Octovales de la Paix : le témoignage poignant de Kim Phúc


Rédigé par - Angers, le 06/10/2015 - 08:30 / modifié le 28/05/2016 - 09:25


Sa photo qui symbolise l’horreur du conflit américano-vietnamien, a fait le tour du monde. Kim Phúc qui porte encore les séquelles de ce moment gravé à jamais dans sa mémoire participe aux 6e Octovales de la paix et de de la non-violence à Angers.



Kim Phúc lors de sa conférence aux salons Curnonsky à Angers
Kim Phúc lors de sa conférence aux salons Curnonsky à Angers
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En juin 1972, l’armée américaine, alors engagée dans la guerre contre le Front de libération du Sud-Vietnam bombarde au napalm le village de Trảng Bàng au Sud-Ouest du pays, croyant qu’il s’agissait d’un repaire ennemi. Les populations civiles qui l’habitent, parmi lesquelles la petite Phan Th Kim Phúc, 9 ans, fuient les bombardements. Gravement brulée au dos et au bras gauche, la petite fille doit sa survie à un photographe de l’Associated Press, Huỳnh Công Út, plus connu sous le nom de Nick Ut. « C’était une vision d’horreur », rapportait-il dans un journal de l’époque. « Je l’ai vu foncer sur moi, j’ai appuyé sur le déclencheur puis elle s’est évanouie dans mes bras. »
 
Après avoir réalisé la photo qui deviendra plus tard le symbole de l’horreur de la guerre du Vietnam, Nick Ut, conduira la fillette à l’hôpital de Saïgon où elle sera soignée.
 
Après 14 mois d'hospitalisation et 17 interventions chirurgicales, Kim Phúc est sauvée. Mise sous étroite surveillance par le gouvernement communiste vietnamien qui veut en faire un emblème, elle réussit à s’enfuir avec son mari lors d’une escale au Canada, où elle demande l’asile. Kim Phúc  vit désormais à Toronto.
 
Avec une voix douce, retenant à peine ses larmes, elle évoque avec beaucoup de pudeur cet instant qui a marqué sa vie jusqu’au plus profond de ses chairs, comme en témoignent son bras qu’elle montre à l’assemblée. « Heureusement je n’ai pas été brulée aux pieds ce qui m’a permis de m’enfuir, mais plusieurs membres de ma famille sont morts », explique-t-elle avec courage, montrant la célèbre photo. « Je suis encore en vie. J’ai pardonné aux américains, à ceux qui ont lancé des bombes sur mon village et à tous ceux qui m’ont imposé de la souffrance ».

Sauvée par sa foi chrétienne

Si pendant des années, elle ne voulait pas regarder la photo où elle se voyait hurlant de douleur, celle-ci l’a rattrapé. « A chaque fois que je ne voulais plus la voir, on me la montrait où on m’en parlait, alors j’ai appris à vivre avec et à me réconcilier avec mon passé ». C’est d’ailleurs la photo qui illustre la plaquette de la fondation qu’elle a créé pour venir en aide aux enfants victimes de la guerre.
 
Née au Vietnam du sud, Kim Phúc est initiée très jeune au Caodaïsme, une religion créée en 1926 par Ngô Van Chiêu, grand amateur de spiritisme et fonctionnaire de l'administration coloniale française.  C’est tout naturellement qu’elle se réfugie dans cette religion  pour chercher à apaiser ses douleurs.
 
Harcelée par le régime vietnamien, elle se sent de nouveau victime et envisage de mourir. « Je n’avais plus envie de vivre, je me demandais où étaient mes dieux pour me venir en aide. Je voulais trouver la paix pour avancer dans la vie ».  C’est en se rendant dans une bibliothèque qu’elle découvre le nouveau testament et décide de se convertir à la religion catholique.  « J’ai découvert que Jésus était le chemin et qu’il était la vie. J’étais confuse et je me demandais qui croire. J’ai alors fait un travail sur moi-même et je suis allée dans une église pour comprendre ».
 
Très croyante, elle veut être la messagère du pardon, de la réconciliation et de la tolérance, tout particulièrement auprès des victimes civiles dans les pays sortant d’une guerre. «  Toutes ces épreuves m’ont destinée à être leur porte-parole ».  Malgré ses souffrances qui nécessitent encore des soins particuliers et de grandes périodes de repos, Kim Phúc est aujourd’hui ambassadeur de la paix auprès de l’UNESCO.
 
« En voyant la photo du petit Aylan Kurdi, j’ai beaucoup pleuré », dit-elle. « Comment peut-on encore faire autant de mal aux enfants ».  C’est parce qu’elle aime beaucoup les enfants qu'elle s'est rendue ce lundi dans plusieurs lycées angevins « afin de tout faire pour que les jeunes transmettent un message de pardon ».
 
Dimanche, plus de 150 personnes ont assisté avec beaucoup d’émotion à la conférence qu’elle donnait aux salons Curnonsky à Angers. Le public s'est levé pour l'applaudir et nombreux sont ceux qui sont venus la remercier.
 


Kim Phuc évoque sa croyance lors de la conférence de presse qu'elle a tenu samedi dernier aux salons Curnonsky à Angers




Yannick Sourisseau
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