On Stage #42 au Chabada : bruit, son ardents


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Lundi 10 Mars 2014 à 07:22


Jeudi soir, au Chabada, trois groupes locaux se produisaient dans le cadre du On Stage saison 42. Kavale, Born in Roses et Les ultra buzzés Paddocks ont livré des sets convaincants, incandescents et enflammé nos têtes et nos jambes. Le réveil angevin ?



The Paddocks
The Paddocks
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Depuis deux-trois ans, les échotiers du rock made in Angers sont unanimes : un truc se passe ici. Pas une semaine sans qu'un nouveau groupe ne fasse parler de lui. VedeTT, Lemon Queen, San Carol ou Ptit FAT, responsable d'un premier album ("Rude paradis") tout-à-fait respectable, pour ne citer qu'eux sont les figures de proue de ce courant frais. Les soirées On Stage proposées par le Chabada y sont sûrement pour quelque chose. Jeudi, c'était la 42ème édition. Et les trois formations retenues par le jury ont envoyé un tel bois qu'il ne serait pas étonnant de voir sous peu leur carrière décoller.

C'est déjà (un peu) chose faite pour The Paddocks qui ont logiquement conclu la soirée. Depuis quelques semaines, la renommée de ce trio de jeunes gens fougueux et hilarants, enfle. Il y a peu, ils ont ainsi décroché un ticket pour le prochain Tempo'Rives. D'aucuns en outre les ont comparés aux Libertines. Une filiation piégeuse dont ils se revendiquent – le clip de "Delivery" des Babyshambles, formation un peu moins foutraque, plus mélodieuse de Peter Doherty étant dispo sur leur Facebook (si vous aimez ça, vous nous adorerez, en gros) – mais dont ils ont su aussi s'émanciper.

Ne nous attardons donc pas sur eux tant ils bénéficient déjà d'une fanbase enamourée. Juste dire qu'au-delà de leur compos martiales, cut, on trouve aussi chez ces admirateurs d'Oprah (sic et méga lol) des morceaux plus construits, plus élaborés. Et des hymnes en puissance. "God bless America" est une déflagration, un tube évident.

Vous avez demandé du sanguin, du rock qui pue, ne quittez pas. Avant les Paddocks, les très respectables Born in Roses ont eux aussi sévèrement dégommé nos tympans. Là encore un trio avec un batteur abrasif, qu'on imagine dingue de Dave Grohl, pour pièce maîtresse d'un puzzle über power pop. Ces gars-là ont été biberonnés aux sons des nineties. Pas le bourrin à la Pumpkins ou autres Placebo. Chez les Born in Roses, il y a d'ailleurs plus d'épines hautement fréquentables que de guns. "On a été élevés au bon grain des années 90", confirme le chanteur en milieu de prestation. CQFD.

Rock frontal, lignes de fuite

Oui, certes, il y a un peu de Nirvana chez eux mais il y a surtout toutes ces influences cools et digérées dont Bernard Lenoir était le thuriféraire : des Boo Radleys aux Franck and Walters en passant par les QOTSA, voire les Super Furry Animals. Ces trois garçons ne donnent pas dans le maniérisme, ni dans le rock Prada, comprenez celui du milieu, centriste, sans convictions, inoffensif, pensé et calculé pour inonder les allées d'un Séphora ou d'un Gap.

Ils montrent en sus qu'on a beau être nés dans les roses - mon Dieu, les gender studies ont encore frappé (ce sont les petites filles que la cigogne dépose dans les roses, voyons !) - leur musique ne nous envoie pas moins direct dans les choux. Et on en redemande. Sauf peut-être pour "Belgrade", le titre final interprété en français. Où l'on a une fois de plus vu que rock et langue vernaculaire type Luke, non franchement, ça passe pas.

Une pensée définitive que les cinq membres de Kavale qui ont ouvert le bal sont venus a posteriori quelque peu contrarier. Jean-Philippe, violoniste et l'un des deux chanteurs, et ses camarades ne boxent pas dans la même catégorie que les Paddocks et les Born in Roses. Leur came à eux depuis 2007 - ce ne sont donc pas des perdreaux de l'année - ce serait plutôt pour faire simple des textes réalistes à la française.

Kavale creuse donc un sillon tracé par Les Garçons Bouchers, Mano Solo ou Louise Attaque. Avouons-le tout de go : c'est pas avec ça qu'on avale notre Banania-Libération au p'tit dèj'. Mais, les Angevins ont pour eux de ne pas se la raconter, ni de tomber dans les écueils inhérents à ce registre type textes engagés à deux balles où, ouais tu vois les riches et ben ils sont trop méchants, et na ! De plus, ils sont honnêtes sur scène. Ils donnent tout, alternant pop-rock calibrée, ska bien trippant et reggae de bonne facture.

De même, ces musiciens, idéologiquement proches d'un Titi Robin, aiment les fuites. "Migrants" illustre cette envie de départ. D'abolition des murs et des frontières. On pense alors à "Clandestin" de Daho. Sauf que là, les arrangements sont nimbés de sonorités tantôt arabisantes, tantôt d'Europe de l'Est. Kavale aime les voyages. Ils finiront bien un jour par boucler leurs valises. Et, on le leur souhaite, partir loin. Et pas seulement aux sommets des hits parades. Mais dans des contrées plus tolérantes. Pas que dans les discours officiels s'entend.

PS : un grand merci à M.Buisson qui nous inspiré le titre de de cet article certifié sans dictaphone.












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