Notre-Dame-des-Landes : "C'est désormais à l'Etat d'agir"


Rédigé par - Angers, le 25/01/2016 - 19:43 / modifié le 26/01/2016 - 11:36


L'expulsion des habitants historiques de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été validée lundi par le justice. Les partisans du projet d'aéroport du Grand Ouest redemandent à l'Etat d'évacuer les terrains. A leur tête, Bruno Retailleau, le nouveau président du Conseil régional, où un vœu a été adopté en ce sens.



Bruno Retailleau, président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire, redemande à l'Etat d'évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Bruno Retailleau, président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire, redemande à l'Etat d'évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
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Est-ce le début de la fin pour les opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique ? Deux semaines après leur dernier grand rassemblement, le juge de l'expropriation du Tribunal de Grande Instance de Nantes a confirmé et donc validé lundi l'expulsion, réclamée par une filiale du groupe de BTP Vinci, des derniers occupants "historiques" des terrains destinés à accueillir l'infrastructure aéroportuaire.

Il s'agit de onze familles et quatre agriculteurs, tous opposants de longue date au projet d'aéroport. Huit de ces onze familles se sont vues accorder un délai de deux mois, courant jusqu'au 26 mars pour quitter les lieux. Mais "l'évacuation peut commencer pour les exploitations agricoles" et pour les familles non concernées par le délai, a fait savoir le juge de l'expropriation, Pierre Gramaize, dans des propos rapportés par l'AFP.
  
Ce dernier a choisi de ne pas assortir sa décision d'une astreinte financière, contrairement à ce que réclamait Vinci car, selon lui, "le principe de l'astreinte n'était pas justifié" et cette demande apparaissait "disproportionnée pour des familles qui ne disposent que de revenus modestes", précise encore l'AFP. Les exceptions en nullité de l'assignation, ainsi que les demandes de transmission de Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposées par les défenseurs des habitants "historiques" ont été rejetées, considérées comme "dépourvues de sérieux".

"Les zadistes sont absolument déterminés et aucune entreprise privée n'acceptera de travailler sur le chantier s'il reste des poches de contestation" - Bruno Retailleau

Conséquence directe de cette décision, les partisans du projet d'aéroport ont multiplié les déclarations ce lundi, pour appeler l'Etat à faire évacuer la fameuse ZAD. A commencer par Bruno Retailleau, le nouveau président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire, lequel se réunissait lundi à l'occasion de sa première séance plénière depuis son installation.

"La Justice a parlé, c'est désormais à l'Etat d'agir" a estimé la président de la Région, appelant celui-ci à procéder rapidement "au lancement des travaux" et "à l'évacuation de la ZAD". "Il est illusoire de penser que des travaux éloignés de la ZAD, sur la desserte routière par exemple, ne rencontreront aucune opposition. Les zadistes sont absolument déterminés et aucune entreprise privée n'acceptera de travailler sur le chantier s'il reste des poches de contestation" estime Bruno Retailleau pour qui "cette décision de Justice doit être l'élément déclencheur pour que nous sortions du bourbier de Notre-Dame-des-Landes".

Un peu plus tôt dans l'après-midi, le Conseil régional avait fait adopter un vœu, rédigé par Franck Louvrier (Les Républicains), condamnant les actes de vandalisme commis autour de la ZAD et défendant la même nécessité d'évacuation. L'ensemble des groupes de la majorité régionale mais aussi le Front National l'ont voté. Le groupe socialiste s'est abstenu et les écologistes ont voté contre. "L'Etat doit lancer le projet" ont dit aussi en substance Alain Mustière, le président de l'association Des Ailes pour l'Ouest qui soutient le projet, et le président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet (PS).
"On aurait aimé la même sévérité avec les bonnets rouges" - Benoit Hartmann, France Nature Environnement
Du côté des associations et collectifs d'opposants, peu de réactions officielles encore. Mais les habitants visés par la procédure d'expropriation se sont fait entendre à la sortie du tribunal, à chaud : "On ne peut pas bien réagir sur un dossier comme ça. C'est vraiment inadmissible (...). On va rentrer chez nous et réfléchir sereinement (...). En deux mois, on ne peut pas déménager une ferme, faut être réaliste" a indiqué notamment Sylvain Fresneau, l'un des agriculteurs concernés, confiant sa volonté de continuer à se battre contre le projet.

L'association France Nature environnement, dans des propos rapportés par Ouest-France, parle d'une "décision qui entérine l’expulsion inutile de plusieurs familles". "On aurait aimé la même sévérité avec les bonnets rouges" a commenté son porte-parole Benoit Hartmann, auprès de nos confrères.

Tous les regards et toutes les oreilles se tournent désormais vers François Hollande, attendu pour prendre enfin la parole sur ce dossier.

  





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