Orphée aux enfers, mais aussi au Quai


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Lundi 5 Décembre 2016 à 08:00


Entretien croisé avec Jean-Paul Davois (directeur d'Angers Nantes Opéra) et Laurent Campellone (directeur musical) à l’occasion de la nouvelle coproduction d’Angers Nantes Opéra, donnée les 14, 16 et 18 décembre au Quai.



Orphée aux enfers sera donné les 14, 16 et 18 décembre au Quai, à Angers. Crédit photo : Jef Rabillon.
Orphée aux enfers sera donné les 14, 16 et 18 décembre au Quai, à Angers. Crédit photo : Jef Rabillon.
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Jean-Paul Davois, un mot pour commencer sur cette nouvelle coproduction de votre maison opératique ?

Jean-Paul Davois : « Premièrement, nous sommes très contents de revenir au Quai, cela faisait longtemps (Hansel et Gretel, en janvier dernier). Ensuite, il est important de souligner que nous sommes associés à l’Opéra national de Lorraine et aux Folies lyriques de Montpellier pour cette production. Cela fait 37 ans que je mène un combat pour la diffusion des spectacles. Barbe-Bleue, de ce même Offenbach, a ainsi pu être donné cinq fois à Nancy et quatorze fois à Nantes, Rennes, Angers et Le Mans. C’est vraiment vers cela qu’il faut aller. Une production, c’est deux ans de travail et il paraît essentiel qu’elle soit diffusée un maximum. C’est un fait qu’un opéra se bonifie avec le temps, et d’autant plus quand la formation ne change pas. C’est le cas ici, avec cet Orphée aux enfers, excepté pour les chœurs, pour des raisons logistiques évidentes, et, à Angers, pour deux chanteurs. Les Angevins ont d’ailleurs de la chance de voir cette œuvre en fin de tournée ».
 
Quelle importance a Orphée aux enfers dans l’œuvre de Jacques Offenbach ?

Laurent Campellone, grand spécialiste du compositeur : « Une très grande importance. Elle a été jouée de nombreuses fois de son vivant. Elle l’a rendue millionnaire et, à chaque fois qu’il était ruiné, il la remontait. Et à chaque nouvelle version, il ajoutait des airs. On est d’ailleurs passé d’une première version à 2 actes pour 45 minutes à une dernière à 5 actes pour 4 heures de spectacle. Offenbach et ses deux librettistes, Henri Crémieux et Ludovic Halévy, avaient trouvé la formule magique en quelque sorte… une formule qu’ils ne lâcheront plus. Elle consistait à reprendre des thèmes et des personnages de la mythologie antique pour évoquer leur époque, à savoir celle du Second Empire de Napoléon III. Ensuite, Orphée a connu une période de purgatoire. Il y a eu un phénomène de saturation. Et puis la musique dite légère est devenue une variable d’ajustement : avec elle, on pouvait gagner de l’argent facilement et les productions faiblardes ont tué ce répertoire. Depuis une vingtaine d’années, ce dernier a été réhabilité ».

Comment expliquez-vous ce succès à l’époque d’Offenbach ?

Laurent Campellone : « Il y a une nouvelle classe moyenne à Paris en ce temps-là. Et cette petite bourgeoisie veut se divertir. Un monde ancien disparaît et un nouveau, celui des banques, des transports, de la transformation des villes, apparaît. A chaque période de changement ou de trouble correspond une envie de s’échapper. Aujourd’hui, les humoristes fleurissent. Offenbach plaisait avec son côté irrespectueux pour la culture classique, avec son détournement de la mythologie, façon Courteline, et pour sa caricature du pouvoir en place. Dans Orphée, Jupiter, c’est Napoléon III et Junon est Eugénie. Le public pouvait tout de suite les identifier et s’en amuser. C’était la première fois que l’on parlait du régime comme cela. Mais Napoléon III, élevé à la caricature pratiquée en Angleterre, a toujours protégé Offenbach, conscient que la satire, aussi dure soit elle, était saine, et que la censure était contreproductive ».

Comment cette version du metteur en scène Ted Huffman et la musique d’Offenbach peuvent séduire un public d’aujourd’hui ?

Jean-Paul Davois : « Il y a un seul beau décor qui représente un hôtel avec trois niveaux – la terre, le paradis et l’enfer, ce qui permet de les rendre bien visibles et lisibles. Et puis la musique d’Offenbach suscite beaucoup d’enthousiasme, même chez les plus jeunes. Elle est incroyablement moderne et riche. A la fin du deuxième acte, par exemple, on passe d’un air religieux à un rythme complètement échevelé ».

Laurent Campellone : « Ils sont rares les compositeurs que l’on peut reconnaître après les deux premières mesures. Offenbach se situe donc au niveau de Mozart, Ravel, Chopin, Wagner, Poulenc. Avec lui, chaque note s’entend. C’est extrêmement difficile de jour cette apparente facilité. Des grands chanteurs m’ont dit qu’ils stressaient moins à l’idée de chanter Verdi que de chanter Offenbach. Là, je vous rassure, le plateau est excellent : ce sont de très bons chanteurs et de très bons comédiens. Il y a un mélange intéressant de talents jeunes et confirmés. Et je dois souligner la qualité du chœur d’ANO et de l’ensemble de l’ONPL ».
 
Mercredi 14 et vendredi 16 décembre à 20 heures, dimanche 18 à 14 h 30, au Quai. Places de 10 € à 60 € (places Premières à 160 €). Billetterie Grand Théâtre au 02 41 24 16 40 et Le Quai au 02 41 22 20 20.
A noter que la représentation du mercredi bénéficie du système d’audiodescription réalisée par Accès Culture : réservation d’une place et d’un casque pour les spectateurs aveugles et malvoyants auprès de Marie-Emeline Laizeau au 02 41 36 07 25 ou par laizeauàsmano.eu.
Renseignements sur www.angers-nantes-opera.com.












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