Octobre 2015 - Changements climatiques : l'enjeu de l'eau en cinq questions

L'année 2015 d'Angers Mag Info #10


Rédigé par Yves BOITEAU et Sébastien ROCHARD - Angers, le 03/01/2016 - 08:00 / modifié le 31/12/2015 - 10:24


En cette fin d'année, nous vous proposons de revenir sur l'actualité de ces douze derniers mois. En octobre dernier, la Conférence Climat de Paris (COP21) approchant, Angers Mag s'était interrogé sur les impacts du changement climatique dans la région. Avec, parmi les sujets de préoccupations, la question fondamentale de l'eau.



La Loire à Chalonnes (archives).
La Loire à Chalonnes (archives).
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La baisse des débits, conséquence du changement climatique ?

A la vue des immensités sableuses que la Loire a laissé encore apparaître cet été en Anjou, le raccourci reste tentant : de moins en moins d’eau, c’est qu’il fait plus chaud ? Trop simple. « La modification du régime hydrologique devrait être une conséquence directe du changement climatique, puisqu’elle affecte les fonctions d’entrée (cumul, fréquence et intensité des pluies, fonte de la neige et des glaciers), les fonctions de consommation (évapotranspiration), les conditions internes au bassin versant (état de surface, capacité de stockage…) (…). Sa mise en évidence sur les chroniques passées est paradoxalement difficile voire contradictoire », écrivait en 2012 Philippe Merot, directeur de recherche à Agrocampus Ouest, dans une contribution collective sur les changements climatiques dans l’Ouest (1). Les causes de ce flou ? « La très forte variabilité intrinsèque des régimes des eaux » et l’influence des activités humaines (barrages, pompages, rejets…) qui brouillent les lectures. La nuance ne peut pour autant faire oublier l’essentiel : la baisse attendue des débits des rivières s'élève jusqu’à « plus de 40% » en Pays-de-la-Loire d’ici à 2100, selon certaines simulations.

Où en sont les nappes souterraines ?

Surveiller et comprendre l’évolution des réserves d’eau souterraines se révèle autrement plus complexe que le débit des rivières. Pour les aquifères, ces petites formations géologiques dont regorge la partie centrale de la Loire, l’exercice est plus facile « car elles réagissent assez vite comme les eaux de surface » relève Florence Habets, directrice de recherche au CNRS en hydrométéorologie : « En revanche, les nappes peuvent réagir sur plusieurs années et même s’il y a des périodes humides, ne pas montrer de signe d’amélioration. »

Reste là-aussi que les projections avancent une baisse quasi générale de la profondeur des nappes d’ici à 2050 en France, « et ce quelle que soit l’évolution de la pluviométrie », insiste Florence Denier-Pasquier, vice-présidente de la Sauvegarde de l’Anjou : « Ça signifie qu’on va toucher les limites de façon beaucoup plus régulière et qu’on peut se retrouver en situation de fragilité globale. »

Etiages, un dispositif de gestion efficient ?

Le plan national d’adaptation au changement climatique a fixé à 20% l’objectif de diminution des prélèvements en eau sur le milieu, hors stockage hivernal. Depuis 1998, en fonction des débits et des cotes piézométriques, un dispositif préfectoral fixe des mesures de gestion en période d’étiage pour les 21 bassins versants du Maine-et-Loire, de la simple recommandation jusqu’à l’interdiction de pompage (hors usage pour l’alimentation humaine). Cette année, ces mesures ont été levées le 23 septembre. « Agriculteurs, pêcheurs, éclusiers, associations environnementales… tous les acteurs de l’eau sont associés, rappelle Patrick Buob, à la Direction des Territoires. Ça se passe bien. »

Florence Denier-Pasquier met deux bémols : les niveaux de prélèvements, trop généreux encore selon elle, et une « absence de vision globale » de la ressource. Ainsi, l’évolution dans le temps des nappes souterraines ne fait-elle l’objet d’aucune étude transversale.

Trop gourmandes les cultures angevines ?

Peut-on assumer une ambition économique mondiale et ménager ses ressources en eaux ? Là est bien le défi de la filière végétale angevine. Un défi qui a généré par le passé de fortes tensions notamment autour de la station de pompage de Saint-Martin-de-la-Place, mise en service en 2006 pour les besoins des irrigants de l’Authion.

Goutte à goutte, récupération des eaux de pluies, pratiques culturales et variétales… si les efforts sont réels, l’irrigation reste un sujet sensible en particulier pour le maïs fourrager. De façon collatérale, les conditions de stockage de l’eau l’hiver divisent agriculteurs, administrations et environnementalistes, les premiers jugeant trop restrictives le cadre législatif entourant la construction de réserves.


Quelles priorités d'usage ?
 
L'interrogation est prégnante dans le Maine-et-Loire, qui est le plus gros consommateur d'eau de la région : une position qui s'explique par la démographie du territoire, mais aussi et surtout par la très forte part de l'irrigation (46 % de la consommation totale en 2009, selon les chiffres de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne) dans cette consommation. Au printemps 2013, une étude remise à la Datar pointe comme un enjeu majeur à court terme la sécurisation de "l’alimentation en eau potable" et la réponse "aux besoins du milieu en situation de restriction d’eau". Reste que "la présence de quatre centrales nucléaires sur le cours de la Loire (...) ajoute un élément stratégique non négligeableLa reconnaissance d’un tel enjeu pourrait conduire à accepter de façon dérogatoire, en cas de pénurie, des rejets d’eau par les centrales nucléaires à des températures supérieures aux plafonds normalement tolérés, affectant directement les milieux aquatiques".

Et le rapport d'envisager une réduction de "la part de l’agriculture au profit du maintien de la production d’énergie dans le partage de ces volumes". Une solution qui va à l'encontre de la priorisation des usages définie par le Sdage, "qui considère l'alimentation en eau potable et l'approvisionnement des milieux comme prioritaires par rapport aux autres usages."
Bref, il va falloir trancher.

(1) « Changement climatique dans l’Ouest : évolutions, impacts, perceptions » (Presses universitaires de Rennes, 2012)

Sur le même sujet, et toujours en 2015 :










1.Posté par Pascal le 05/01/2016 10:33 | Alerter
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Bonjour,
L'eau est la plus grande richesse sur terre. 70% de la surface de la terre est constituée d'eau, repartie en 97% d'eau salée et 3% d'eau douce. L'eau est déjà un problème et sera encore plus problématique pour les années à venir et les générations futures.
Le Maine et Loire fait parti des réseaux hydrographique les plus riches de France, mais le qualité n'y est pas.
La Directive Cadre sur l'Eau (DCE) datant de 2000, fixé un objectif aux états membres de l'union européenne d'obtenir une...








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