"Nous vivons un Etat d'urgence climatique et démocratique"

LA TRIBUNE DU LUNDI - #TRIBUNEDULUNDI


Rédigé par Bernard Cottier, Bruno Ferrari et Mickaël Poiroux, engagés dans les mouvements citoyens autour de la COP21 - Angers, le 30/11/2015 - 07:00 / modifié le 28/05/2016 - 09:38


Contribuer au débat public sur le territoire angevin et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. Alors que la 21e conférence des parties (COP21) s'est ouverte à Paris, trois signataires "engagés" s'en saisissent pour définir les enjeux de l'événement, mais aussi leurs doutes quant à son efficience. Pour eux, seule la mobilisation citoyenne est en capacité de faire bouger les lignes...



Les mobilisations citoyennes se sont multipliées cette année (comme ici AlternatiLoire) pour alerter sur l'importance d'agir face à la réalité du réchauffement climatique.
Les mobilisations citoyennes se sont multipliées cette année (comme ici AlternatiLoire) pour alerter sur l'importance d'agir face à la réalité du réchauffement climatique.
"La gravité des crimes commis en France le 13 novembre et ces dernières années (mais aussi dans d'autres pays : Tunisie, Liban, Turquie, Mali,...) a conduit à déclarer l'état d'urgence dans notre pays. En regard, les menaces que fait peser le changement climatique sur le monde sont largement sous-estimées alors que nous sommes déjà en état d'urgence climatique pour de longues décennies à venir. L'enjeu n'est pas tant de sauver la planète que de préserver les conditions permettant à nos sociétés de s'épanouir.
 
Par l'exploitation des ressources fossiles (pétrole, gaz, charbon), nous sortons d’un climat relativement stable qui a accompagné toutes les civilisations depuis 10 000 ans, pour entrer dans une période d'emballement chaotique et non maîtrisable.
Les impacts des émissions de gaz à effet de serre (GES) se font sentir aujourd'hui dans les régions et sur les populations les plus vulnérables, déstabilisant des sociétés, accentuant les inégalités et alimentant les rangs des réfugiés climatiques.
 
Dire que « l'Homme est responsable du changement climatique » revient trop souvent à masquer le fait que certains en portent une grande part de responsabilité, à savoir les pays dits « développés » et les classes dirigeantes ; ces derniers ont fondé leur croissance et leur richesse monétaire sur l'exploitation du charbon, puis du pétrole, à travers la promotion d'une société de la consommation, du jetable et du déchet, une agriculture intensive dépendante de la pétrochimie, l'hégémonie de l'automobile individuelle et la banalisation du transport aérien, la mondialisation et la délocalisation des productions, les guerres du pétrole ...
"Ayant reculé l'heure des choix politiques courageux depuis 25 ans, les négociateurs de la COP21 risquent de poursuivre la mascarade des pseudo-engagements non contraignants mobilisant largement de « fausses solutions »."

Ayant reculé l'heure des choix politiques courageux depuis 25 ans, les négociateurs de la COP21 risquent de poursuivre la mascarade des pseudo-engagements non contraignants mobilisant largement de « fausses solutions ». Parmi les  ̎solutions ̎ négociées, les mécanismes d'échanges ou d'achats entre pays ou entreprises de « droits à polluer » via la création de complexes marchés du carbone laissent croire que les émissions issues de l'extraction d'énergies fossiles peuvent être compensées ou neutralisées. Quant aux solutions dites technologiques, dont le nucléaire ou l'enfouissement du carbone, elles reviennent à remplacer la peste par le choléra.
 
Il faut donc se rendre à l'évidence : seule une réduction drastique et rapide de l'extraction des énergies fossiles (limitation du prélèvement à 20 % des réserves d'hydrocarbures connues) est aujourd'hui susceptible de stopper l'accumulation des GES dans l'atmosphère. S'agit-il pour autant de revenir à l'âge de pierre ? Au contraire : un nouvel imaginaire collectif est à créer, une nouvelle histoire de vie en commun est à inventer. De nombreuses initiatives existent déjà : agriculture paysanne et biologique, circuits courts, monnaies locales, recycleries, copartage associatif et troc, économies d’énergie et énergies renouvelables, clubs d’investissement citoyen...

Seule la mobilisation citoyenne montre aujourd'hui sa capacité à faire réellement bouger les lignes et à s’attaquer au pouvoir prédateur de la finance en quête de profits illimités. Dans le contexte actuel de soumission des gouvernants politiques à ces intérêts économiques, rien d'étonnant que soient exploités les événements dramatiques de ces dernières semaines pour brider l'expression démocratique et remettre en cause des libertés publiques, notamment en interdisant les manifestations citoyennes pacifiques.
L'exemple emblématique de cette expression citoyenne dérangeante pour les pouvoirs en place est celle du combat contre le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes dans sa double dimension : lutte contre un grand projet inutile et invention de nouvelles formes de vie et de collectif sur la ZAD.
 
Ce projet imposé sans vraies concertations citoyennes, constitue une atteinte à la démocratie : nous avons en France 157 aéroports pour 60 millions d'habitants (l'Allemagne en a 88 pour 80 millions d'habitants). Comme le montrent les ateliers citoyens nantais, le réaménagement de l'aéroport existant s’avère possible et beaucoup moins coûteux. Sur le plan environnemental, ce projet est l'exemple à ne pas suivre : il impliquerait la disparition de l'un des derniers bocages humides de l'ouest de la France, mais aussi la destruction d'une zone considérée comme véritable château d'eau de la région nantaise, berceau de nombreuses espèces animales et végétales, rares et protégées.
 
A l'appel des habitants impactés de la zone, des militant-e-s sont venus s'installer pour empêcher tout démarrage des travaux, mais aussi pour y construire des formes de vie, d'habitats, d'agricultures et d'organisations collectives. Soutenu par de nombreuses associations et organisations citoyennes, politiques ou syndicales, le développement de ces luttes et de ces alternatives rejoint celles d’autres populations du monde qui subissent déjà les conséquences du réchauffement climatique.
 
www.coordination49-cop21.jimdo.com












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