Numérique : sommes nous encore maitres de notre temps ?


Rédigé par - Angers, le 24/10/2012 - 14:14 / modifié le 25/10/2012 - 07:27


Téléphones intelligents, tablettes, micro-ordinateurs, ces outils communicants se sont immiscés dans notre quotidien bousculant les codes et les usages en matière d’organisation. Notre temps nous appartient-il toujours ? C’est la question que posait hier soir à Angers, l’opérateur Orange, en organisant un « Barcamp » sur la gestion du temps.



Un groupe de travail en pleine interrogation, hier soir, à la maison des projets d'Angers
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Ils sont chefs d’entreprises, professions libérales, salariés, retraités et mêmes représentants syndicaux, ceux qui participaient au « Barcamp » organisé par le « collectif du temps » de l’opérateur Orange, dans la maison des projets d’Angers, ce mardi 23 octobre, avaient un point commun : ils sont utilisateurs d'appareils numériques qui leur permettent de s’affranchir de la notion de temps et d’espace.

Autrefois, le temps était rythmé par la cloche du village. Désormais il est organisé selon les courriels, textos et autres messages de microblogging, à toute heure du jour et de la nuit, entrainant l’utilisateur dans une spirale infernale qui lui fait perdre toute notion de temps. Sujets à une véritable addiction pour certains, ils perdent tous repères, ne sachant plus où se trouve la frontière entre leur vie professionnelle et leur vie privée.

L’opérateur Orange qui installe et gère des réseaux de communication, notamment sur Internet, ne vend pas de matériel numérique. « Toutefois cela ne nous empêche pas de nous interroger sur la façon dont les utilisateurs les utilisent. Quelle perception ont-ils désormais du temps ?», expliquait Céline Doublet, responsable communication Orange pour les Pays de la Loire. « Nous observons que certains clients deviennent dépendants et parfois malheureux. S’il ne s’agit pas d’une démarche commerciale et encore moins d’un laboratoire, nous cherchons à savoir jusqu’où ils peuvent encore choisir ».

En lançant l’idée d’un « collectif du temps », Orange veut faire en sorte que des utilisateurs, venus souvent d’horizons différents, puissent se rencontrer et réfléchir ensemble sur leur situation et parfois leur addiction. « Nous n’apportons pas de solutions, nous sommes des facilitateurs ».

C’était donc l’esprit de ce « barcamp », organisé hier soir à Angers. D’un premier échange entre la trentaine de participants présents dans la salle, des groupes se sont constitués afin que chacun puisse échanger sur ses pratiques en matière de gestion du temps.

Faire du temps un allié plutôt qu’un ennemi

« Le temps est-il une ressource ou une contrainte », « l’injonction de l’instantanéité », « risque d’addiction ou opportunité », autant de thèmes abordés hier soir par les participants et restitués collectivement. C’est le principe du « barcamp », où chacun est à la fois spectateur et conférencier.

Venus pour la plupart sans savoir vraiment comment allait s’organiser cette soirée, tous sont repartis conquis. La démarche qui pouvait s’apparenter aux cercles où l’on apprend collectivement à se débarrasser d’une dépendance aura peut-être été salutaire pour certains. « Je trouve cela très fécond, c’est une expérience intéressante et enrichissante », expliquait Alain, journaliste à la retraite.

« Savoir gérer son temps c’est gagner en efficacité », ajoutait Michel, secrétaire syndical à la CFDT. « La gestion du temps, ce n’est pas l’apanage des patrons, c’est l’affaire de tous. J’étais invité ici et je ne suis pas déçu ».

Même si, entre les tables rondes certains continuaient à « twitter », la plupart on su poser leur smartphone pour réfléchir et se regarder dans le miroir. « Il ne tient qu’à nous que le temps devienne un ami plutôt qu’un ennemi », déclarait Julien, un agent de collectivité territoriale qui s’oblige à ne pas répondre au téléphone ou consulter ses courriels quand il a décidé de se reposer. « Je n’ai pas de recette particulière, mais j’arrive à faire la part des choses entre vie professionnelle et vie privée ».

Communicants confirmés ou simples curieux, chaque participant a apprécié cette méthodologie qui devraient, c’est tout au moins ce que l’on peut espérer, leur permettre de mieux gérer l’utilisation d’outils numériques faisant parfois d’eux des esclaves modernes.





Yannick Sourisseau
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