On the road : à la découverte de l'Amérique.


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Samedi 9 Juin 2012 à 13:33


Sal Paradise, jeune écrivain new-yorkais, rencontre et se lie d'une amitié immédiate et fusionnelle à Dean Moriarty, un ex-taulard au charme ravageur, et sa femme de 16 ans Marylou. Ne voulant pas se faire enfermer dans une vie ennuyante et répétitive, ils décident de partir sur la route en quête de liberté, de nouvelle expériences, de découvertes...



Sam Riley dans la peau de Sal Paradise travaille temporairement pour gagner de l'argent afin de continuer son road-trip.
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A la fin des années 40 et après la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain ne trouve pas l'inspiration. Entre fêtes avec ses amis artistes ou soirées dans les bars, il s'ennuie à New York. C'est alors qu'il rencontre Dean Moriarty de Denver et sa femme de 16 ans Marylou. Son amitié avec Dean les entraine à partir sur la route, lassés d'une vie monotone. Un voyage qui a pour but de partir, sans destination, de voyager pour voyager, de découvrir et de se découvrir soi même, de découvrir les autres. Ce voyage initiatique amène les personnages à se séparer, se retrouver, dans cette quête de liberté. Entre sexe, drogue et alcool, rêves et durs retours à la réalité. L'Amérique puritaine des années 50, de San Francisco à New York permet-elle à cette jeunesse perdue de vivre libre... ?

« On the road » est une adaptation cinématographique par Walter Salles du très célèbre roman de Jack Kerouac, où il raconte de manière quasi-autobiographique ses aventures de la fin des années 40 au début des années 50, Jack Kerouac est en fait Sal Paradise dans le livre et donc dans le film, les autres personnages sont aussi issus de la réalité, comme Dean Moriarty inspiré de Neal Cassady. C'est la première adaptation cinématographique de ce roman pilier de la beat generation, alors écrit en 1957, dont les droits d'adaptation appartiennent à Francis Ford Coppola depuis 1968. Et ce n'est pas un coup d'essai pour Walter Salles, ayant déjà travaillé sur d'autres road movie, comme « Central do Brasil ». Pour cette adaptation de Kerouac Walter Salles s'est concentré sur la relation fusionnelle entre Sal et Dean et leurs expériences de drogues, de sexe et de liberté, ne choisissant pas et ne pouvant pas adapter tous les aspects du roman, écrit à l'époque sur un rouleau de papier de 36m.

On retrouve bien dans le film ce rouleau de 36m, sans aucun retour à la ligne. On suit tout au long du film les pensées de Sal, qui se souvient de ce voyage, de ses rencontres, de ses expériences, bonnes ou mauvaises. Et l'histoire emporte le spectateur avec elle, on ressent la sensation de vivre ce voyage avec les personnages, la narration est fluide et efficace, malgré quelques longueurs. Et ce film est un parfait témoignage de l'esprit de la beat generation incarné par Jack Kerouac, ce mouvement artistique précurseur du mouvement hippie. Les expériences de drogues, les expériences sexuelles du film sont omniprésente et sont très fortes mais ne dépassent jamais la limite de trop en montrer, elles illustrent le désir d'évasion et de liberté de cette jeunesse. Toute l'ambiance du film tourne autour de ces aspects et entraine le spectateur avec eux, on arrive facilement à s'identifier aux personnages : même s' ils paraissent loin de nous, ils incarnent le désir de liberté de chacun.

La musique du film est aussi un aspect majeur du film, musique des années 50, le Jazz, l'improvisation, l'alternance de rythmes, le film peut être comparé à une chanson de Jazz, avec ce voyage improvisé, cette histoire qui nous ramène en arrière et qui est folle à la fois, entrainante, dépaysante. La mise en scène du film contribue à cette ambiance « Jazz ». Les nombreux gros plans nous permettent de mettre en valeur le jeu d'acteur, de ressentir au plus près les sentiments des personnages et facilitent la proximité avec le spectateur. Et le film, en plus d'être fidèle au livre, est magnifique, les images des paysages de l'Amérique sont à la fois variées et spectaculaires, entre la neige en forêt, les déserts de Californie et du sud, les villes de San Francisco, Denver ou New York, les montagnes, avec comme fil conducteur cette route... La beauté des images vient aussi de la lumière et de la couleur, des couleurs souvent jaunes, sombres ou contrastées, qui soulignent l'aspect rétro des années 50 tout en magnifiant l'image. Cette beauté est sûrement la meilleure réussite du film.

Cette adaptation de « Sur la route » est donc une réussite, comme en témoigne sa sélection au festival de Cannes : les personnages et leur voyage nous tiennent en haleine jusqu'au bout du film.

Théo.












Angers Mag