Pacte régional pour la ruralité : une ambition contestée


Rédigé par - Angers, le 24/06/2016 - 07:15 / modifié le 25/06/2016 - 11:24


Lors d'une session décentralisée exceptionnellement au Louroux-Béconnais, à l'ouest d'Angers, le Conseil régional des Pays-de-la-Loire a adopté jeudi midi son Pacte pour la ruralité. Une promesse de campagne de Bruno Retailleau qui vise à "traiter" les "souffrances" du milieu rural et rééquilibrer le développement du territoire régional, via notamment un effort important en faveur du haut-débit. Pour ses opposants socialistes, écologistes et frontistes, l'ambition n'y est pas.



De gauche à droite : Jean-Claude Bourcier, maire du Louroux-Béconnais, Bruno Retailleau, le président du Conseil régional, et les deux vice-présidents qui ont porté le travail autour du Pacte pour la ruralité, Maurice Perrion et Yannick Favennec.
De gauche à droite : Jean-Claude Bourcier, maire du Louroux-Béconnais, Bruno Retailleau, le président du Conseil régional, et les deux vice-présidents qui ont porté le travail autour du Pacte pour la ruralité, Maurice Perrion et Yannick Favennec.
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C'était l'une des pierres angulaires de sa campagne. Soulignant à l'envie son attachement au milieu rural d'où il est originaire et où il vit toujours, le nouveau président du Conseil régional Bruno Retailleau avait promis de lui consacrer, comme pour l'apprentissage, l'une des premières orientations politiques de sa mandature. C'est chose faite depuis l'adoption jeudi midi au Louroux-Béconnais, à 25 minutes à l'ouest d'Angers, d'un Pacte régional pour la ruralité. 

De quoi s'agit-il ? Sur le papier, un document d'une cinquantaine de pages, reposant -nous y reviendrons plus loin- sur 3 défis et 37 mesures représentant plus de 250 millions d'euros d'engagements financiers. "Ça ne m'était pas imaginable de le signer sur l'île de Nantes. C'est bien la Région qui vient à la ruralité et pas l'inverse" a souligné d'entrée le sénateur vendéen pour justifier le choix de réunir dans la commune du Loire-Béconnais (3000 habitants) l'ensemble des élus et personnels de direction de la collectivité, afin de concrétiser sa promesse électorale. 

"Ce pacte est une réponse à une souffrance qui existe dans la région Pays-de-la-Loire. Des intellectuels l'ont identifiée, des habitants l'ont manifestée et nous voulons maintenant la traiter, pose Bruno Retailleau. Mais je ne m'inscris pas dans une vision muséale du milieu rural. Je suis pour une ruralité qui bouge, une ruralité qui s'ouvre. C'est un autre espace, pas un autre temps." Voilà pour l'intention politique.
 
118 millions pour le haut-débit, 100 millions pour les routes
Concrètement et financièrement, une ligne de force émerge très nettement du programme présenté jeudi au Loroux-Béconnais : l'amélioration de l'accès des territoires ruraux aux réseaux de transports et de communication. Avec 85,8 millions d'euros inscrits dès le budget supplémentaire voté jeudi après-midi (sur un montant global de 118,8 millions sur le mandat), le déploiement du très-haut débit fait figure de priorité pour la Région. Laquelle interviendra en soutien des projets portés en lien avec les intercommunalités, par les départements. 

Décentralisation oblige, la session plénière du Conseil régional s'est tenue à l'espace culturel du Louroux-Béconnais.
Décentralisation oblige, la session plénière du Conseil régional s'est tenue à l'espace culturel du Louroux-Béconnais.
En retard sur le sujet, celui du Maine-et-Loire qui vient d'adopter son schéma de déploiement, ne devrait pas avoir à se plaindre à fortiori avec 26,3 millions d'euros programmés sur l'ensemble de la mandature régionale. "C'est 18,8 millions de plus que ce qui était prévu initialement", précise l'entourage de Bruno Retailleau. Autre traduction de cet effort en faveur du numérique, l'engagement à raccorder à la fibre optique les 16 lycées publics ruraux de la Région qui ne le sont pas encore : 2M€ seront débloqués pour cela d'ici la rentrée 2017-2018. Enfin, le pacte prend l'engagement d' "assurer la couverture en téléphonie mobile" des zones rurales encore blanches, en y consacrant un fond doté de 2,7M€. 

L'autre effort financier significatif de ce pacte porte sur l'accès aux réseaux de transports : la garantie de faire bénéficier toutes les communes de la Région d'une offre de transport en commun d'ici à la fin du mandat, en mettant à profit le transfert de cette compétence aussi bien pour les liaisons inter-urbaines (au 1er janvier 2017) que scolaire (1er septembre 2017) prévues par la loi NOTRe. 100 millions d'euros seront aussi engagés durant le mandat pour financer de nouvelles infrastructures routières "d'intérêt régional". C'est le deuxième plus gros investissement du programme. 
Commerce, santé, petites communes
Parmi les autres mesures significatives de ce pacte régional pour la ruralité, on retiendra la création d'un fond de soutien à la construction et l'équipement de commerces. Son montant sera déterminé après identification ces prochains mois des territoires ruraux qui se trouvent "en situation de fragilité commerciale", en lien avec les chambres consulaires et les intercommunalités. Un plan d'actions global autour des enjeux de la santé est annoncé aussi pour l'automne, afin de répondre aux problèmes spécifiques de l'offre de soin en milieu rural, plan pour lequel la conseillère régionale angevine et sénatrice angevine Catherine Deroche conduit une mission préparatoire. Enfin, alors même que leur pouvoir s'est affaibli avec la réforme territoriale, les communes de moins de 5 000 habitants bénéficieront elles-aussi d'un fond régional spécifique de développement (5M€ par an) , pour soutenir certains de leurs investissements. 

Dans les rangs de ses opposants, il fallait s'y attendre, l'ambition de Bruno Retailleau n'a guère soulevé l'enthousiasme. Dominique Amiard, pour le groupe socialiste, écologiste et républicain, a parlé de sa "frustration" d'élu d'une petite commune (Cures, dans la Sarthe), face au "détricotage" selon lui, des dispositifs mis en place par la précédente majorité. Et émis sa crainte qu'à la logique de confiance des précédentes contrats territoriaux, ne se subsiste une "logique de guichets". 

Autre Sarthois, Pascal Gannat (Front National) a fustigé "une opération de communication politique" à base de "lignes budgétaires réétiquetées", pointant en Bruno Retailleau, "l'héritier d'une politique ultra-libérale qui a vidé la ruralité de sa substance". Le conseiller régional choletais Aymeric Merlaud a présenté, sans succès, un voeu pour soumettre désormais toute création de commune nouvelle à référendum populaire. Enfin, Sophie Bringuy, pour le groupe écologiste et citoyen a vu dans le plan "une approche dépassée des politiques territoriales" - "votre Pacte régional pour la ruralité, PRPR si on veut faire un sigle" -, faite de "saupoudrage", de "complexification" et marquée, a estimé l'élue, par une "absente récurrente : l'environnement".




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