anjou 2011, pourquoi ce choix du Songe d’une nuit d’été, de Shakespeare ? Nicolas Briançon : Le souci est le même que quand j’ai monté la Nuit des rois, celui de faire un spectacle populaire, accessible à tous. Dans le Songe, Shakespeare nous embarque dans une histoire incroyable, magique, pleine de charmes et de sortilèges. Il mélange tout : la cour de Thésée, les grands mystères des forêts Celtes, alors même qu’il s’appui sur une mythologie Athénienne. Et puis, il termine par la représentation que donnent les artisans au mariage de Thésée et Hippolyte. Ces trois univers vont se confondre dans la forêt, se mélanger avant d’arriver, à la fin de l’acte V, à la représentation que donnent les artisans, qui raconte presque ce qu’est le théâtre. D’un rire plus ou moins angoissé pendant quatre actes, cette représentation libère le spectateur de tout ce qu’il a emmagasiné de charmes depuis le début de la pièce. C’est un auteur qui avait le souci du public, plein d’humour, drôle, il parsemait sa pièce d’allusion à l’actualité de ses contemporains, s’amusait avec les jeux de mot. C’est quelqu’un qui a été touché par le génie, et c’est sa comédie la plus réjouissante. ERS : Vous avez repris le texte intégral ? NB : C’est une adaptation qui reprend le texte intégral et est très proche de la traduction de François-Victor Hugo. On a collé au plus près de la langue de Shakespeare. Je me suis amusé un peu dans l’adaptation, dont un ou deux mots qui sonnent un peu plus contemporains, mais qui sont une équivalence de ce qu’écrit Shakespeare, parce qu’il y a des jeux de mot anglais qui sont intraduisibles ! Mettre en scène ce n’est jamais qu’orchestrer le talent des autres. ERS : L’ambiance de la forêt est bruitée et mimée par les comédiennes elles-mêmes. Un apport original, mais comment cela s’est-il mis en place ? NB : Je voulais cette ambiance là avec les fées, quelque chose à la fois sexué et étrange. Je leur ai demandé à chacune de choisir un animal, et elles ont trouvé une gestuelle qui correspondait à ce qu’elles fantasmaient de cet animal. Je voulais qu’elles soient là sur scène, et que cette forêt vive, autour de ce qu’il s’y passe. Dans une forêt, la nuit, il y a toujours du bruit. C’est venu comme ça, en répétant, on a ajouté les cris de ces animaux interprétés par chacune. Je suis très content de cette partie là, de cette évocation un peu étrange d’une forêt qui est faite par les gens qui sont sur scène. (ndlr : avec de simples barres métalliques pour évoquer les arbres)
Obéron (Nicolas Briançon) et Titania (Mélanie Doutey), avec le malicieux Puck (Lorant Deutsch), en arrière plan
ERS : Pourquoi ce choix de transposer l’histoire dans les années 70 ?
NB : J’essaye de secouer ce qu’on appelle la tradition, pour qu’elle paraisse vivante, proche du public d’aujourd’hui. Souvent quand on met un costume élisabéthain, par exemple, sur un comédien, il a tendance à jouer « époque », prendre une distance vis-à-vis du rôle et souvent le public se sent au musée ! Il perd tout sens critique. Ca m’intéresse que les gens prennent la pièce dans tout ce qu’elle a de vivant. Au début, on parle de jeunes gens qui s’aiment et qui ne peuvent pas s’aimer, dans une société qui est extrêmement corsetée, fermée, autoritaire, j’ai pensé à une société qui pourrait être pré-mai 68. Ensuite, ils arrivent dans cette forêt, qui est quasiment au sens où Freud l’entend, la forêt du fantasme, du désir, de l’inconscient, et dans ce lieu, tout explose. Ceux qui étaient amoureux des uns, deviennent amoureux des autres. Alors qu’on se touchait du bout des doigts et on se parlait de manière très élégiaque, on se met à évoquer ses désirs de façon beaucoup plus directe. Là, c’est le phénomène du début des années 70, où tout à coup il y a une explosion de liberté. En sortant de la forêt, tout se recadre et s’apaise, les couples se retrouvent, et on vit avec cette liberté acquise, en l’ayant un peu recadrée. Ça m’a amusé, mais, j’ai avant tout essayé d’avoir une approche anglo-saxonne, très concrète du texte. Cette forêt c’est tout ce qu’on veut. Elle donne du sens à la pièce, et me permet d’évoquer un univers de fantasmagories, sexuée, avec du décalage, de la drôlerie. Il me semble qu’il y a tout cela dans cette pièce. ERS : Vous avez des projets en cours ? NB : J’aime bien alterner entre la mise en scène et le travail d’acteur. Juste après le festival d’Anjou, je tourne un film avec Daniel Auteuil et Mathieu Kassovitch, à Paris tout l’été. Ensuite, on reprend les répétitions du Songe d’une nuit d’été, à partir du 25 août, pour des représentations à partir du 10 septembre 2011, au théâtre de la porte Saint-Martin. Pour le centenaire du théâtre des Champs Elysée, qui serait célébré fin 2012, je vais monter La folle de Chaillot (ndlr : pièce de Jean Giraudoux), avec Anny Duperey et j’aimerais beaucoup que ce soit la création de l’année prochaine au festival d’Anjou. Dans la même rubrique :
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