Nuit Debout, l'éveil des consciences ?


Rédigé par - Angers, le 07/04/2016 - 08:10 / modifié le 08/04/2016 - 07:41


Né au lendemain de la grande journée de manifestations contre la Loi Travail, le mouvement Nuit Debout se prolonge de manière continue depuis 7 jours, et essaime à travers toute la France. Un mouvement "apartisan", mais pas "apolitique", qui posera les débats de société en tout liberté jeudi soir à Angers, Place du Ralliement. Rencontre avec l'un de ses participants.



Photo issue de la page Facebook de Nuit Debout, ici à Paris.
Photo issue de la page Facebook de Nuit Debout, ici à Paris.
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La convergence des luttes comme chemin d'avenir ? Un rêve général pour s'échapper de la morosité du temps ? Depuis le 31 mars et la grande manifestation nationale contre le projet de loi travail, ils sont plusieurs milliers, à Paris comme dans beaucoup d'autres villes françaises (et même étrangères, comme à Valence, en Espagne), à ne plus vouloir se coucher, devant la société qu'on leur impose.

Nuit Debout a ainsi pris ancrage dans la convergence des luttes et se poursuit depuis 6 jours, faisant naître le fol espoir, pas d'un grand soir, mais d'une autre façon de voir le monde. Feu de paille ou prémices d'un brasier ? La première Nuit Debout d'Angers, qui se tient à partir de 19 h, jeudi, Place du Ralliement, devrait permettre de s'en faire une idée, mais la contagion virale sur les réseaux sociaux laisse à penser que quelque chose est née. Reste à savoir quoi.

Première certitude : Nuit Debout est, pour l'heure, plus une somme de "je" qu'un "nous". Pour se préserver de toute récupération, politique ou syndicale. "Je ne suis ni de droite, ni de gauche, ni syndicaliste", avise Julien, qui est un des premiers à avoir relayé le mouvement sur Angers. "Il s'agit d'un mouvement apartisan, mais pas apolitique, car il entend réellement changer la politique de ce pays."

Comment ? Par une réflexion et des débats citoyens, relayés en direct live sur Periscope, Twitter ou autres réseaux sociaux. L'idée, c'est donc celle de la convergence des luttes. Si c'est la mobilisation contre la loi Travail qui a été l'élément déclencheur, "Nuit Debout entend traiter de bien d'autres sujets : l'écologie, le féminisme, la démocratie directe, l'économie..." cite entra autres Julien. Lui ne porte pas de masques de Guy Fawkes, comme les mouvements Anonymous ou Occupy, mais tient à l'anonymat. "Pas de porte-parole, pas de personnification, car chacun vient à Nuit Debout pour des raisons qui lui sont propres", avance Julien.
"Il s'agit d'un mouvement apartisan, mais pas apolitique, car il entend réellement changer la politique de ce pays."

Lors de la réunion, dans un bar angevin, de la vingtaine de personnes mobilisées pour faire naître la Nuit Debout à Angers -une réunion "logistique pour mettre en place le cadre le plus souple possible, le plus propice aux échanges"- il y avait "un intermittent, un patron de PME, un salarié, des étudiants, des lycéens, un fonctionnaire. Bref, une petite France", poursuit Julien. "Et nous n'étions pas tous du même bord, c'est une certitude." Qu'est-ce donc qui les unit ? A défaut d'un sentiment collectif, nous prendrons le sentiment de Julien : "Depuis un an, j'ai vraiment l'impression que l'on se fait enfumer par une espèce de force supérieure... J'ai du mal à l'exprimer... Comment le dire ? Je ne suis pas en colère, mais indigné. Je suis et vis dans ce monde-là, mais je ne le trouve pas juste".

Il y a pourtant dans son engagement, ses trois dernières nuits sans sommeil ou presque pour répondre aux posts déposés sur la page Facebook du mouvement, un réel espoir de changement. "C'est pile le bon timing, toutes les conditions sont réunies pour que Nuit Debout s'inscrive dans le temps : l'Etat d'urgence, un climat de tension, le gros ratage de la COP 21, un ras-le-bol du politique, avec des nouvelles affaires chaque jour -Panama papers est sorti le lendemain de la première Nuit Debout !-... Bref, tout le monde est bien tendu, et maintenant qu'on t'a prouvé notre incompétence, on te demande en plus de t'asseoir sur le Code du Travail".
La goutte d'eau qui a fait déborder le vase et suscité un élan. Le voit-il se prolonger jusqu'aux élections présidentielles, sous une forme politique à la Podemos ? "J'aimerais bien, mais encore une fois, ça n'est que mon avis."

Jeudi soir, place du Ralliement, des tuteurs seront dressés, affichant un thème et le début de discussions qui s'éteindront une à une, puis renaîtront au gré des échanges. Comme depuis le début de Nuit Debout, un compte rendu sera mis en ligne séant, "pour que tout ça ne soit pas vain".
Et qu'il ne s'agisse plus de se coucher. Jamais.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Polyanna le 07/04/2016 11:21 | Alerter
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Il faudrait décidément inventer un nouveau vocabulaire pour décrire ce mouvement plein d'espoir. Les jeunes (et pas seulement eux ! ) expriment "un ras-le-bol de la politique" - non ! du jeu politicien ! Ce qui se crée là est profondément politique, c'est l'implication des citoyens dans le gouvernement de la Cité (définition première de la politique). A 67 ans, je soutiens de tout cœur ce mouvement et j'espère qu'il débouchera sur un renouvellement de notre vieille démocratie.

2.Posté par Agathe le 08/04/2016 22:35 | Alerter
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Le mouvement n'est pas né au lendemain des manifs du 31 mars mais fin février. Le 23 pour être exact.
Il a été organisé par des mouvements gravitant dans la sphère politique comme DAl et une composante de SUD.
Ce n'est pas un mouvement spontané mais une rencontre parfaitement organisée.

3.Posté par valentini le 12/04/2016 15:44 | Alerter
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Le premier avril, cette année, en France, a été politique. Au lieu des habituels paris, sur l'évolution positive des requins de la police radicale de France-Allemagne, des maquereaux et morues de l'alliance monétaire économique des jeune et vieille Europe, du dieu abyssal des nations de la sage et puissante Amérique du Nord, bref au lieu des mille discours lénifiants sur un changement souhaitable de tous les gros poissons du vieux monde des dictateurs et libéraux réunis,...








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